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sam., 28/10/2017

#BalanceTonPorc à l’inspection du travail… ou pas ?

Lettre ouverte (et annexes) de l’intersyndicale SUD TAS – CGT TEFP – CNT TAS du Ministère du travail à Mmes Pénicaud et Schiappa

Cette lettre ouverte et ses annexes abordent les sujets suivants :

  • L’absence de volonté politique et de moyens pour intervenir sur les questions de harcèlements et agressions sexuelles.
  • La mascarade des campagnes pendant que les effectifs fondent.
  • La complaisance du ministère avec les agresseurs dans les cas de signalements par les agentes, en interne.

Télécharger les documents sur le site www.solidaires.org

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 27/10/2017

De la domination masculine – La lutte féministe au cœur des combats politiques. Par Pierre Bourdieu

La domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l’apercevons plus, tellement accordée à nos attentes que nous avons du mal à la remettre en question.

Plus que jamais, il est indispensable de dissoudre les évidences et d’explorer les structures symboliques de l’inconscient androcentrique qui survit chez les hommes et chez les femmes. Quels sont les mécanismes et les institutions qui accomplissent le travail de reproduction de l’« éternel masculin » ? Est-il possible de les neutraliser pour libérer les forces de changement qu’ils parviennent à entraver ?

Je ne me serais sans doute pas affronté à un sujet aussi difficile si je n’y avais pas été entraîné par toute la logique de ma recherche (1). Je n’ai jamais cessé, en effet, de m’étonner devant ce que l’on pourrait appeler le paradoxe de la doxa (2) : le fait que l’ordre du monde tel qu’il est, avec ses sens uniques et ses sens interdits, au sens propre ou au sens figuré, ses obligations et ses sanctions, soit grosso modo respecté, qu’il n’y ait pas davantage de transgressions ou de subversions, de délits et de « folies » (il suffit de penser à l’extraordinaire accord de milliers de dispositions — ou de volontés — que supposent cinq minutes de circulation automobile sur la place de la Bastille ou sur celle de la Concorde, à Paris). Ou, plus surprenant encore, que l’ordre établi, avec ses rapports de domination, ses droits et ses passe-droits, ses privilèges et ses injustices, se perpétue en définitive aussi facilement, mis à part quelques accidents historiques, et que les conditions d’existence les plus intolérables puissent si souvent apparaître comme acceptables et même naturelles.

Et j’ai aussi toujours vu dans la domination masculine, et dans la manière dont elle est imposée et subie, l’exemple par excellence de cette soumission paradoxale, effet de ce que j’appelle la violence symbolique, violence douce, insensible, invisible pour ses victimes mêmes, qui s’exerce pour l’essentiel par les voies purement symboliques de la communication et de la connaissance — ou, plus précisément, de la méconnaissance, de la reconnaissance ou, à la limite, du sentiment.

Cette relation sociale extraordinairement ordinaire offre ainsi une occasion privilégiée de saisir la logique de la domination exercée au nom d’un principe symbolique connu et reconnu par le dominant comme par le dominé, une langue (ou une prononciation), un style de vie (ou une manière de penser, de parler ou d’agir) et, plus généralement, une propriété distinctive, emblème ou stigmate, dont la plus efficiente symboliquement est cette propriété corporelle parfaitement arbitraire et non prédictive qu’est la couleur de la peau.

On voit bien qu’en ces matières il s’agit avant tout de restituer à la doxa son caractère paradoxal en même temps que de démonter les mécanismes qui sont responsables de la transformation de l’histoire en nature, de l’arbitraire culturel en naturel. Et, pour ce faire, d’être en mesure de prendre, sur notre propre univers et notre propre vision du monde, le point de vue de l’anthropologue capable à la fois de rendre au principe de vision et de division (nomos) qui fonde la différence entre le masculin et le féminin telle que nous la (mé)connaissons, son caractère arbitraire, contingent, et aussi, simultanément, sa nécessité sociologique.

Ce n’est pas par hasard que, lorsqu’elle veut mettre en suspens ce qu’elle appelle magnifiquement « le pouvoir hypnotique de la domination », Virginia Woolf (3) s’arme d’une analogie ethnographique, rattachant génétiquement la ségrégation des femmes aux rituels d’une société archaïque : « Inévitablement, nous considérons la société comme un lieu de conspiration qui engloutit le frère que beaucoup d’entre nous ont des raisons de respecter dans la vie privée, et qui impose à sa place un mâle monstrueux, à la voix tonitruante, au poing dur, qui, d’une façon puérile, inscrit dans le sol des signes à la craie, ces lignes de démarcation mystiques entre lesquelles sont fixés, rigides, séparés, artificiels, les êtres humains. Ces lieux où, paré d’or et de pourpre, décoré de plumes comme un sauvage, il poursuit ses rites mystiques et jouit des plaisirs suspects du pouvoir et de la domination, tandis que nous, “ses” femmes, nous sommes enfermées dans la maison de famille sans qu’il nous soit permis de participer à aucune des nombreuses sociétés dont est composée sa société (4). »

« Lignes de démarcation mystiques », « rites mystiques », ce langage, celui de la transfiguration magique et de la conversion symbolique que produit la consécration rituelle, principe d’une nouvelle naissance, encourage à diriger la recherche vers une approche capable d’appréhender la dimension proprement symbolique de la domination masculine.

Lire la suite sur le site du Monde Diplomatique >>>

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(1) Faute de savoir clairement si des remerciements nominaux seraient bénéfiques ou maléfiques pour ceux et celles à qui j’aimerais les adresser, je me contenterai de dire ici ma profonde gratitude pour ceux et surtout celles qui m’ont apporté des témoignages, des documents, des références scientifiques, des idées, et mon espoir que ce travail sera digne, notamment dans ses effets, de la confiance et des attentes qu’ils ou elles ont mises en lui.

(2) NDLR : La doxa est l’ensemble des croyances ou des pratiques sociales qui sont considérées comme normales, comme allant de soi, ne devant pas faire l’objet de remise en question.

(3) NDLR : Virginia Woolf (1882-1941), romancière et théoricienne anglaise, auteure, en particulier, de Mrs Dalloway (1925), La Promenade au phare (1927) et Orlando (1928).

(4) Virginia Woolf, Trois guinées, traduit par Viviane Forrester, éditions Des femmes, Paris, 1977, p. 200.

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 24/10/2017

16 novembre 2017 – Harcèlement sexuel au travail : de quoi on parle ? Comment se défendre ?

Café Citoyen Santé et Travail avec Marilyn Baldeck et Maud Beckers

En 2017, comment définit-on le harcèlement sexuel au travail ?

En France aujourd’hui, 80 % des femmes âgées de 25 à 49 ans sont actives. Les femmes représentent presque la moitié des actifs et sont désormais plus diplômées que les hommes.
Elles y sont aussi la cible de nombreuses violences (harcèlement sexuel, agression sexuelle, viol, sexisme ordinaire, discrimination au salaire…).

Une femme en difficulté au travail convoquera toujours sa responsabilité personnelle dans ce qui lui arrive et on le lui fera sentir qu’elle aurait dû se mettre en valeur, mais discrètement s’affirmer, mais gentiment réclamer, mais avec le sourire, imposer par la conviction, donner des ordres, mais sans s’imposer, être gentille mais pas trop, sourire mais sans séduire, être coquette sans allumer, être à l’écoute sans créer trop d’intimité…

Marilyn Baldeck (Association contre les violences faites aux femmes au travail) et Maude Beckers, avocate, vont vous proposer des définitions, des actions, des soutiens, des conseils de constructions de dossiers et de l’aide.

Informations pratiques et conditions d’entrée :

  • Lieu : café/restaurant Le Balbuzard, 54 rue rené Boulanger, 75010 Paris, métro République
  • Heure : de 20h à 21h30.
  • Participation : 10 € (consommation non comprise) à verser le soir de la conférence.
  • Inscription obligatoire à l’adresse : cafe.sante.travail@gmail.com

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 13/06/2017

Kit pour agir contre le sexisme. Trois outils pour le monde du travail

Le sexisme au travail est plus que jamais d’actualité.

83% des femmes non-cadres estiment que les réflexions et attitudes sexistes ou le fait de travailler dans un environnement de travail sexiste peut avoir des effets sur le travail et sur la santé, selon une enquête réalisée par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP).

Pensé par Le Conseil Supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, ce kit pour agir contre le sexisme est composé de trois outils pour le monde du travail.

La première fiche est une fiche juridique sur l’agissement sexiste.
La seconde fiche, elle aussi sur l’agissement sexiste, se compose de plusieurs fiches repères.
Quant à la dernière elle se tourne vers le sexiste au travail avec 10 leviers pour que l’entreprise puisse agir.

Dans chaque partie sont mis en avant des définitions, afin de pouvoir aborder ce qu’est l’agissement sexiste, ainsi que des exemples d’agissements sexistes et des conseils.

L’agissement sexiste dans le monde du travail – Fiche juridique

Pour la première fois, le mot SEXISME entre dans le code du travail avec une nouvelle disposition spécifique, « l’agissement sexiste ». Les manifestations du sexisme au travail sont multiformes, elles peuvent être ressenties de façon différente par les personnes qui en sont victimes et peuvent avoir des répercussions sur la vie professionnelle des salarié.e.s.
Alors qu’un certain nombre d’actes et de comportements fondés sur le sexe (discrimination à raison du sexe, injures à raison du sexe) ou à connotation sexuelle (harcèlement sexuel, etc.) rappelés dans l’annexe du guide sont déjà visés par la loi, ce qu’on appelle le « sexisme ordinaire » a récemment fait l’objet d’une disposition spécifique dans le code du travail portant sur l’interdiction de « tout agissement sexiste », à l’occasion de la loi du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l’emploi. La loi du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels a renforcé ces dispositions.
Employeurs.euses, DRH, représentant.e.s syndicaux.ales, salarié.e.s, cette fiche pratique réalisée par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP), vous présente cette nouvelle législation et les outils pour agir au sein de votre entreprise.

L’agissement sexiste dans le monde du travail – Fiches repères

À destination des employeurs, RH, délégué.e.s du personnel, délégué.e.s syndicaux.ales et des victimes, ces fiches répondent, pour chacune des catégories mentionnées, à la question « Que faire » en cas d’agissement sexiste.

Sexisme au travail – Dix leviers pour l’entreprise

La disposition concernant l’agissement sexiste a été intégrée dans notre droit du travail en 2015. L’heure est venue de lui donner sa pleine mesure au sein des organisations de travail en actionnant un certain nombre de leviers d’action. L’entreprise a, en effet, la responsabilité d’offrir un cadre de travail favorisant le bien vivre ensemble et reposant sur le respect mutuel entre ses membres et une culture exempte de sexisme.
Les attitudes et comportements sexistes tels que définis à l’article L. 1142-2-1 du code du travail, communément appelés «sexisme ordinaire», ont des répercussions directes à la fois sur le bien-être au travail des salarié.e.s et sur leur sentiment de compétence et de légitimité.
Les femmes y sont plus souvent confrontées que les hommes. 80% des femmes cadres et 74% des femmes non cadres salariées considèrent que, dans le monde du travail, les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou comportements sexistes (Enquêtes CSEP sur « Les relations de travail entre les femmes et les hommes » novembre 2013 et novembre
2016). Le sexisme conduit les femmes à adopter des stratégies d’évitement, voire de retrait, et nuit à la performance de l’entreprise et de ses salarié.e.s.

Télécharger le « Kit pour agir contre le sexisme »

KIT POUR AGIR CONTRE LE SEXISME TROIS OUTILS POUR LE MONDE DU TRAVAIL

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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