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mer., 03/01/2018

Café Citoyen Santé et Travail : « Le silence des hommes derrière le bruit des machines » avec Jean AUROUX

Rencontre le 16 janvier 2018 avec Jean AUROUX, ministre du travail dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy.

Il est l’auteur d’un ensemble de textes connus sous le nom de Lois Auroux, qui ont profondément transformé le droit du travail.

En 1982, ces lois ont donné plus de poids aux salariés dans l’entreprise en créant une nouvelle instance de représentation, le CHSCT (Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail), le droit de retrait, le droit d’expression…
Une parole donnée aux travailleurs que la nouvelle réforme veut étouffer.

« Supprimer le CHSCT est une erreur fondamentale »

C’est au regard de cette immense expérience que Jean AUROUX met en cause une fragilisation du contrat de travail à travers les nouvelles mesures sur les contrats de mission, de chantier, de projet, et la généralisation de l’instance unique de représentation du personnel : « La fusion des IRP (instances représentatives du personnel) est une grave erreur, dit Jean Auroux. Le gouvernement met de côté le CHSCT (Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail) qui est pourtant l’une des institutions les plus dynamiques de France. Dans le cadre d’une société qui évolue toujours plus vite, se priver d’un tel atout, avec des élus devenus avec le temps très compétents, est une erreur fondamentale. Au lieu de soutenir le travail, on l’affaiblit et on favorise le capital. C’est l’affaiblissement de la démocratie, qui pour moi est le partage du savoir, de l’avoir et du pouvoir. »

Le 16 janvier 2018, les Cafés Citoyens Santé et Travail donneront donc la parole à Jean AUROUX afin d’évoquer ce droit du travail que l’on voit « évoluer » – régresser – à grande vitesse ces dernières années, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les conditions de travail et la santé de millions de salariés et de fonctionnaires en France. N’oublions pas que le CHSCT, instance représentative essentielle contenait, les termes « HYGIÈNE », « SÉCURITÉ » et « CONDITIONS DE TRAVAIL »… Supprimer les CHSCT : une erreur fondamentale !

Ce Café Citoyen Santé et Travail sera également pour le public l’occasion d’échanger avec l’ancien ministre, de lui poser des questions, voire de témoigner sur les évolutions du monde du travail depuis plus de 30 ans…

Informations pratiques et conditions d’entrée :

Date : mardi 16 janvier 2018.
Heure : de 20h à 21h30.
Lieu : café/restaurant Le Balbuzard, 54 rue rené Boulanger, 75010 Paris, métro République
Participation : 10 € (consommation non comprise) à verser le soir de la conférence.
Inscription obligatoire à l’adresse : cafe.sante.travail@gmail.com

Café Santé et Travail avec Jean Auroux

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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jeu., 28/12/2017

Les conditions de travail des salariés restent préoccupantes

Le ministère du travail a dévoilé son étude sur les conditions de travail et les risques psychosociaux à partir d’un échantillon de 20 990 salariés représentatifs de l’ensemble des salariés du privé et du public. Les résultats sont en demi-teinte.

Une intensité du travail encore élevée, des pénibilités physiques toujours présentes, encore moins d’autonomie mais plus d’entraide dans le travail. Telles sont les grandes lignes de la sixième enquête sur l’évolution des conditions de travail de 1984 à 2016, réalisée par la Dares, le service statistique du ministère du travail (1), sur un échantillon de 20 990 salariés représentatifs de l’ensemble des salariés du privé et du public.

Un bilan plutôt négatif, alors qu’en septembre dernier, le Centre d’études de l’emploi et du travail classait la France parmi les trois pays de l’UE où les salariés sont les plus exposés à une dégradation de leurs conditions de travail.

Une pression au travail toujours présente

La pression sur le lieu de travail reste omniprésente pour une partie des salariés. Près d’un tiers d’entre eux déclare « travailler sous pression ». Différents facteurs peuvent l’expliquer?: presque la moitié des salariés déclare se dépêcher « toujours ou souvent » et « devoir penser à trop de choses à la fois », et plus d’un tiers subit au moins trois contraintes de rythme de travail. Par exemple, une « demande de clients obligeant une réponse immédiate », des « normes de production à satisfaire en une journée », un « contrôle ou suivi informatisé » et/ou des « contrôles réguliers de la hiérarchie »…

43 % des salariés déclarent « ne pas pouvoir quitter leur travail des yeux », presque trois fois plus qu’en 1984. Le travail en urgence continue également à augmenter, notamment chez les femmes, dont plus des deux tiers doivent fréquemment abandonner une tâche pour une autre plus urgente. Un quart des salariés dit tout simplement « craindre pour son emploi ».

Lire la suite sur le site La-croix.com

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 19/11/2017

Peut-on croire les palmarès des entreprises où il fait bon travailler ?

Dans le classement 2017 des entreprises où il fait bon travailler, Décathlon obtient le premier prix. Trop fière, l’entreprise en a même fait un clip. C’est une société privée Great place to work, qui a fait ce classement.

Première surprise, pour y figurer, les entreprises doivent payer. Décathlon a commencé par régler 20 000 euros à Great Place to work. Ensuite ce questionnaire est envoyé à tous les salariés. On leur demande si l’ambiance est conviviale ou encore si le travail est rémunéré à sa juste valeur.

Mais quelle est la valeur de ce sondage ?

Seuls, 40% des salariés ont répondu. Dans une note interne que nous nous sommes procurée. Decahtlon avoue que ce taux de réponse pour un sondage, n’est pas assez significatif : “De 30 à 60%, les résultats ne sont pas une vitrine parfaite de la réalité ». Pour finir, l’entreprise constitue, elle-même, un dossier sur ses bonnes pratiques. C’est un tiers de la note !

Pourquoi Decathlon a-t-elle besoin de figurer dans ce palmarès ?

Selon Sebastien Chauvin, syndicaliste à la CFDT, c’est « pour se donner une bonne image. Decathlon fait ça pour aussi compenser les départs liés au turn over. Il est de 20 à 30% en fonction de la catégorie employé ou cadre. Comment on voudrait quitter la première entreprise où il fait bon travailler ? ». Contactée, Decathlon reconnaît que l’enquête n’est pas parfaite, mais trouve les résultats encourageants.

Deuxième sur le podium : McDonald’s. Le bien-être au travail, chez Mcdo ? Depuis un an, ce n’est pas vraiment ce qui fait la une de l’actualité. Nous avons recensé 13 Mcdo où des salariés se sont mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail. Il y a quelques jours, c’était à Paris. Parmi les manifestants, une responsable des ressources humaines, qui souhaite rester anonyme : “Travailler à temps partiel, pour moins d’un smic, c’est très compliqué. Il faut savoir que nos salariés vivent avec 700 ou 800 euros par mois.”

Alors comment McDonald’s a-t-elle obtenu la deuxième place de ce classement ? Qui a répondu à ce questionnaire ? Mcdo n’a pas envoyé le questionnaire à ses 70 000 salariés, mais seulement à 2000, sélectionnés de façon aléatoire. C’est écrit dans un document interne que nous nous sommes procuré.

Même l’entreprise qui réalise l’enquête avoue que ce n’est pas la meilleure méthode : “Notre recommandation, c’est d’interroger tout le monde (…) comme ça vous avez une vision beaucoup plus complète”, confie un responsable de la presse de Great Place to Work.

McDonalds affirme ne pas être surpris par sa deuxième place au classement. Quant aux grèves sur les conditions de travail, nous aussi, nous avons envoyé un questionnaire à Mcdo. Pas de réponse, on reste sur notre faim !

Via France Info – L’Oeil du 20 heures

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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lun., 13/11/2017

Quantité de Violence au Travail

Si la violence est bien présente dans notre monde du travail, c’est sous une forme discrète et policée. Le devoir d’obéissance et de loyauté inconditionnel rend caduque l’exercice même d’une pensée personnelle qui n’a d’autre choix que de se réfugier dans l’intimité ou alimenter une réflexion que les formes nouvelles d’échange contribuent à rendre publique.

Cet article vient faire écho à l’article du blog de Marie Pezé : Souffrance au travail : comment devenir une sentinelle de territoire

Je me suis formé à la psychodynamique du travail en 2012-13 ; j’y ai rencontré des personnes formidablement dévouées à une cause qui, comme le remarque Marie Pezé, fait l’objet d’atermoiements juridiques et d’atténuations sémantiques avec la fameuse QVT qui évacue la violence de l’analyse et de la réflexion des situations de travail collectives.

Nous pourrions tout aussi bien décliner autrement ce sigle à travers une Quantité de Violence au Travail bien plus heuristiquement adaptée à la réalité vécue par de nombreux salariés, cadres et non-cadres, « managers » et managés.

La violence est fondamentale (J. Bergeret), consubstantielle à la qualité d’être vivant à fortiori humain : elle est brutale par essence parce que alimentée par des sentiments archaïques, la peur, l’angoisse.

Elle ne s’apaise dans les liens avec les autres que lorsque les conditions de sécurité sont réunies, lorsque la crainte du risque d’agression et d’un possible effet de surprise peut être atténuée.

L’insécurité subjective décrite par Marie Pezé, la mise en concurrence, la pression au résultat, la pression subjective à la soumission, la réquisition de l’obéissance (je recommande à ce propos, l’ouvrage de Frédéric GROS, Désobéir), la police de la pensée et de l’opinion de ces organisations totalitaires (« barbarie douce » bien décrite par Jean-Pierre Le Goff), tous ces facteurs contribuent à produire une forme nouvelle de violence, élaborée, pensée, articulée, planifiée, calibrée, individualisée, ciblée dont le seul but consiste à étouffer tout écart à une norme managériale asservie à une vision mortifère de l’économie, une économie de production d’objet et de service obsédée par la recherche de plus-value.

Cette recherche obsessionnelle affecte tous les secteurs économiques (je recommande le livre de L. Boltanski et A. Esquerre, Enrichissement : une critique de la marchandise) ; témoignage probable d’une peur de l’après, collective et individuelle, d’une angoisse de l’effacement subjectif qui trouve dans la marge, dans la plus-value, la possibilité de franchir les limites et de faire comme si il était possible de boucher le trou du « manque à être ».

Via le blog de Jean-François Coffin, psychologue, sur le site de Médiapart

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 12/11/2017

Congrès « Travail, santé et usages de psychotropes » (TSUP 2017)

Liens entre le travail et les usages de psychotropes : si on en parlait ?

Les usages de psychotropes se transforment : nouveaux consommateurs, nouveaux produits, nouvelles prescriptions, nouvelles fonctions… Conséquence : les interventions de prévention en milieu professionnel ne peuvent se développer efficacement sans s’enrichir de connaissances actualisées.

Ce congrès entend apporter un nouvel éclairage sur les liens entre l’organisation du travail et les usages de psychotropes.
Il contribuera à établir et à discuter de l’éventuel sens professionnel de ces consommations et de la nécessité d’en tenir compte en prévention.

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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jeu., 09/11/2017

La France, troisième pays européen où les conditions de travail se sont le plus dégradées

La France figure parmi les trois pays de l’Europe des 15 où les conditions de travail se sont le plus dégradées entre 1995 et 2015.

Elle occupe même la troisième place, la Grèce, sans surprise, la première, et l’Espagne la seconde. Ces résultats sont issus d’une étude européenne sur les conditions de travail, l’EWCS (European Working Conditions Survey), le Centre d’études de l’emploi et du travail, publiée le 26 septembre et concernant les quinze pays constituant l’Union européenne en 1995.

« Dégradation lente mais persistante »

Cette étude, réalisée tous les ans par le Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET), fait apparaître « dans le cas particulier de la France, une dégradation lente mais persistante des conditions de travail, engendrant ainsi une vulnérabilité face aux risques liés au travail supérieure à la médiane européenne », la « vulnérabilité » étant « le degré d’exposition des travailleurs à des risques cumulés sur le lieu de travail, ayant des effets néfastes pour le bien-être et la santé ». Elle est calculée grâce à un indicateur intégrant des données sur notamment l’environnement et l’organisation du travail. Sans surprise, les auteurs de cette étude, intitulée « Mesurer la vulnérabilité à la dégradation des conditions de travail dans les pays européens », constate qu’en règle générale pour les 15 pays européens concernés les plus vulnérables sont les plus jeunes (moins de 25 ans) et les plus âgés (plus de 55 ans), les travailleurs indépendants et « ceux pourvus de contrats de travail à durée déterminée », ainsi que « les travailleurs non ou faiblement qualifiés, travaillant dans le secteur privé au sein de petites entreprises ». Il ne vaut mieux pas cumuler.

Via le site force-ouvriere.fr

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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jeu., 02/11/2017

Permanence conditions de travail et santé

A partir du vendredi 6 janvier 2017, une permanence est ouverte aux travailleuses et travailleurs de tous statuts le premier vendredi de chaque mois de 17h30 à 20h30 à la Bourse du travail de Paris.

Une permanence ouverte aux travailleuses et travailleurs fonctionnaires, en CDI, en CDD, apprenti-e-s, intérimaires, sous-traitant-e-s, intermittents qui subissent :

  • des travaux dangereux, des produits chimiques toxiques, des charges trop lourdes, des tâches répétitives sous cadence, des travaux de nuit injustifiés…
  • Une surcharge de travail, des objectifs impossibles, la pression du temps, la pression du résultat…
  • L’impossibilité de changer les délais fixés, d’augmenter les moyens, de bien faire le travail selon les règles du métier…
  • Une surveillance permanente, une pression pour ne pas déclarer les accidents du travail, ne pas déclarer les heures supplémentaires, ne pas dire les problèmes…

Une permanence initiée par…

  • Des membres du Collectif pour la santé des travailleuses et travailleurs issu de l’appel de janvier 2015 « Pour ne plus perdre sa vie à la gagner »
  • Pour plus d’informations : http://neplusperdresaviealagagner.org/

Une permanence tenue par…

  • Des travailleuses et travailleurs
  • Des militant-e-s syndicaux
  • Des médecins du travail
  • Des salarié-e-s de l’inspection du travail
  • Des professionnel-le-s du droit
  • Des expert-e-s CHSCT

Une permanence pour…

  • Rendre aux travailleuses et travailleurs la possibilité d’agir
  • Orienter vers les lieux, collectifs et personnes ressources
  • Permettre à chacun-e de connaître ses droits
  • Sortir de l’isolement
  • Partager des expériences, des techniques et des pratiques
  • Construire des réponses ensemble et non donner des recettes
  • Organiser une résistance collective à ce qui rend les individus malades
  • Faire le lien entre atteintes à la santé et organisation du travail

Une permanence pour trouver ensemble les moyens de se défendre !

Permanence conditions de travail et santé

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 15/10/2017

Conditions de travail – La commande vocale, machine à casser les salariés

Un sérieux accroissement des risques pour la santé des salariés. C’est le bilan que l’on peut tirer de l’accentuation des exigences de productivité et des innovations technologiques qui ont accompagné le développement rapide des plates-formes logistiques.

L’aspect le plus manifeste de cette dégradation des conditions de travail concerne les atteintes de l’appareil locomoteur, en lien avec l’activité de manutention. Dans les plates-formes, le travail des préparateurs de commandes combine des tâches de « dépalettisation » – prélever des produits en stock – et de « repalettisation » – construire une palette qui correspond à la commande du client. La hauteur de prise et de dépose des colis varie du niveau de la palette, posée au sol, jusqu’à 1,80 m.

L’intensité de ce travail a augmenté avec l’introduction de systèmes de guidage par reconnaissance vocale, ou voice picking en anglais : un ordinateur dicte au préparateur les actions qu’il doit effectuer. Ces systèmes visent à « libérer » les mains du préparateur, en le déchargeant de tâches de gestion qu’il assurait antérieurement. Résultat : la part de manutention dans l’activité et le nombre de colis manipulés par heure ont augmenté. L’usage de primes individuelles de productivité contribue aussi à cette accélération. Les préparateurs manipulent communément 200 colis par heure et certains montent à 300, voire plus.

« Ça casse de ramasser en bas »

Une telle gymnastique exerce des contraintes majeures sur les régions lombaires et sur les membres supérieurs. Lorsque le corps est penché vers l’avant, la partie antérieure de la colonne – les corps vertébraux et disques intervertébraux – subit des pressions très importantes, qui dépendent du poids de l’objet. Par ailleurs, y compris pour des objets légers, les forces exercées sur les disques lombaires sont considérables si l’objet est ramassé loin en avant. « Ça casse de ramasser en bas, surtout quand c’est au fond », comme l’expriment les préparateurs.

Le fait de devoir prendre ou déposer en hauteur impose, au contraire, une accentuation de la courbure lombaire et une augmentation de la pression sur la partie postérieure de la colonne – les petites articulations interapophysaires postérieures. Enfin, les mouvements de rotation du tronc pour assurer les transferts ont un effet négatif sur les structures antérieures et postérieures. Ils exercent sur le disque intervertébral des forces de cisaillement et traumatisent les apophyses postérieures qui tendent à limiter les mouvements de rotation. L’usure de ces régions du corps se traduit par toute une gamme de phénomènes douloureux, dont la plus grande partie échappe à la prise en charge en maladie professionnelle.

Lire l’intégralité de l’article sur le site Alternatives économiques >>>

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 06/10/2017

Dégradation des conditions de travail : les salariés français très exposés

Les travailleurs de trois pays européens, la Grèce, l’Espagne et la France, apparaissent comme les plus exposés à une dégradation de leurs conditions de travail, selon une étude comparative du Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) transmise mardi (26 septembre 2017).

Dans le cas de la France, « nos résultats montrent une dégradation lente mais persistante des conditions de travail, engendrant ainsi une vulnérabilité face aux risques liés au travail supérieure à la médiane européenne », avec un risque « plus prononcé pour les hommes que pour les femmes », expliquent les auteurs du document.

Accumulation de risques. La vulnérabilité est définie « comme le degré d’exposition des travailleurs à des risques cumulés sur le lieu de travail, ayant des effets néfastes pour le bien-être et la santé ». Elle est calculée par le CEET sur la base d’un indicateur agrégeant des facteurs liés à l’environnement de travail, au contenu et à l’organisation du travail, alimenté par des données des cinq dernières éditions de l’enquête européenne sur les conditions de travail (EWCS).

Les pays nordiques mieux lotis. Dans trois pays (Grèce, Espagne et France), la probabilité ainsi mesurée dépasse largement la moyenne entre 1995 et 2015. Elle est également importante au Portugal, en Italie, au Royaume-Uni et en Finlande. Au contraire, les pays nordiques, à l’exception de la Finlande, ainsi qu’une grande majorité des pays d’Europe centrale se distinguent par de meilleures conditions de travail et par une moindre vulnérabilité de leurs travailleurs, souligne l’étude.

Jeunes et seniors plus vulnérables. Outre le sexe, la probabilité de connaître des conditions de travail dégradées varie « considérablement par tranche d’âges » et est, en moyenne, plus élevée pour les moins de 25 ans et les plus de 55 ans. D’autres variables sont le type d’emploi et le niveau de qualification.

Via Europe 1 >>>

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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lun., 02/10/2017

TÉLÉVISION – « Burning Out, dans le ventre de l’hôpital » – Mardi 3 octobre 20h50 – Arte

Au bloc opératoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, le « burn out » menace à tous les échelons. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, le réalisateur Jérôme le Maire a su capter le mal-être général des soignants.

Le réalisateur Jérôme le Maire a passé deux ans au sein de la très réputée unité chirurgicale de l’hôpital Saint-Louis, l’un des grands établissements parisiens. Pendant un an, sans filmer, il s’est familiarisé avec l’ensemble du personnel qui travaille à flux tendu dans les quatorze salles d’opération du bloc, chacune accueillant huit à dix interventions par jour au fil d’une organisation très complexe. Il a ensuite tourné seul, toute une année, au cœur de ce collectif professionnel chevronné, qui tient chaque jour entre ses mains la vie et la mort des patients. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, il capte un mal-être général qui, des aides-soignantes aux chirurgiens, « déborde, déborde, déborde », comme le planning que les gestionnaires du service n’ont de cesse de vouloir « optimiser ». Entre deux prises de bec, les protagonistes confient leurs états d’âme ou leurs réflexions et s’accordent à reconnaître, en dépit de leurs différends, une commune origine à la pathologie qui les affecte tous. « Les conditions de travail se sont dégradées mais le travail, lui, ne doit pas se dégrader« . Car même si les patients semblent se réduire à la partie tranchée et recousue de leur anatomie, ces soignants n’oublient jamais la responsabilité extrême qui est la leur. La direction diligente alors un audit sur la qualité de vie au travail, qui se recentre bientôt sur l’analyse des « process » et de leur « efficience »…

Urgence

Cette fascinante tragi-comédie humaine dévoile au profane ce qu’il ne voit jamais d’ordinaire : la souffrance de ceux qui soignent, d’abord, mais aussi la réalité crue d’une salle d’opération, car le réalisateur y est accueilli comme un membre de la famille, devant qui on n’a pas besoin de cacher le linge sale. S’il pointe des causes maintes fois dénoncées par les syndicats – augmentation continue de la charge de travail, gestion technocratique imposée d’en haut, atomisation d’équipes autrefois soudées…–, Jérôme le Maire, en laissant s’exprimer des points de vue contradictoires, met aussi en évidence la complexité du problème. Ce portrait intensément vivant d’un hôpital au bord de la crise de nerfs se veut plus largement la métaphore d’un monde du travail ravagé par la perte de sens et désormais en état d’urgence, selon le livre de Pascal Chabot qui l’a inspiré, « Global burn-out ».

Mardi 3 octobre – 20h50 sur Arte >>>

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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