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sam., 23/12/2017

L’Observatoire de la souffrance au travail des anesthésistes s’ouvre à l’ensemble des PH

Créé en 2009 par des anesthésistes-réanimateurs, dont feu Max-André Doppia , sous l’égide du syndicat SNPHAR-E, l’Observatoire de la souffrance au travail (OSAT) s’est dans un premier temps uniquement consacré aux anesthésistes réanimateurs. Repris par l’intersyndicale Action praticien hôpital (APH), il s’ouvre désormais à l’ensemble des praticiens hospitaliers.

Premier bilan des anesthésistes en souffrance : cotation de la souffrance de 8 sur 10

Depuis huit ans que OSAT fonctionne pour les médecins réanimateurs, un premier bilan peut être tiré. Quelque 200 appels ont été reçus, issu à 62% des centres hospitaliers non universitaires, contre 38% provenant des CHU. Majoritairement, les appels proviennent de femmes médecins, à 60%. Leur âge moyen est de 50,4 ans. « La cotation moyenne de la souffrance s’élève à 8 sur une échelle verbale de 10 ». Principalement, les médecins en souffrance évoquent des situations de « mépris, dévalorisation, déconsidération, placard et isolement, menaces, injures ». Le harcèlement, qu’il provienne de collègues, de chefs de service, de membres de directions hospitalières, de personnel non médical, est déclaré dans 67% des cas. Dans un tiers des cas, cette souffrance morale s’accompagne de symptômes physiques : digestifs, cardio-vasculaires, musculo-squelettiques. Dans 18% des cas, les déclarants font appel à des antidépresseurs, et un arrêt de travail supérieur à deux semaines est présent dans 24% des cas. Deux tentatives de suicides ont été recensées.

Conflit avec la hiérarchie en première ligne

Les causes des souffrances les plus souvent citées sont la surcharge de travail, le fardeau émotionnel, la désorganisation du service, le dialogue impossible avec la hiérarchie, une absence de reconnaissance… Quoi qu’il en soit, selon l’OSAT, 90% des causes de la souffrance ont pour point commun des conflits avec la hiérarchie, médicale ou administrative. OSAT souligne également que cette souffrance au travail a un coût socio-économique, ne fût-ce qu’en considérant les prises en charge médicales et les arrêts de travail. « La souffrance au travail est croissante, quotidienne dans les équipes. Il ne se passe pas un jour sans que l’un de nos collègues nous en fasse part. Il est particulièrement nécessaire de mettre en place des outils de prévention qui ne soient pas des gadgets de qualité de vie au travail », insiste Nicole Smolski, présidente d’honneur d’APH. L’intersyndicale APH a également rappelé qu’elle milite pour la présence des syndicats de praticiens hospitaliers au sein des Comités hygiène sécurité et conditions de travail (CHSCT). Une vieille revendication passée de date, à l’heure où les Ordonnances Macron viennent tout simplement de supprimer cette instance de dialogue…

Lire la suite sur le site Medscape

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 14/11/2017

Une sentinelle nous quitte…

J’ai l’immense tristesse d’annoncer le décès brutal du Docteur Max-André DOPPIA, président du Syndicat National des praticiens Hospitaliers Anesthésistes-réanimateurs, le SNPHARE.

Cet ami, exceptionnel de bienveillance et de charisme, avait consacré tout son temps et son énergie, ces dernières années, à la prévention du burn out des siens, les soignants.

En 2009, Dans le cadre du Collège Français des Anesthésistes Réanimateurs (CFAR), une commission Santé du Médecin Anesthésiste Réanimateur au Travail (SMART) fut créée suite au constat de la souffrance au travail de professionnels de l’anesthésie-réanimation , marqué par plusieurs suicides.

Max André DOPPIA et ses collègues ont alors créé une plateforme d’information, d’aide et d’orientation d’une grande richesse, que je vous conseille d’aller consulter : http://cfar.org/sante-au-travail-smart
Responsable : M.-A. Doppia
Participants : CM. Arnaud, S. Arzalier-Daret, G. Benistand, F. Bonnet, R. Brulé, A. Chaumeron, R. Copotoiu, W. Fourche, D. Goumard, L. Kerdjana, T. Lieutaud, PM. Mertes, S. Pease, P. Perucho, E. Podyma, M. Raucoules-Aimé, P. Sautier, JM. Serrat, R. Torrielli
Référent CFAR : Hélène Creus

Max André DOPPIA savait que, en France, 80% des médecins n’ont pas de médecin traitant personnel et préfèrent prendre en charge leur propre suivi, pensant qu’ils sont les mieux placés pour l’assurer. Il avait donc lancé la campagne « DIS DOC, T’AS TON DOC ? » afin de sensibiliser les médecins à leur propre santé.

Cette campagne et ses visuels sont en ligne sur ce lien http://cfar.org/didoc
Cette initiative ine?dite re?unit aujourd’hui 31 partenaires institutionnels dont : le Ministère des Affaires sociales et de la Sante?, le Centre National de Gestion, le Colle?ge de Me?decine Ge?ne?rale, la Fe?de?ration des Spe?cialite?s Me?dicales, le Conseil National de l’Ordre des Me?decins, de tre?s nombreuses organisations syndicales et intersyndicales me?dicales du secteur public ou libe?ral, les syndicats d’Étudiants, d’Internes ou CCA, la FNSIP-BM, les Confe?rences hospitalie?res, la FHF, la FHP, la FEHAP, l’ANMTEPH, l’association Soins aux Professionnels de Sante? et le Quotidien du Me?decin.
Cette campagne va devenir européenne et sera traduite et reprise dans tous les pays. Le réseau de consultations souffrance et travail sera un relais fidèle et constant de l’action de Max-André DOPPIA, au côté des membres de la commission SMART et du CFAR

« Nous ne sommes pas remplaçables » dit Cynthia Fleury. Non Max, tu n’es pas remplaçable.

Marie PEZÉ

Max-André Doppia

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 26/09/2017

Pourquoi et comment s’intéresser à la santé et au travail des anesthésistes ?

L’anesthésie-réanimation : un risque spécifique pour les praticiens ou pourquoi et comment s’intéresser à la santé et au travail des anesthésistes ?

Par le Dr Max-André Doppia.

En France, depuis quelques années, alors que l’âge moyen a augmenté dans notre profession, un sentiment de malaise est de plus en plus perceptible chez les médecins anesthésistes-réanimateurs. Sans qu’ils soient objectivement atteints d’une affection, ni même simplement qu’ils la ressentent, un plus grand nombre d’entre eux expriment néanmoins, au travers de plaintes variées, des difficultés à vivre leurs conditions d’exercice. Certains conçoivent alors discrètement une reconversion vers une activité qu’ils espèrent moins stressante. Il n’est plus rare d’apprendre par la rumeur ou la confidence qu’un collègue suit un traitement cardiotrope, psychotrope, ou bien qu’il est placé en arrêt de travail pour maladie invalidante. Ailleurs, on fait état plus ouvertement qu’auparavant de conduites addictives. Quand ça n’est pas une disparition brutale qui afflige un service.

La revue de la littérature parue sur le sujet “morbidité” en rapport avec le stress du métier conduit à constater que, jusqu’à présent, peu d’articles ont été publiés dans la littérature française, comparativement aux pays anglo-saxons.
L’analyse des situations de travail et de leurs répercussions sur l’efficience professionnelle, la qualité et la sécurité des soins, mais aussi la vie personnelle des praticiens, s’y est opérée de manière plus systématique. L’aboutissement de
ces recherches a été la mise en œuvre de programmes de prévention institutionnalisés, y compris pour les étudiants. Peut-être nous faudra-t-il aussi bientôt admettre culturellement l’établissement de programmes d’aide aux médecins en France, comme cela existe dans d’autres pays modernes, et notamment au Canada [1]. Mais également apprendre à reconsidérer notre organisation au travail et toutes ses implications. En France, la profession commence à s’interroger sur les troubles addictifs et brise ainsi un tabou culturel [2].

Télécharger l’intégralité de l’article.

Les textes du Dr. Doppia sont accessible sur le site du JEPU (Journées d’Enseignement Post Universitaire)

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[1] Programme d’Aide Aux Médecins du Québec. Site Web : www.pamq.org
[2] Bonnet F. – Ann. Fr. Anesth. Réanim., 2000 ; 19 : 668-674.

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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sam., 24/09/2016

Santé au travail des professionnels de l’anesthésie-réanimation : « avec la commission Smart : prenez soin de vous ! »

La commission Santé du médecin anesthésiste réanimateur au travail (Smart) issue du Collège français des anesthésistes réanimateurs (CFAR) a pour objet d’aider les professionnels en situation de souffrance au travail.

Elle offre la possibilité d’effectuer des autotests individuellement ou en équipe sur le site du CFAR et d’accéder à un numéro vert d’écoute anonyme par des psychologues. La commission a également développé un réseau de soutien pour les situations d’addictologie et une documentation sur les organisations en place dans les différents pays. D’autres projets seront développés dans le cadre de la commission.

Mots clés
Bien être au travail; Syndrome d’épuisement professionnel; Addiction au travail

* * *

Résumé en anglais :
Under the umbrella of the French college of anaesthesiologists and critical care physicians, the well-being committee aims to support physicians who experience professional difficulties. It provides the opportunity for the physician to perform self-psychological assessment and to call psychologists through a dedicated anonymous phone number. A supportive network has also been developed for addict physicians. Eventually, the website provides references about other experiences in different countries. Further projects will be developed in this setting.

Keywords : Burnout; Well-being committee; Workaholism

Se procurer l’article sur www.sciencedirect.com

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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