mer., 19/07/2017

Gers : les ouvriers agricoles bientôt exclus du compte pénibilité

Le gouvernement français souhaite alléger l’ancien compte pénibilité. En seraient désormais exclus les ouvriers agricoles. Ils sont 13 000 dans le Gers…

Le « compte pénibilité » va devenir le « compte de prévention ». Certains critères et le financement de cette mesure vont être modifiés dans le cadre d’une réforme annoncée par le Premier ministre Édouard Philippe le 8 juillet 2017.

Exit donc le mot « pénibilité » qui induit que travail peut rimer avec souffrance : lors de sa campagne, Emmanuel Macron avait exprimé le vœu de le faire disparaître. Ce sera bientôt chose faite…

Parmi les professions qui pourraient être désormais exclues de ce nouveau compte de prévention : les ouvriers agricoles.

Ils sont 13 000 salariés dans le département du Gers. Parmi eux, beaucoup de saisonniers et de remplaçants. Pour eux, le travail va de pair avec le bruit, les fortes chaleurs, les vibrations, le port de charges lourdes. Autant de contraintes qui ne seront pas reconnues par le nouveau dispositif qui permet un départ anticipé à la retraite.

Pour les responsables agricoles du Gers, cette future non-reconnaissance de la pénibilité équivaut à une dévalorisation de leurs métiers. Et à terme, un véritable repoussoir pour les jeunes générations…

 

Consulter la vidéo sur le site de France 3 Régions

Ouvriers agricoles et pénibilité

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 18/07/2017

LE TRAVAIL CREVE L'ECRAN - Conférence - débat - le 25 septembre 2017 - Bruxelles

Journée d'étude sur la souffrance au travail organisée par la Ligue Bruxelloise Francophone pour la Santé Mentale

Date : Le lundi 25 septembre 2017 de 8h30 à 17h

Lieu : Fares - rue de la Concorde 56 - 1050 Bruxelles

LE TRAVAIL CREVE L'ECRAN - Jusqu’où sommes-nous prêts à perdre notre vie pour la gagner ?

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« Quand le travailleur s’endort,

il est bercé par l’insomnie.

Et quand son réveil le réveille

il trouve chaque jour devant son lit

La sale gueule du travail

Qui ricane qui se fout de lui. »

Jacques Prévert

Jusqu’où sommes-nous prêts à perdre notre vie pour la gagner...

La souffrance au travail est-elle devenue un concept valise ?
Le réel du travail montre des éraflures et des blessures quotidiennes qui amènent à la banalisation de ces deux mots.
Harcèlement, burn out, anxiété, bore out,... de quoi s’agit-il ?
Cette souffrance se trouve au centre de nombreux débats et programmes politiques, tous partis confondus, sans pour autant enrayer ce phénomène. La modélisation du système donne lieu à de nombreux troubles psychiques liés à l’évolution des techniques managériales exigeant des individus : flexibilité, rendement, cadence, performance...
Contraints d’accepter des emplois précaires et/ou dénués de sens dans lesquels l’humain devient lui-même une simple abstraction, certains se voient alors forcés de subir, de fuir « volontairement », ou encore de se conformer à chaque nouvelle norme.
Entre la remise en question constante et l’adaptabilité sans faille, il existe un juste équilibre.
Cette journée a pour vocation de remettre l’humain au centre de cette réflexion.
Le travail peut aussi être source de plaisir et lieu de réalisation de soi.
Et si on faisait de cette souffrance une opportunité ?

PROGRAMME DE LA JOURNÉE EN PRÉSENCE DES ORATEURS

Sébastien HOF (France) - Psychologue et Psychothérapeuthe - Psychologie du travail
Frédérique DEBOUT (France) - Psychologue clinicienne et chercheuse au CNAM
Thomas Périlleux - Psychosociologue des organisations
Axelle Dejardin - Formatrice et superviseuse au Centre Prévention Suicide
Audrey Membrive - Psychologue, membre du réseau Burn out

Virages - Centre de recherche, de formation et d’intervention systémique, et stratégiques

08:30 09:00 ACCUEIL - INSCRIPTION
09:00 09:30 INTRODUCTION
(président, directeur, comité de rédaction...)
09:30 10:30 CONFÉRENCES D’INTRODUCTION
Fédérique DEBOUT - Sébastien HOF
10:30 12:15 PROJECTION FILM
12:15 12:45 ECHANGES AVEC LE PUBLIC
12:45 13:45 LUNCH
13:45 14:45 DÉBAT
Thomas PERILLEUX et Axelle DEJARDIN
THÉMATIQUE : Harcèlement - Burn out - Prévention
14:45 15:00 ECHANGES AVEC LE PUBLIC
15:00 15:15 PAUSE
15:15 16:15 DÉBAT
Virages - Audrey MEMBRIVE
THÉMATIQUE : Opportunités et solutions
16:15 16:30 ECHANGES AVEC LE PUBLIC
16:30 17:00 CONCLUSION
17:00 18:00 DRINK
18:30 CLÔTURE

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Une situation de souffrance morale peut justifier un droit de retrait des salariés - Arrêt de la Cour de cassation.

Arrêt de la Cour de cassation n°15-29.225 du 31 mai 2017 : une situation de souffrance morale peut justifier un droit de retrait des salariés dès lors que le salarié estime

C'est le code du travail qui donne expressément le droit au salarié de se retirer d'une situation de travail dont il pense qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé (C. trav., art. L. 4131-1). Ce droit n'est pas contestable. En revanche, les tribunaux ont souvent à déterminer si le salarié s'est fait bon juge de sa situation de travail. Et donc de savoir s'il n'a pas commis d'erreur d'estimation.

Dans cette affaire, plusieurs salariés d'une entreprise de BTP ont exercé leur droit de retrait :

  • à la suite de la sanction de l'un d'entre eux sans l'avoir écouté préalablement ;
  • en constatant la multiplication des situations difficiles pour lesquelles le médecin du travail avait déjà adressé un courrier à l'employeur pour l'avertir de l'émergence d'une souffrance morale chez certains salariés.

Les salariés mettaient en avant :

  • un état de stress permanent ;
  • et un refus caractérisé d'écoute et de soutien de la direction.

Le CHSCT avait également effectué une enquête concluant à l'existence d'un risque de stress lié à un ressenti par le personnel d'un manque de soutien de l'encadrement. Le CHSCT constatait une tension extrême et en avait averti l'employeur.
L'employeur contestait l'exercice du droit de retrait des salariés qui pour lui ne réagissaient qu'à la sanction de l'un de leurs collègues.

Les juges ne sont pas de cet avis. Si la sanction prononcée à l'égard de l'un des salariés a pu jouer un rôle de catalyseur, il n'en demeure pas moins que les salariés ont eu un motif raisonnable de penser que la situation de travail décrite présentait un danger grave et imminent pour leur santé ou leur sécurité. Ils retiennent que la souffrance morale constatée par le médecin du travail constitue un motif raisonnable de penser que la situation des salariés présentait un danger grave ou imminent.

Remarque : il convient de rappeler que le salarié doit parallèlement alerter l'employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, ainsi que de toute défectuosité qu'il constate dans les systèmes de protection (C. trav., art. L. 4131-1). Il s'agit bien là d'une obligation, contrairement au droit de retrait qui peut ou non s'exercer. L'employeur est ensuite tenu de prendre les mesures nécessaires à la mise en sécurité des salariés (C. trav., art. L. 4121-1)

Pour aller plus loin :
https://www.legifrance.gouv.fr

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Actualité Souffrance au travail : l'employeur doit désamorcer les conflits entre collègues - Arrêts Cassation sociale de juin 2017

Laisser perdurer une ambiance de travail nocive justifie une résiliation judiciaire

Au titre de son obligation de sécurité (C. trav., art. L. 4121-1), l’employeur doit veiller à ce que l’organisation et les conditions de travail n’altèrent pas la santé de ses salariés, ce qui inclut le maintien d’un climat de travail sain. Si une situation de souffrance au travail a été décelée, l’employeur qui a échoué sur le terrain de la prévention, se doit de réagir et d’apporter les correctifs adaptés, sans quoi il sera sanctionné au titre d’un manquement à son obligation légale.


En témoignent trois affaires récemment soumises à la Cour de cassation, à l’initiative de salariés ayant agi en résiliation judiciaire après avoir développé un syndrome anxio-dépressif attribué à un conflit interpersonnel ou une ambiance de travail délétère. Sans surprise, deux entreprises ayant laissé la situation se dégrader sans intervenir ou prendre les mesures utiles se sont vues imputer la responsabilité de la rupture. La troisième qui a immédiatement mis fin au conflit a, en revanche, échappé à la condamnation.
Pour aller plus loin :

Consulter la cassation du 22 juin 2017
Consulter la cassation du 8 juin 2017

Consulter la cassation du 21 juin 2017

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lun., 17/07/2017

Le « forced ranking » ou comment sous-noter les salariés

Cette nouvelle forme d’évaluation en entreprise pourrait s’appeler « A la recherche de la nouvelle tare », soit un ensemble de quotas où l’on atteint les 10 % de canards boiteux.

Preuve de notre américanisation galopante, la pratique du forced ranking (ou « évaluation forcée ») a fait récemment son apparition dans notre galaxie managériale. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce énième vocable en « ing », ­importé du pays de Bobby Ewing ? Comme le révélait, début juin, une ­enquête de France Inter, cette nouvelle forme d’évaluation des salariés consiste à définir, par avance, un ensemble de quotas en lien avec les performances à atteindre : dans ce schéma, 20 % des ­salariés sont censés dépasser les objectifs, 70 % doivent simplement les atteindre et 10 % de canards boiteux sont, par avance, considérés comme incapables de parvenir à un rendement satisfaisant.

Problème : lorsqu’il n’y a pas assez de ­canards boiteux, il faut en trouver quand même, quitte à coller des plumes sur le dos d’un collègue et à lui fracturer une patte pour qu’il entre au chausse-pied dans le scénario préétabli. Sous la pression des ressources humaines, les manageurs sont alors enclins à sous-noter ­certains collaborateurs et à mettre en avant les prétextes les plus absurdes pour atteindre les fameux quotas.

Le cercle des réprouvés

Cette pratique – qui aurait notamment cours, selon le syndicat FO, dans le groupe pharmaceutique Sanofi Aventis – ce que la direction dément –, charrie une vision particulière de l’entreprise, envisagée comme un corps qu’il faudrait purifier à tout prix. Dans l’open space, l’idéologie dominante n’est donc plus la « recherche de la Nouvelle Star » (le fameux employé du mois), mais celle de la Nouvelle Tare.

Cette politique des quotas s’accompagne logiquement d’un ­climat délétère où la remarque un poil négative d’un collègue à votre propos – même si elle est sans volonté de nuire – suffira à vous faire intégrer le cercle des réprouvés.

Soulignant plus largement l’arbitraire ­potentiel de ce type de pratiques, ­Patrick Gilbert et Jocelyne Yalenios, auteurs de L’Évaluation de la performance individuelle (La Découverte, 128 p., 10 €) paru en juin, expliquent que « ces techniques, bien que semblant aller de soi, représentent des formes de pouvoir sur les salariés et produisent des vérités sur les personnes qui n’ont rien d’évident, mais sont des constructions sociales ». On peut, à partir de là, imaginer, sous influence Ionesco, le type de théâtre managérial destructeur que pourrait susciter la généralisation du forced ranking.

Lire la suite sur le site du Monde

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 16/07/2017

Statistiques des Accidents du travail et maladies professionnelles

L’Assurance maladie édite régulièrement des statistiques concernant la sinistralité des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles. L’ANACT, Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail édite des statistiques selon le sexe. Sinistralité des accidents du travail […]

Billet original sur ATOUSANTE

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ven., 14/07/2017

Reprise de « TO BURN OR NOT ? » dimanche 16 juillet 2017 au festival Contre-courant à Avignon

Ce monde du travail qui souvent aujourd’hui nous fait mal, nous diminue, nous démunit, nous laissant parfois sans choix, sans voix, comme en état de sidération.

Ils sont enseignant, chômeur, au RSA, ancien urbaniste, artiste, journaliste, éducateur spécialisé, cadre supérieur. Pendant 4 ans, ils ont participé à un atelier dirigé par Michel André sur le monde du travail et ses métamorphoses. Chacun a mis en jeu et en pensée sa propre expérience au travail. Ce spectacle est né de cet espace de création et de recherche partagée.

« Oser se dire sur la scène, s’affranchir de sa douleur et passer l’obstacle de nos vies repliées, abîmées par les impératifs des marchands, et se redonner une autre respiration. Dans les fracas du monde, prendre le temps de se penser, se prouver que cela est encore possible, s’éprouver aussi de soi à l’autre. Au départ, rien n’est écrit, tout est à inventer. Nous nous mettons en marche sans sujets définis au préalable, nous faisons des fouilles dans les établis de nos personnes, laissons parler les visages et les voix de notre enfance, de nos complices de vie, de ceux qui ont compté pour nous. Nous écoutons ce qui remonte lentement à la surface de notre chair : des pensées, des moments vécus qui semblent nous alerter d’une possible réduction de nos espaces vitaux. Il nous aura fallu beaucoup de persévérance, parfois du déplaisir, de l’errance, du bégaiement pour aller au bout de ce projet d’interroger nos vies au travail. Ce monde du travail qui souvent aujourd’hui nous fait mal, nous diminue, nous démunit, nous laissant parfois sans choix, sans voix, comme en état de sidération. Il nous est arrivé de perdre courage, de perdre patience, de naviguer dans un brouillard froid et humide, mais malgré cela nous nous sommes tenus debout face à ce « cap au pire » et nous avons même osé en rire. Je ne parlerai ici ni d’amateurs, ni de professionnels, mais de personnes qui se sont obstinées à s’éclaircir ensemble pour tenter de faire qu’une autre lumière voyage entre la salle et la scène. Ils prennent le risque de jouer avec leurs vies, et tentent de nouveaux galops de liberté dans la grande plaine. »

To burn or not ? tragi-comédie sur le monde du travail >>>

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 12/07/2017

Contestation de l’avis d’aptitude ou d’inaptitude délivré par le médecin du travail

La procédure de contestation de l’avis d’aptitude du médecin du travail a lieu désormais devant le Conseil de prud’hommes et non plus devant l’inspecteur du travail, ceci résulte de la loi travail d’août 2016. Un décret publié le 10 mai […]

Billet original sur ATOUSANTE

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[Livre] Se doper pour travailler

Du fait des transformations du travail (intensification, individualisation, précarisation…), nombreux sont ceux qui utilisent des substances psychoactives pour être en forme au bureau, traiter des symptômes gênants ou encore pour se détendre après une journée difficile.

Se doper pour travaillerDevant ces nouveaux usages et la multiplication des produits utilisés (alcool, tabac, amphétamines, cannabis, cocaïne, héroïne, caféine, psychostimulants, analgésiques, médicaments psychotropes), les auteurs, universitaires, chercheurs, syndicaliste et acteurs du soin et de la prévention s’attachent à comprendre les fonctions de ces consommations en milieu de travail.

Pour eux, il est aujourd’hui important de se déprendre des représentations sociales qui externalisent les sources du problème, comme les jugements moraux, et d’engager un travail réflexif sur les actions et les pratiques concrètes.

Alors que les politiques publiques tendent à prescrire ou interdire, cet ouvrage ancre la prévention des addictions dans l’analyse du travail réel et des usages tels qu’ils existent et non tels qu’ils sont fantasmés. Il met à l’épreuve de la recherche et de l’action les liens multiples entre travail, santé et usages de substances psychoactives qui peuvent être, dans certaines conditions, des instruments de la production et prévenir d’autres risques au travail.

Se doper pour travailler, Renaud CRESPIN, Dominique LHUILIER, Gladys LUTZ, éditions Érès, Collection « Clinique du travail », avril 2017

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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