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mer., 01/11/2017

Burn-out : « Sa reconnaissance comme maladie professionnelle est quasi impossible en l’état actuel de la législation »

Dans un entretien au « Monde », Morane Keim-Bagot et Me Audrey Pascal reviennent sur le syndrome d’épuisement professionnel, phénomène « ancien » à la médiatisation récente.

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a affirmé, le 22 octobre sur LCI, que le burn-out ne serait pas, pour l’heure, reconnu comme une maladie professionnelle : « Aujourd’hui, il s’avère que ce n’est pas une maladie. C’est un ensemble de symptômes et, donc, c’est très difficile de décider que c’est une maladie professionnelle », a-t-elle dit.

Morane Keim-Bagot, maître de conférences en droit privé à l’Université Paris-I Panthéon Sorbonne et Me Audrey Pascal, avocate spécialiste en droit du travail et de la protection sociale, reviennent, dans un entretien au Monde, sur le syndrome d’épuisement professionnel.

Le « burn-out » est-il un phénomène récent ? Ou existait-il sous un autre nom jusqu’à présent ?

Morane Keim-Bagot : La souffrance au travail n’est pas un phénomène nouveau, l’épuisement professionnel n’est qu’une de ses facettes qui émerge récemment avec la description d’un tableau clinique qui n’était peut-être pas connu. Finalement, c’est l’évolution des connaissances scientifiques qui est nouvelle, pas le mal dont sont atteints les salariés. Evidemment jusque dans les années 1990, on s’est essentiellement concentrés sur les troubles physiques des travailleurs, ce qui ne signifie pas que la souffrance mentale n’était pas là, elle n’était simplement pas documentée.

Me Audrey Pascal : Malgré l’ancienneté du phénomène, le burn-out et plus largement la question de la santé mentale au travail n’ont pas été immédiatement « saisis » par le droit. Ils font, encore à l’heure actuelle, l’objet d’une progressive construction juridique. En la matière, force est d’ailleurs de constater que le droit de l’Union européenne joue incontestablement le rôle de moteur, impulsant très souvent les évolutions législatives françaises.

Qu’est-ce qui explique que le mot « burn-out » trouve tant d’échos aujourd’hui ?

M. K.-B. : Le fait que les cadres soient touchés par le syndrome d’épuisement au travail joue beaucoup dans la médiatisation de ces questions de santé publique.

Dans le cas de l’amiante, tant que seuls les ouvriers étaient touchés, la question était normalisée. C’est lorsque les universitaires ont commencé à développer des pathologies que la médiatisation a vraiment gagné en ampleur.

Et puis, j’ai le sentiment que concernant le burn-out, il y a un phénomène d’identification forte. On connaît tous quelqu’un à qui c’est arrivé quel que soit le milieu, quelle que soit la catégorie professionnelle (même si ce n’est pas médicalement un burn-out).

A. P. : S’il n’est pas nouveau, le phénomène de burn-out prend de l’ampleur aujourd’hui, sans doute en raison de la dégradation des conditions de travail, de la pression économique et des objectifs de performance fixés aux salariés.

Lire la suite, « Quels sont les avantages et les inconvénients d’une reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle ? » sur le site du Monde

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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lun., 30/10/2017

Le burnout ne sera donc pas une maladie professionnelle, mais… peut-on en rester là ?

Aujourd’hui, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn a dit que le burnout ne serait pas reconnu en maladie professionnelle en invoquant un rapport de la HAS… Sauf que le rapport n’avait pas vocation à servir d’alibi pour ne pas indemniser les travailleurs et valider le statu quo. Des recommandations concrètes existent déjà ! La ministre s’en saisira-t-elle ?

Par Quentin Durand-Moreau, médecin du Travail

Aujourd’hui, Agnès Buzyn était l’invitée du Grand Jury. Le lab Europe 1 nous résume ici un point abordé dans cette émission :

Ce mot de la ministre est vraiment le signe qu’il faut définitivement en finir avec cette qualification de burnout. On a encore là une illustration parfaite que le terme même de burnout est une espèce de boulet qui paralyse toute réflexion de fond sur les liens entre santé mentale et travail. Et nous sommes de plus en plus nombreux à porter cette voix (1). En bref, comme toute l’énergie est mobilisée pour savoir si oui ou non le burnout est ou n’est pas une vraie maladie, on passe à côté du fait que le travail a des effets, ceux-là, incontestables sur la santé mentale des travailleurs et peuvent causer des maladies qui, elles, ont des descriptions consensuelles (la dépression, les troubles anxieux, l’état de stress post-traumatique). Par ailleurs, le terme de « burnout » a pour moi un côté euphémisant, de par son caractère quasi-physiologique chez tout bon travailleur, et contribue à éloigner de notre esprit que le travail peut amener certains salariés à se suicider. C’est-à-dire à mourir de leur travail.

Pour être très clair, c’est bien le concept même de burnout qui pose souci. J’avais même carrément co-écrit un éditorial dans la Presse Médicale en 2015 dans lequel j’expliquais en quoi la reconnaissance du burnout au titre des maladies professionnelles du burnout était :

– impossible d’un point de vue nosographique, ne s’agissant pas d’une maladie en tant que telle, mais d’un fourre-tout dans lequel on retrouve d’authentiques épisodes dépressifs majeurs, d’authentiques états de stress post-traumatiques, d’authentiques troubles anxieux… Bref, autant de maladies sur lesquelles il ne peut exister aucun doute quant à leur définition et dont les liens avec le travail sont avérés dans de nombreuses situations !

– inutile du point de vue de la prévention : indemniser – on dit également « réparer » – les travailleurs n’a jamais efficacement fait avancer la prévention. C’est-à-dire que la réparation en maladie professionnelle n’a jamais eu de caractère suffisamment dissuasif pour inverser les courbes en termes de nombre de salariés atteints de maladie professionnelles. Les statistiques concernant les troubles musculo-squelettiques de l’épaule par exemple, sont éloquentes en la matière. Et d’un point de vue purement conceptuel, il n’est guère satisfaisant de se contenter de donner de l’argent à des gens cassés par leur travail, c’est-à-dire, quand le mal est fait ! Pour autant, il est juste que les victimes soient indemnisées.

– incohérent si on se situe dans une perspective d’analyse de l’activité : pour les travailleurs du régime général et agricole, les maladies professionnelles sont reconnues grâce à des tableaux, mentionnant un certain nombre de critères (dont la liste indicative ou limitative des travaux exposant au risque de développer un maladie professionnelle). Ces tableaux sont rédigés, pour l’heure, à l’issue d’un consensus entre partenaires sociaux. Que mettra t-on donc dans cette troisième colonne pour la maladie « burnout » ? Sur quels critères les partenaires sociaux se mettront d’accord ? Quels critères sont susceptibles de donner pour tout travailleur une maladie psychique ? Si tant est qu’il y ait accord, est-ce qu’ainsi, le nombre de travailleurs concernés sera à la hauteur de l’impact réel de ces maladies ? Mon avis est que pour les maladies psychiques en lien avec le travail, chaque dossier doit être examiné au cas par cas par une commission. Commission qui existe déjà et qui est appelée CRRMP (comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles). Mais ces commissions doivent avoir les moyens de fonctionner et leur existence doit être mieux connue de tous.

En finir avec le concept de burnout n’a donc évidemment rien à voir avec une quelconque volonté de minimiser un phénomène qui prend tant d’ampleur. Au contraire. Il s’agit de repréciser les concepts afin que les salariés victimes de ces maladies soient mieux pris en charge autant médicalement que sur le plan de l’indemnisation. Qu’on cesse ces stériles débats conceptuels qui sont désormais tranchés – la HAS ayant effectivement affirmé que le burnout n’était pas une maladie, dans une fiche mémo à laquelle j’ai contribué -, et qu’on avance concrètement sur ces questions.

Donc, la ministre nous dit qu’il n’y aura pas de reconnaissance en maladie professionnelle pour le burnout. Certes, mais pour autant, il est tout de même fort curieux que la ministre s’en tienne là. Gerard Sébaoun, ancien député socialiste qui avait été rapporteur d’une mission d’information parlementaire (3) – au cours de laquelle j’ai été auditionné – s’est fendu d’un tweet en direction de la ministre, en l’accusant de « faire du surplace ».

Lire la suite sur le site de Médiapart

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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jeu., 26/10/2017

De l’élitisme à l’épuisement

Pour son enquête sur l’investissement et le surinvestissement dans les quatre grands cabinets d’audit et de conseil anglo-saxons, Sébastien Stenger s’est fait recruter comme stagiaire pendant trois mois dans un des Big Four.

Livre. Le 20 août 2013, Moritz Erhardt est retrouvé inanimé dans sa douche, foudroyé par une crise d’épilepsie après avoir passé trois nuits blanches au travail. Le décès du jeune Allemand de 21 ans, stagiaire chez Bank of America Merrill Lynch pour l’été, met en lumière les rythmes de travail dans les grandes banques d’affaires, le stress, le manque de sommeil, la pratique du magic roundabout : le salarié rentre chez lui en taxi tard dans la nuit, se douche, se change, puis reprend le même taxi pour repartir au travail.

A la suite du choc provoqué par ce décès, la banque propose aux stagiaires de terminer plus tôt leur travail. D’après le Financial Times, ceux-ci décident de travailler jusqu’au dernier jour, dans l’espoir de décrocher le poste très compétitif d’analyste à plein temps proposé à la moitié d’entre eux. Surprenant ? Pas vraiment. Malgré une vie privée quasi inexistante et une compétition harassante, ces métiers continuent d’attirer les jeunes diplômés. En 2014, la banque Morgan Stanley aurait reçu pas moins de 90 000 candidatures pour un stage d’été de summer analyst, pour 1 000 places proposées.

Les banques d’affaires représentent le paroxysme du rapport au travail de l’élite des affaires. Dans son ouvrage Au cœur des cabinets d’audit et de conseil, l’enseignant chercheur à l’ISG et à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne Sébastien Stenger enquête sur l’investissement et le surinvestissement dans les quatre grands cabinets d’audit et de conseil anglo-saxons surnommés les « Big Four » (Deloitte, EY, KPMG et PricewaterhouseCoopers). Les carrières y sont sélectives et compétitives, la culture encourage les salariés à repousser leurs limites.

« Des moments de vie indigènes, cocasses »

Mais, en dépit des horaires à rallonge, de la compétition et du stress, les Big Four restent très attractifs auprès des jeunes diplômés. Pourquoi ?

Lire la suite (pour abonnés) sur le site du Monde >>>

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 04/10/2017

5 conseils pour définir et venir à bout du burn-out

Nous assistons, dans les consultations spécialisées dans la souffrance au travail, à une simplification de langage de la part des patients, tous en « burn-out » comme, à une époque tous « harcelés ».

Nous assistons, dans les consultations spécialisées dans la souffrance au travail, à une simplification de langage de la part des patients, tous en « burn-out » comme, à une époque tous « harcelés ». Le syndrome d’origine se transforme en concept-poubelle, en pop psychologie, vidé de sa définition véritable, et son omniprésence masque les autres pathologies psychiques liées au travail, tout aussi sérieuses à prendre en compte.

Du côté des entreprises, le burn-out est encore trop souvent renvoyé à des caractéristiques personnelles: surinvestissement du travail, terrain addictif, besoin excessif de reconnaissance, engluant le salarié dans sa culpabilité individuelle, exonérant les organisations du travail de leur obligation de protection de la santé physique et mentale des salariés (L 4121). La conscience professionnelle, autrefois vertu majeure, est-elle devenue une pathologie? Vouloir bien faire son travail en ayant le temps, les moyens, les objectifs, relève-t-il d’un idéal névrotique ?Le burn-out pour les nuls - Marie Pezé

Au-delà des questions de définitions, d’imputabilité ou pas à l’entreprise, de reconnaissance en maladie professionnelle, qui nécessiteraient une argumentation que je développe dans Le Burn-out pour les nuls, et devant l’aggravation et la multiplication des cas dans nos consultations, voici quelques conseils majeurs :

Ne pas mépriser sa fatigue et connaître les trois symptômes d’alerte

Une fatigue indéracinable, un repos qui ne repose plus. Une perte du plaisir à aller travailler. Le recours aux produits pour tenir. A ce stade, il faut consulter.

Ne pas se laisser dévorer par le dieu du temps, Chronos, qui devient vite un voleur de vie

Ne vous laissez pas avoir par le bip de l’e-mail entrant, par le nombre d’e-mails affichés pas encore lus, la messagerie saturée. Toutes ces mini-actions de lecture/compréhension/réponse vous épuisent et surtout vous empêchent de penser vraiment. Pour penser, réfléchir, votre cerveau a besoin d’espace et de temps. Ce fameux « temps de cerveau disponible » que notre civilisation consumériste sait capturer, REPRENEZ-LE ! Pour vous.

Travailler sur sa peur en ne restant pas seul

La peur cède quand on découvre qu’on n’est plus seul, qu’un médecin, un thérapeute, un avocat, un inspecteur du travail, un médecin-conseil peuvent s’interposer entre l’employeur et son salarié. Quand on devient un salarié averti de ses droits et de ses devoirs.

Bien sûr, il est plus simple de surmonter sa peur collectivement, quand on peut s’appuyer sur les collègues, le collectif, l’équipe. On a vu que dans un monde de polyvalence, de turn-over, de délocalisation, les équipes se disloquent. Or, ce qui se passe au travail est notre affaire à tous. Il faut défendre les autres pour renouer avec la solidarité.

Non, tout ne vient pas de nous

Il faut aussi tenir compte de la façon dont on organise notre travail, identifier les techniques de management pathogènes. Bien sûr, le travail est en forte résonance avec notre identité personnelle. Si le salarié s’investit trop au travail, on aura beau jeu de penser qu’il a un besoin éperdu de reconnaissance depuis l’enfance. Qu’il n’obéit pas aux consignes parce qu’il s’oppose inconsciemment à l’autorité paternelle! Mais peut-on dire à l’ouvrière, qui souffre des 27 bouchons qu’elle visse par minute, que son OEdipe y est pour quelque chose? Peut-on dire au harcelé qui s’effondre à son poste: « Partez au lieu de supporter cette souffrance », alors que démissionner lui ferait perdre ses droits sociaux? Les Françaises apportent-elles leur consentement pulsionnel à être payées 25% de moins que les hommes?

Sachez reconnaître votre propre travail à défaut d’obtenir la reconnaissance de votre hiérarchie

Ce que nous investissons dans le travail ne peut se soutenir que grâce à des gratifications obtenues en retour :

  • Gratifications issues du travail lui-même lorsqu’il est bien fait et nous renvoie une image positive de nos compétences. Sauf si nous travaillons en mode dégradé!
  • Gratifications réelles au travers du salaire ou d’autres avantages. Sauf si ces rétributions sont bloquées!
  • Gratifications symboliques par ce que l’usager pour qui nous travaillons, notre hiérarchie et nos collègues, nos pairs nous renvoient l’utilité de ce que nous avons fait pour eux. Sauf s’il est de bon ton de ne jamais remercier le salarié pour le travail bien fait, de ne pas le rater quand il a fait une erreur.

Pour vous les femmes, il est temps de redire qu’une double journée pèse sur vos épaules et que cela ne doit plus être une double peine

C’est toujours EN CONTRE que le corps de la femme va devoir trouver sa place dans l’organisation du travail en France. Elles doivent s’adapter à un monde du travail construit par les hommes qui ont des femmes les déchargeant de la sphère domestique et familiale. D’où les réunions tardives, les dossiers déposés à 18 heures, les freins à la carrière quand on a des enfants et que l’employeur anticipe les absences pour enfant malade, les temps partiels. Et tout en supportant le sexisme ordinaire qu’on taxe encore trop souvent de gauloiserie à la française.

Dans tous les cas, ne restez pas seuls !

Via huffingtonpost.fr (article de Marie Pezé)

Sur notre site :

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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lun., 02/10/2017

TÉLÉVISION – « Burning Out, dans le ventre de l’hôpital » – Mardi 3 octobre 20h50 – Arte

Au bloc opératoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, le « burn out » menace à tous les échelons. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, le réalisateur Jérôme le Maire a su capter le mal-être général des soignants.

Le réalisateur Jérôme le Maire a passé deux ans au sein de la très réputée unité chirurgicale de l’hôpital Saint-Louis, l’un des grands établissements parisiens. Pendant un an, sans filmer, il s’est familiarisé avec l’ensemble du personnel qui travaille à flux tendu dans les quatorze salles d’opération du bloc, chacune accueillant huit à dix interventions par jour au fil d’une organisation très complexe. Il a ensuite tourné seul, toute une année, au cœur de ce collectif professionnel chevronné, qui tient chaque jour entre ses mains la vie et la mort des patients. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, il capte un mal-être général qui, des aides-soignantes aux chirurgiens, « déborde, déborde, déborde », comme le planning que les gestionnaires du service n’ont de cesse de vouloir « optimiser ». Entre deux prises de bec, les protagonistes confient leurs états d’âme ou leurs réflexions et s’accordent à reconnaître, en dépit de leurs différends, une commune origine à la pathologie qui les affecte tous. « Les conditions de travail se sont dégradées mais le travail, lui, ne doit pas se dégrader« . Car même si les patients semblent se réduire à la partie tranchée et recousue de leur anatomie, ces soignants n’oublient jamais la responsabilité extrême qui est la leur. La direction diligente alors un audit sur la qualité de vie au travail, qui se recentre bientôt sur l’analyse des « process » et de leur « efficience »…

Urgence

Cette fascinante tragi-comédie humaine dévoile au profane ce qu’il ne voit jamais d’ordinaire : la souffrance de ceux qui soignent, d’abord, mais aussi la réalité crue d’une salle d’opération, car le réalisateur y est accueilli comme un membre de la famille, devant qui on n’a pas besoin de cacher le linge sale. S’il pointe des causes maintes fois dénoncées par les syndicats – augmentation continue de la charge de travail, gestion technocratique imposée d’en haut, atomisation d’équipes autrefois soudées…–, Jérôme le Maire, en laissant s’exprimer des points de vue contradictoires, met aussi en évidence la complexité du problème. Ce portrait intensément vivant d’un hôpital au bord de la crise de nerfs se veut plus largement la métaphore d’un monde du travail ravagé par la perte de sens et désormais en état d’urgence, selon le livre de Pascal Chabot qui l’a inspiré, « Global burn-out ».

Mardi 3 octobre – 20h50 sur Arte >>>

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 01/10/2017

Le burn out, une pathologie de civilisation

Qui est touché par le burn out ? Comment en est-on arrivés là ?

Maladie qui touche de plus en plus de gens, le burn out est la conséquence d’une société qui ne considère plus l’homme comme le maillon essentiel du système. Mais avant d’être un problème individuel, le burn-out est d’abord une pathologie de civilisation.

Marquée par l’accélération du temps, la soif de rentabilité, les tensions entre le dispositif technique et des humains déboussolés, la postmodernité est devenue un piège pour certaines personnes trop dévouées à un système dont elles cherchent en vain la reconnaissance. Mais ce piège n’est pas une fatalité.

Face aux exigences de la civilisation postmoderne, on peut se demander comment transformer l’œuvre au noir du burn-out afin qu’il devienne le théâtre d’une métamorphose, et que naisse de son expérience un être moins fidèle au système, mais en accord avec ses paysages intérieurs.

Le burn out, une pathologie de civilisation

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 26/09/2017

[Livre] Le burn-out pour les nuls

Toutes les stratégies efficaces à mettre en place pour prévenir ou se sortir d’un burn-­out

En France, près de 2 salariés sur 10 sont victimes du burn-­out, également appelé syndrome d’épuisement professionnel.

Ce phénomène de stress chronique au travail, dont les symptômes sont aussi variés que la démotivation, l’insomnie, l’isolement ou encore la baisse d’estime de soi, peut toucher n’importe qui et toute catégorie professionnelle.Le burn-out pour les nuls - Marie Pezé

Ce livre très complet analyse les raisons du burn-­out et les moyens de le surmonter. Il présente les différentes ressources (psychologiques, légales…) à votre disposition. Il s’adresse aux victimes, mais aussi aux accompagnants et aux acteurs du monde de l’entreprise.

Les nombreux témoignages proposés montrent comment le burn-­out survient et s’installe dans les situations les plus diverses, qu’il est multifactoriel et touche chacun d’entre nous.

Pourtant des solutions pour l’éviter ou en sortir existent.

L’auteure : Marie Pezé est docteur en psychologie, psychanalyste et ancien expert judiciaire auprès de la Cour d’Appel de Versailles. Elle a créé la première consultation « Souffrance et travail » en 1997 et coordonne aujourd’hui le réseau de 130 consultations

Parution en septembre 2017 – 22,95 € – Pour en savoir plus >>>

Le burn-out pour les nuls, de Marie Pezé

 

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 19/09/2017

#LoiTravailXXL : Avant / Après

Vos droits aujourd’hui et demain avec les ordonnances.

Savez vous quels sont vos droits et ce qu’ils deviendraient si les ordonnances étaient publiées ?
Seule la mobilisation, la grève et les actions collectives peuvent empêcher que ces reculs sans précédents ne deviennent des réalités. C’est pourquoi la CGT publie ces informations et appelle à manifester le jeudi 21 septembre 2017.

Légalisation des licenciements abusifs

Aujourd’hui
Un chef d’entreprise qui licencie de manière illégale peut être sanctionné par les prud’hommes. Les montants des sanctions sont versés aux salarié.es sous forme d’indemnités et dépendent du préjudice subi par les salarié.es. Ancienneté, handicap, difficulté à retrouver du travail, charge de famille… Les prudhommes fixent des sanctions pour réparer l’ensemble du préjudice subi suite à la fraude de l’employeur. Pour les salarié-es ayant plus de 2 ans d’ancienneté, les condamnations doivent être au minimum de 6 mois de salaire. Ces 6 mois correspondaient à l’époque à la durée moyenne du chômage en France. Aujourd’hui cette durée est de 13 mois.

Demain
Les ordonnances prévoient de plafonner ces sanctions, à un montant très faible divisant au minimum le montant des sanctions par deux. Les salarié-es qui auront réussi le tour de force de gagner la condamnation de leur employeur par les prudhommes ne percevront plus que des clopinettes. Ceci revient donc à légaliser les licenciements abusifs.
Plus encore, il met l’ensemble des droits des salariés en danger : par exemple si un salarié refuse, comme il en a le droit, de travailler le dimanche, l’employeur pourrait le licencier pour embaucher un salarié qui accepte de travailler le dimanche. Ce licenciement est illégal, mais l’employeur ne sera quasiment pas sanctionné.
Nous avions réussi à faire retirer cette disposition de la Loi travail n°1. Le gouvernement revient à la charge contre l’avis de l’ensemble des organisations syndicales.

Des condamnations plafonnées pour les licenciements discriminatoires (femmes, handicapés, seniors, syndicalistes…)

Aujourd’hui
Lorsqu’un employeur licencie un-e salarié-e en raison de son sexe, de son activité syndicale ou de sa religion, dans la pratique les juges condamnent souvent à payer 12 mois de salaires. De même pour des licenciements de salarié-es victimes ou témoins de harcèlement sexuel ou moral.

Demain
Le plancher minimum de condamnation est divisé par deux et représentera seulement 6 mois de salaires. Le message est simple : les licenciements de salarié-es enceintes, de délégué-es syndicaux ou encore de salarié-es victimes ou témoin de violences ou de harcèlement c’est permis ! Les femmes et les militant-es syndicaux seront les premier-es pénalisé-es par ces dispositions.

Les aménagements de poste et temps de travail pour les femmes enceintes à la trappe

Aujourd’hui
Le congé maternité en France est un des plus courts d’Europe – 16 semaines contre 18 semaines recommandées par l’Organisation Internationale du Travail -. La loi prévoit seulement le droit pour les femmes enceintes de demander un aménagement de poste. La protection des femmes enceintes est donc très souvent améliorée par les conventions collectives de branche.
Par exemple, la convention collective SYNTEC prévoit 20 minutes d’allègement horaire par jour pour les femmes enceintes.
La convention collective des banques prévoit 45 jours de congé maternité supplémentaires, pris à charge à 100% par l’employeur.

Demain
Ces protections sont renvoyées à l’accord d’entreprise et risquent de disparaitre, notamment dans les plus petites, dans lesquelles les femmes sont pourtant majoritaires.

La suppression du comité hygiène et sécurité (pourquoi s’embêter ?)

Aujourd’hui
Les Comités d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) sont chargés de la prévention et la protection de la santé et la sécurité des salarié-es. Leurs activités, et notamment les expertises qu’ils conduisent sont financées par l’employeur. Ils peuvent poursuivre l’entreprise en justice en cas d’atteintes à la santé et à la sécurité des salarie.e.s. Le Medef cherche à le faire disparaitre depuis… sa création !

Demain
Les ordonnances prévoient que les CHSCT seront fusionnés avec les Comités d’Entreprise et les Délégués du Personnel dans une instance unique. Cette nouvelle instance aura seulement pour mission de « promouvoir » la santé (au lieu de prévenir et de protéger). Les expertises sur les risques en matière de santé et sécurité (risques industriels, violences sexuelles, burn out, harcèlement…) seront pour partie financées avec l’argent des salarié-es, sur le budget du CSE, ce qui limitera ainsi considérablement sa capacité d’action. Sans élu-es spécialisé-es ni instance dédié-e, les questions de santé et de sécurité seront reléguées au 2e plan et risquent tout simplement de disparaitre des radars. Quand la France brille en Europe par le triste record de 565 morts et 100 000 burn out chaque année, c’est vrai qu’il n’y a pas besoin d’instance de prévention et de protection… C’est la raison pour laquelle tous les syndicats défendent le #CHSCT

 

Lire les autres analyses sur les ordonnances à venir :

Les télétravailleurs corvéables à merci ; L’opacité sur les orientations stratégiques  Fin du droit d’expertise ; Disparition de la négociation sur l’égalité Femmes/Hommes ; La négociation annuelle sur les salaires… tous les 4 ans ? ; Suppression du contrôle du juge sur les accords d’entreprise ; Plus de limitation du temps de travail des télétravailleurs, …

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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sam., 16/09/2017

Spectacle « To burn or not » à Saint Ouen le 14 octobre / Théâtre la Cité / Mains d’Oeuvre

Tragi-comédie sur le monde du travail précédée d’une conférence de Bernard STIEGLER.

Ils sont enseignant, chômeur, au RSA, ancien urbaniste, artiste, journaliste, éducateur spécialisé, cadre supérieur. Pendant 4 ans, ils ont participé à un atelier dirigé par Michel André sur le monde du travail et ses métamorphoses. Chacun a mis en jeu et en pensée sa propre expérience au travail. Ce spectacle est né de cet espace de création et de recherche partagée.

Spectacle précédé d’une conférence de Bernard Stiegler à 18h sur l’évolution du monde du travail. Enseignant également en Chine, Bernard Stiegler évoquera également la vision des chinois sur les questions de travail et d’humain dans le travail.

Date : Samedi 14 octobre à 20h à Mains d’œuvres (93 St Ouen) – 1 Rue Charles Garnier, 93400 Saint-Ouen

Tarifs :

  • Conférence + pièce : 13 € (tarif plein) et 10 € (tarif réduit).
  • 6 € tarif groupes +6 personnes, écoles, facs partenaires.

Informations pratiques (transports, plan) + Réservation : http://www.mainsdoeuvres.org/-Pratique-.html

Pour en savoir plus : http://www.mainsdoeuvres.org/To-burn-or-not.html

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 08/09/2017

BELGIQUE : des coachs obligatoires pour s’attaquer au burn-out

Le gouvernement fédéral a annoncé son intention de lutter contre le burn-out avec deux mesures phares.

La première consiste à introduire la notion de « droit à la déconnexion » dans les conventions collectives de travail. Comprenez : négocier des règles claires pour que le boulot ne vienne plus trop contaminer la vie privée des travailleurs via les nouvelles technologies.

La seconde disposition, pour le moins originale, vise à contraindre les entreprises de plus de 100 personnes à recourir aux services d’une plateforme de coachs formés et spécialisés en prévention du stress et du burn-out. Bien décidé à fondre ce dispositif dans une loi dès la rentrée, Kris Peeters, ministre fédéral de l’Emploi, indique que ces experts triés sur le volet devront travailler main dans la main avec les structures existantes dans les entreprises (comités et services pour la prévention et la protection au travail, conseillers en prévention).

Ils procéderont à une analyse du risque avant de déterminer, le cas échéant et au cas par cas, comment remédier aux sources du stress et du burn-out qui plombent les finances des entreprises et de la sécurité sociale.

Via le site Eurogip Infos

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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