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ven., 14/04/2017

Syndrome d’épuisement professionnel : intervenir très en amont de la phase d’état

Le syndrome d’épuisement professionnel est défini par l’Organisation mondiale de la santé comme « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ».

Dans la Classification internationale des maladies (CIM 10), l’épuisement professionnel n’apparaît pas, à juste titre, comme diagnostic parmi les « troubles mentaux et du comportement » mais se trouve mentionné au chapitre XXI consacré aux « facteurs influençant sur l’état de santé et motifs de recours aux services de santé », à la rubrique des « sujets dont la santé peut être menacée par des conditions économiques et psychosociales », avec le code Z 73-0 renvoyant au surmenage.

Sommaire du dossier :


Le Concours Médical
, décembre 2016.
Conseillère scientifique : Dr Marie-Pierre Guiho-Bailly,
Centre de consultations de pathologie professionnelle du CHU d’Angers.
Dossier coordonné par Brigitte Némirovsky

Dossier Syndrome d'épuisement professionnel

 

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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sam., 25/03/2017

Souffrance au travail : quand les salariés sont dans l'impasse - Marie Claire - Par Julia Kadri avec Sébastien HOF, psychologue du travail à Besançon.

90% des actifs pensent que la souffrance au travail a augmenté depuis 10 ans. Les Français qui en sont victimes dénoncent l'indifférence de leur hiérarchie face à leur mal-être. Décryptage.

Souffrir au travail serait-il le mal du siècle ? Vous avez sans doute déjà entendu parler de "burn out", un anglicisme devenu à la mode depuis quelques années pour qualifier une usure psychique et physique relative à l'activité professionnelle.

souffrance-travail_-_Photo_de_Poike.jpegMais si le "burn out" est effectivement un syndrome d'épuisement lié à la profession d'un individu, la souffrance au travail est bien plus large. Harcèlement, angoisse, détresse, ennui... Un lexique peu réjouissant qui qualifie pourtant de plus en plus la réalité des travailleurs. En effet, 90% des actifs pensent que la souffrance au travail a augmenté depuis 10 ans, d'après une récente étude réalisée par le groupe MGEN avec OpinionWay.

Le mal-être professionnel progresse-t-il réellement ?

"Avant, quand on était en souffrance au travail et qu'on le disait, ce n'était pas audible. Aujourd'hui, ça l'est", explique le psychologue du travail Sébastien Hof. Si les cas d'épuisement professionnel se multiplient, ce serait donc parce que le sujet est moins tabou qu'avant : "Il y a 20 ans, quand on était mal dans son métier on nous disait qu'on ne pouvait s'en prendre qu'à soi-même" ajoute le spécialiste. Bien que le "burn out" soit de plus en plus médiatisé, au point d'être devenu dans le langage courant un mot "fourre tout" englobant un panel de troubles liés au travail, il n'est aujourd'hui pas reconnu comme une maladie professionnelle. Il s'agit d'un processus de dégradation de l'individu par rapport à son activité, d'un syndrome.

Au-delà de l'évolution des mentalités, qui a poussé les langues des actifs en détresse à se délier, la hausse du mal-être au travail est bien réelle. "Je pense que les organisations changent, ce qui a une influence sur les conditions de travail. Ce n'est pas toujours bien vécu", indique Sébastien Hof. Un avis partagé par le psychologue clinicien spécialisé en psychopathologie du travail, Johan Pain : "Je pense qu'il y a une augmentation de l'épuisement autour du travail, notamment dans le secteur public. Il y a de nouveaux enjeux économiques qui amènent une nouvelle politique de RH déstabilisante".

Si les conditions de travail changent et que le mal-être des actifs augmente, les entreprises et les professionnels de santé s'en alarment-ils pour autant ?

Une hiérarchie jugée indifférente face à ces troubles

Selon l'étude menée en février dernier par le groupe MGEN, 71% des personnes en souffrance au travail déclarent que leur hiérarchie et que leurs services RH ont été indifférents à leur mal-être."Dire qu'il n'y a pas du tout d'intérêt de la part de la hiérarchie sur les questions de souffrance au travail n'est pas toujours vrai. Il y a des organismes qui prennent en compte, ou qui ont la volonté de prendre en compte ces souffrances", indique Johan Pain. Mais ce dernier reconnaît "qu'en termes de sensibilisation des organisations, il y a encore beaucoup de travail à faire car il y a une méconnaissance importante de ces problématiques".

De plus en plus d'entreprises se questionnent à propos du mal-être au travail. Les managers se trouvent eux-mêmes déstabilisés par rapport à cela, ne sachant pas toujours différencier la sensibilité d'une personne d'un réel épuisement professionnel. De cette méconnaissance, et même parfois de ce déni, peut découler une sorte d'indifférence face à la santé d'un salarié.

La médecine du travail n’apparaît pas non plus comme une solution. Seuls 32% des interrogés auraient l’idée de parler de leur souffrance à leur médecin du travail. De plus, 71% disent ne pas savoir s’il existe ou non des dispositifs pour répondre ou pour prendre en compte des situations de souffrance. Selon Sébastien Hof, "les médecins du travail sont inondés par les problèmes de harcèlement, de burn out...". Mais le principal souci que décèle le psychologue se trouve dans le "timing" : "Les gens ont tendance à aller voir ces médecins quand c'est déjà trop tard, quand ils ont atteint le point de non retour". Pourtant, comme l'indique le site officiel du service public, le médecin du travail peut effectuer des visites à la demande de l'employeur, mais aussi -et surtout- à la demande du travailleur.

Apprendre à repérer les signes annonciateurs

"Tout le monde peut être touché par l'épuisement professionnel, peu importe le secteur d'activité", affirme Sébastien Hof. Comme 96% des Français, le psychologue estime que souffrir au travail peut arriver à tout le monde. Johan Pain tient quant à lui à apporter une précision : "Ce sont souvent les gens les plus investis qui craquent. Ceux qui veulent toujours bien faire sont plus impactés que ceux qui ont un certain recul, qui sont moins impliqués".

Mais comment et quand s'alarmer de son état émotionnel ? "A partir du moment où notre entourage nous dit 'tu es irritable, qu'est-ce qu'il t'arrive en ce moment ?', cela souligne un changement dans notre comportement, c'est un signe", souligne Sébastien Hof. "Il y a aussi d'autres indicateurs comme avoir la boule au ventre en allant travailler ou quand on a des troubles du sommeil, des maux de tête, une grosse fatigue. Ce sont des signes donnés par le corps qu'il faut écouter. Parfois ce n'est pas très perceptible, comme les maux de tête, mais c'est la récurrence qui doit être alarmante", complète le spécialiste.

Les problèmes de concentration, la dévalorisation de sa propre efficacité et de ses compétences ainsi que le désinvestissement professionnel sont "''autant d’indicateurs d’alerte pouvant laisser présager qu’un travailleur, ayant par exemple une attitude ou un comportement inhabituel, peut basculer dans un syndrome d’épuisement professionnel''", indique le "Guide d'aide à la prévention" établi par le Ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation, l'INRS et l'Anact.

Par Julia KADRI

Billet original sur Marie-Claire.fr - Julia Kadri

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mar., 28/02/2017

Burn out : un rapport propose d’abaisser à 10% le taux d’incapacité pour les maladies psychiques

La mission d’information relative au syndrome d’épuisement professionnel (ou burn out), menée par son rapporteur Gérard Sebaoun, vient de rendre sa copie.

Si elle reconnaît que le burn out ne peut pas, en l’état, être reconnu comme maladie professionnelle, elle propose toutefois un pas en avant : expérimenter un taux d’IPP de 10% au lieu de 25% pour les maladies psychiques.

« L’épuisement professionnel : une réalité en mal de reconnaissance » : le rapport de cent pages soumis hier par Gérard Sebaoun (PS) à la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale fait l’état des lieux de la réalité grandissante de la souffrance psychique au travail. Derrière ce phénomène, médiatisé par la multiplication des suicides dans des grandes entreprises telles que France Télécom ou Renault, on retrouve des causes multiples. Parmi elles, les bouleversements nés de la modernisation de l’organisation du travail (open-space, télétravail, outils portables professionnels…) qui brouillent la frontière entre vie privée et vie professionnelle.

A l’origine de ce rapport ; la proposition, lors de l’examen des lois Rebsamen et El Khomri, d’introduire le burn out en tant que maladie professionnelle. Les débats nés de cette proposition – soutenue par de nombreux députés dont Benoît Hamon – ont poussé la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale à lancer une mission d’information relative au syndrome d’épuisement professionnel. Yves Censi (LR), le président de la mission, s’est félicité du travail réalisé, basé sur 37 auditions publiques : « C’est une unanimité qui s’est dégagée, vis-à-vis du constat de l’état des lieux mais aussi des 27 propositions du rapport qui n’ont suscité aucune réserve ».

Mieux connaître le burn out

Difficile de définir le burn out. Depuis les débuts de la prise de conscience de la problématique des « états d’épuisement » en 1959, aucune définition médicale claire de ce phénomène n’a pu être dégagée. Le rapport déplore ainsi « l’absence de description précise d’une pathologie clinique qui permettrait un diagnostic clair et non contestable ». Il souligne que le burn out ne figure dans aucune des classifications des troubles mentaux, et qu’il reste mal défini du point de vue de ses symptômes biologiques. Rappelons que la Haute autorité de santé (HAS) travaille actuellement à une clarification médicale de cette notion.

Afin d’améliorer la prévention du burn out et la réparation de ses conséquences, la mission propose donc « l’institution d’un centre national de référence sur la santé psychique au travail, chargé de développer la veille sanitaire, l’épidémiologie et la prévention ». Afin d’approfondir la connaissance de l’épuisement professionnel, un réseau de centres serait ainsi mis en place, sous l’égide de l’Agence nationale de santé publique. Ce réseau intégrerait notamment un maillage de centres de consultation en souffrance au travail sur tout le territoire.

Dans le but de mieux quantifier la problématique de l’épuisement professionnel, la mission propose également de mettre en place un système de codage des arrêts de travail « permettant d’avoir une vision quantitative et territoriale des pathologies psychiques liées à la souffrance au travail ».

Vers une inclusion au tableau des maladies professionnelles

Selon Gérard Sebaoun, « l’élaboration d’un tableau de maladies professionnelles incluant le burn out reste un processus difficile et non-abouti à ce jour ». En effet, actuellement, pour être reconnue et prise en charge en tant que maladie professionnelle, une pathologie doit être inscrite à un tableau de maladie professionnelle ou bien entraîner un taux d’incapacité professionnelle permanente (IPP) d’au moins 25%. Ce dispositif n’est pas facilement applicable à l’épuisement professionnel, en raison notamment de la multiplicité des facteurs (problèmes familiaux, surmenage…) pouvant se combiner pour entraîner un burn out.

Le rapport suggère pourtant des étapes pour avancer dans cette voie. Ainsi, il propose d’expérimenter durant une durée limitée un abaissement à 10% – voire une suppression – du taux minimal d’IPP nécessaire à la reconnaissance des pathologies psychiques comme maladies professionnelles. Dans un second temps, un tableau de maladie professionnelle pourrait éventuellement être proposé, sous réserve que l’épuisement professionnel soit défini, de même que les conditions dans lesquelles il peut être imputé à l’activité professionnelle.

Inciter les employeurs à actualiser leur DUER

« La démarche d’évaluation des risques est un élément clé de la prévention de l’épuisement professionnel, affirme Gérard Sebaoun, or une entreprise sur deux ne remplit pas son document unique d’évaluation des risques [DUER] tous les ans ». Les sanctions pour non-respect de l’obligation d’évaluer les risques restent peu dissuasives : lors de l’audition de la Direction générale du travail, celle-ci a indiqué qu’en 2014, seules 138 mises en demeure pour absence de document unique ont été délivrées par des inspecteurs du travail.

Afin de rendre l’obligation effective, plusieurs pistes sont explorées par la mission « burn out ». Tout d’abord, celle du droit d’alerte des délégués du personnel (DP). Alors que ces derniers, de même que les membres du CHSCT, ne peuvent aujourd’hui que demander que l’employeur soit mis en demeure d’engager la démarche d’établissement du DUER, la mission propose d’aller plus loin : permettre aux DP et membres du CHSCT d’exercer leur droit d’alerte pour demander la mise en oeuvre de la procédure d’évaluation des risques ou son actualisation. La mission propose également l’élaboration d’outils (notamment des modèles-types de DUER) et d’un guide pour évaluer les risques, afin de faciliter et donc accélérer les démarches en ce sens au sein des entreprises.

Lire la suite sur le site Actuel-rh.fr

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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lun., 05/09/2016

L'impact sur la santé au travail - article est républicain - dimanche 4 septembre 2016

Sebastien_HOF-_photo_SAM_COULON.jpgSuite à la rencontre de la journaliste le 23.08.2016, l'article est paru le dimanche 4 septembre 2016.

Le métier de psychologue du travail devient de plus en plus valorisé. Des gens ainsi que des entreprises font appel à ce spécialiste.

À peine connu il y a une dizaine d'années, le titre de psychologue du travail surprend de moins en moins. Cette profession,n'a été reconnue par I'Etat qu'en 1985. « Avant, tout le monde pouvait s'appeler psychologue du travail et exercer ce métier », explique Sébastien Hof. Il y a trois ans, ce Bisontin d'une quarantaine d'années, a ouvert son cabinet spécialisé dans ce domaine au parc La Fayette. « Dans mon parcours professionnel, j'avais une volonté d'évoluer hiérarchiquement. J'ai atteint un poste de haute responsabilité, mais j'ai compris que ce n'était pas ce que je voulais faire. J'ai quitté ce poste de dirigeant pour créer mon cabinet de psychologue du travail », témoigne-t-il.

l'épuisement professionnel

« Je ne peux pas dire, qu'aujourd'hui, les salariés souffrent au travail plus qu'avant, mais cette souffrance n'est pas la même. Il y a quelques dizaines d'années, le harcèlement au travail emmenait le plus souvent les gens au cabinet du psychologue du travail. Aujourd'hui, c'est plutôt l'épuisement professionnel, autrement dit le burn-out », précise-t-il. L'accélération de notre société provoque ce phénomène. « On a de moins en moins de temps pour réaliser ses tâches professionnelles. On a de moins en moins de temps pour parler à nos collègues, pour discuter des problèmes rencontrés. Si on reste au travail plus de temps, on ne se valorise plus », observe-t-il. Le burn-out se caractérise par une fatigue persistante un sommeil perturbé, la difficulté de se concentrer, une colère spontanée, une frustration, etc. « On est très proche de la dépression, mais la particularité du burn-out est que ça ne touche que le monde professionnel », poursuit le psychologue. Pour mettre son travail à distance, il faut passer obligatoirement par un long arrêt, une année en moyenne, les vacances ou un repos ne suffisent plus.

la double journée des femmes

L'épuisement professionnel touche tous les âges, tous les domaines et tous les niveaux hiérarchiques. « Parmi mes clients, il y a légèrement plus de femmes que d'hommes, car les femmes ont d'autres souffrances. Souvent, quand elles rentrent à la maison, elles ont un autre travail qui commence », précise le spécialiste. Sébastien Hof intervient aussi auprès des entreprises. Des fois, les employeurs créent eux-mêmes une ambiance tendue au sein de leur équipe. « Souvent, des dirigeants donnent la même tâche à tout le monde. Le meilleur reçoit une prime. Cette politique crée une concurrence et isole encore plus les employés. On travaille ensemble parce qu'on a une tâche commune, et non parce qu'on est dans le même endroit », analyse Ie psychologue. Quel que soit son client, Sébastien Hof rencontre souvent la difficulté de faire comprendre aux gens qu'il n'y a pas de solution toute faite. « J'accompagne des gens pour en trouver une, mais ils doivent Ia choisir eux-mêmes », termine-t-il.

OIga PATAPENKA

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mar., 23/06/2015

Lutter contre le burn out - épuisement professionnel - Coin du Salarié - Interview de Sébastien HOF

coindusalarie.pngLe burn out ou épuisement professionnel est une thématique qui intéresse différents professionnels que ce soit dans le milieu juridique, médical, salarial...

C'est pourquoi nous vous proposons l'expertise de Sébastien HOF, psychologue du travail, clinicien du travail.

Sébastien HOF est psychologue du travail plus particulièrement un clinicien du travail. Dans le cadre de consultations « souffrance et travail » (en lien avec le réseau national de consultation « souffrance et travail »), il prend en charge la souffrance psychique des salariés, des encadrants ou dirigeants en favorisant l'expression de ces troubles psychopathologiques, la mise en sens du traumatisme subi ou de l’épuisement professionnel dans son exercice professionnel en plaçant toujours le travail au cœur de la problématique.
Parallèlement, il réalise des formations sur les thématiques de la santé au travail notamment des risques psychosociaux et intervient en entreprise dans l’objectif de favoriser un mieux-vivre ensemble au travail lors de démarche de prévention de ces dits-risques. Pour certaines institutions, il réalise des séances d’analyse de pratiques professionnelles permettant de mettre à distance le travail et de réfléchir collectivement à la manière de réaliser leur activité professionnelle, une mise en débat de l’action et de la posture des professionnels.

1. Le burn out aujourd'hui

A. Y A T-IL UN ENGOUEMENT AUTOUR DU BURN OUT

Je ne crois qu’il y ait un réel engouement pour le burn-out. Il me semble plutôt que, si le burn-out, dans sa définition première de Freudenberger, ne concernait que les professions « aidantes » (soignants, secouristes, pompiers, assistants sociaux, éducateurs, enseignants…), ce concept aujourd’hui concerne l’ensemble des individus au travail, quelle que soit leur activité voire… dépasse le champ professionnel comme, par exemple, le travail des aidants familiaux.

Pour ma part, beaucoup des patients que je rencontre sont en grande souffrance psychique. Ainsi, ils peuvent venir avec cet épuisement professionnel ou les symptômes repérés de ce type de pathologie, certains venant également avec l’expression « je suis harcelé(e) ».

Le burn-out est un des types de décompensations psychiques dont peuvent souffrir les salariés. Je reçois également de nombreuses personnes souffrant d’état de stress post-traumatique à la suite de situations faisant référence à des situations de type harcèlement.

B. LE BURN OUT EST-IL UN SUJET TABOU

S’il avait pu l’être, il y a quelques années, le burn-out n’est plus un sujet tabou voire pourrait requérir une certaine forme de pathologie populaire où chacun pourrait avoir son petit burn-out à lui.

En effet, il n’est pas rare d’entendre des personnes dans la rue évoquer qu’ils ont fait un burn-out. Ceci correspond à une vision que nous pouvons percevoir dans la société. En revanche, en entreprise, cela est un peu plus tabou du fait que cela pourrait être perçu comme une fragilité face un stress intense.

Je n’ai pas vu beaucoup d’entreprise mettant en place des moyens de prévention défavorisant l’apparition du burn-out malgré le fait que le chef d’entreprise doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité, protéger la santé physique et mentale des travailleurs tout en évaluant les risques (art. L 4121-1 et L 4121-3 du CT) en termes de résultats et plus seulement de moyens.

Débattre du travail et de la manière de le réaliser n’est plus possible. Chacun se retrouve assez seul dans son travail du fait d’une charge de travail importante et l’impossibilité d’avoir des espaces de convivialité favorisant le développement du collectif de travail, et donc du soutien social ; il est même parfois créé au sein de l’entreprise des compétitions induites par le travail entre les salariés, générant une auto-accélération dans le travail et renforçant encore plus l’isolement des travailleurs.

2. Le rôle du psychologue du travail

A. QUAND LE SALARIE DOIT-IL CONSULTER

Mon rôle dans la lutte contre le burn-out est d’intervenir sur les différents niveaux de prévention.

C’est-à-dire d’intervenir au niveau de la prévention tertiaire par la prise en charge de ces salariés épuisés, « cramés » par le travail par l'analyse des dysfonctionnements vécus pour une compréhension de sa situation et sa signification.

Les entretiens permettent la recherche et la construction de solutions, de stratégies d'action, ...spécifiques à la situation du salarié en favorisant la reconstruction de son identité et de retrouver les éléments du plaisir au travail. Cela passe notamment par la restauration de la confiance en soi. Avant tout, je dirai que cette prise en charge doit prévenir surtout le passage à l’acte.

Ensuite, c’est de trouver avec le salarié les conditions de reprise de son activité professionnelle voire d’un autre travail. C’est pourquoi, dans la prise en charge des salariés, il est nécessaire de coordonner un réseau dans lequel se trouve le médecin du travail, le médecin conseil, le médecin spécialiste, …

Il est important de venir me consulter quand certains premiers signes apparaissent comme:

B. A QUEL MOMENT EST-IL URGENT POUR LE SALARIE DE CONSULTER

Il devient urgent de me consulter lorsque vous avez un certains de signes :

  • La fatigue résiste au repos (un week-end passé à dormir et le lundi, vous êtes encore extrêmement fatigué,),
  • Vous avez une perte de plaisir au travail nécessitant plus d’effort sans aucune satisfaction,
  • Des troubles du sommeil persistant,
  • Vous êtes irritable,
  • Vous passez rapidement du rire aux larmes,
  • La nécessité de prendre des substances addictives pour tenir
  • Des manifestations du corps (nausée, céphalées, tensions musculaires,…)

C. LES PREMIERS CONSEILS A DONNER

Comme je l’ai dit avant, les signes qui doivent alerter sont les troubles du sommeil, la fatigue persistante, la perte de sens dans le travail, le fait de passer du rire aux larmes, une irritabilité importante et l’utilisation de substances addictives (alcool, drogues) pour tenir le choc.

Je pourrai lui conseiller de voir son médecin traitant pour bénéficier d’un arrêt, de rencontrer son médecin du travail pour avoir un suivi et des conditions aménagées notamment lors de la reprise, et de prendre rendez-vous dans une consultation « souffrance et travail » pour une prise en charge.

3. Réflexion au tour de l'encadrement médical, juridique

Aujourd’hui, il est question de la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle.

Pour ma part, je suis partagé sur cette question car si l’intérêt est de faire payer les entreprises générant ce type de décompensation, il est vraisemblable que tout le monde voudra faire reconnaitre des situations de souffrance au travail sous l’intitulé burn-out alors que d’autres formes de décompensations psychiques sont à prendre en compte.

De plus, il est possible de reconnaître comme maladie d’origine professionnelle (l’article L. 461-1 alinéa 4 du code de la sécurité sociale) la dépression, l'anxiété généralisée d’un salarié, et un état de stress post-traumatique.

Du côté médical, le burn-out ne bénéficie pas de définition consensuelle. Certains médecins considérant cette entité comme un concept fourre-tout. Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir une étiquette pour reconnaître les différents symptômes et troubles subis par le salarié.

A mon sens, il faudrait surtout permettre une meilleure visibilité, comme vous le faîtes, des professionnels agissant en psychopathologie du travail afin que les entreprises puissent prendre conscience de l’intérêt de reconstruire les coopérations au travail et de favoriser le développement de l’homme au travail. La souffrance au travail pose surtout la question du plaisir au travail et comment les personnes font pour tenir les conditions de réalisation du travail, quels mécanismes de défense ils mettent en place pour que le travail soit positif.

4. L'après burn out

Nous sommes tous différents face à ce type de décompensation psychique. Le burn-out est donc singulier pour chacun d’entre nous. Ainsi, certains salariés que j’ai accompagné ont pu reprendre dans l’entreprise suivant des conditions adaptées définies par le médecin du travail ; d’autres ont dû retrouver une autre entreprise voire un autre métier.

Par exemple, une chef de service a pu reprendre un poste de chef de service dans la même association mais dans un autre service. Elle a pu alors mettre en place des défenses individuelles facilitant la prise de conscience de son état d’épuisement. C’était également le cas pour un moniteur d’atelier qui a pu reprendre en évitant toute nouvelle responsabilité supplémentaire et une clarification de ses tâches (recommandations que j’ai pu transmettre au médecin du travail).

En revanche, un commercial a dû quitter son entreprise et a ensuite fait le choix de créer sa propre activité pour éviter de retourner dans l’organisation du travail qui a été néfaste pour lui. Pour un certain nombre de salariés, le point de non-retour est franchi et le retour dans l’entreprise ne peut plus s’imaginer alors c’est la rupture du contrat de travail qui devient la solution (rupture conventionnelle, pour inaptitude professionnelle,…).

Conclusion

Si vous êtes en souffrance au travail, quels que soient les symptômes, NE RESTEZ PAS SEUL ! Lisez notre dossier complet sur le burn out.

Billet original sur coindusalarie.fr

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