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mer., 18/10/2017

Léger recadrage des plaintes d’employeurs contre les médecins

Le Conseil d’État vient de rejeter le recours déposé par plusieurs organisations contre les plaintes d’employeurs auprès du Conseil de l’ordre à l’égard de médecins attestant du lien entre santé et travail. Mais il conditionne davantage le dépôt de plainte.

Les professionnels de santé qui rédigent des attestations faisant le lien entre la pathologie d’un patient et ses conditions de travail sont de plus en plus souvent confrontés à des plaintes d’employeurs auprès des instances ordinales. Le 11 octobre dernier, le Conseil d’État n’en a pas moins rejeté le recours déposé sur le sujet par plusieurs associations et syndicats (ASMT, ASD-Pro, SMG, SMTIEG-CGT, Ugict-CGT, Solidaires). Ces derniers souhaitaient obtenir la réécriture d’un article du Code de la santé publique, afin de limiter la possibilité pour un employeur de lancer une procédure disciplinaire contre un médecin devant le Conseil de l’ordre. En juillet 2016, l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve avait rejeté cette demande de modification et les organisations précitées avaient attaqué ce refus devant le Conseil d’État.

« Décision en demi-teinte »

Recours rejeté, donc. Mais il s’agit d’une « décision en demi-teinte », selon Me Jean-Louis Macouillard, l’avocat des requérants. Le Conseil d’État a en effet posé « un certain nombre de conditions pour que les requêtes des employeurs soient recevables » auprès du Conseil de l’ordre. L’employeur qui dépose une plainte devra ainsi la motiver explicitement, en démontrant qu’il est « lésé de manière suffisamment directe et certaine par un certificat ou une attestation », dit le communiqué du Conseil d’État. « Il faut prendre le temps de l’interprétation des termes “directe” et “certaine” », précise l’avocat.

Dans un autre communiqué, l’une des associations requérante, Santé et médecine du travail (SMT), évoque une « décision décevante » et la « pauvreté du raisonnement juridique » l’ayant motivé, avant d’émettre l’hypothèse d’un « recours devant une juridiction moins conformiste, celle de la Cour européenne des droits de l’homme, puisque précisément le secret médical et le droit à une défense équitable sont garantis par la constitution européenne ».

Doublement des plaintes entre 2011 et 2015

L’enjeu est important, car les plaintes d’employeurs progressent, comme le démontre une thèse en médecine, soutenue en mai dernier à l’université de Rennes 1. Ce travail de recherche a compilé les données disponibles sur les plaintes d’employeurs contre des médecins généralistes déposées entre 2011 et 2015 auprès des instances ordinales départementales et nationales et concernant des certificats en lien avec le monde du travail. Pour les 17 conseils de l’ordre départementaux ayant accepté de répondre à l’enquête, elles ont doublé, passant de 6,5 % à 13,5 % de l’ensemble des plaintes.

En extrapolant ces chiffres et selon des estimations réalisées par le Dr Dominique Huez, médecin du travail sanctionné suite à l’une de ces plaintes (et par ailleurs membre du comité de Santé & Travail), celles-ci atteindraient le nombre annuel de 400. Environ 200 généralistes, 100 médecins du travail et plusieurs psychiatres seraient ainsi convoqués chaque année en « conciliation ordinale », en l’absence du patient concerné mais en présence de l’employeur. Un quart d’entre eux seraient renvoyés en chambre disciplinaire, avec une condamnation en première instance dans 50 % des cas.

Suppression du lien santé-travail

« Pour les trois quarts, ces plaintes sont “conciliées” devant et par l’Ordre des médecins, et le médecin généraliste doit alors généralement supprimer le lien santé-travail de son écrit médical », dénonce le Dr Dominique Huez dans son blog sur le site Mediapart. Il y rappelle que 30 médecins comme lui se sont retrouvés ces cinq dernières années en appel devant la chambre nationale disciplinaire de l’Ordre des médecins.

Via le site www.sante-et-travail.fr

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 15/10/2017

Dis Doc, t’as ton Doc ? – L’auto-diagnostic et l’auto-médication, c’est pas bon !

En France, 80% des médecins n’ont pas de médecin traitant personnel.

Au prétexte, qu’on pourrait penser légitime, qu’ils seraient les mieux placés pour leur propre suivi, ils privilégient autodiagnostic et automédication ou recherchent trop souvent un conseil rapide, « entre deux portes »… parfois trop tard ! Ce constat alarmant a conduit la Commission SMART du CFAR à initier une campagne de sensibilisation durable auprès de l’ensemble des médecins exerçant en France.

Cette initiative inédite réunit aujourd’hui plus de 30 partenaires institutionnels. Dans leurs propres médias, au travers des réseaux sociaux ou par la prise d’initiatives locales, tous se sont engagés à la diffusion durable des messages d’incitation portés par 12 visuels de campagne représentatifs de la diversité des parcours professionnels et des modes d’exercice, libéral ou public.

Acteurs institutionnels ou praticiens, tous les acteurs de santé pourront durablement porter la campagne nationale « Dis, Doc’, t’as ton Doc’ ? » pour contrer la pratique et les effets néfastes de l’autodiagnostic, de l’automédication et des consultations trop tardives.

Télécharger les 12 visuels de la campagne >>>

Télécharger le communiqué de presse >>>

 Dis Doc, T'as ton Doc ? Campagne internationale pour changer le modèle culturel des médecins

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 10/09/2017

Séminaire de L’élan Retrouvé : Qui fait quoi et quand ? – Jeudi 14 septembre 2017

Le service de consultations de la Fondation l’Elan retrouvé reçoit depuis 2002 des personnes venant consulter pour des histoires difficiles au travail dans le cadre de l’Unité de psychothérapie et psychopathologie du travail.

Suite à la journée « Avec ou sans le travail ? » organisée en 2015, nous avons souhaité poursuivre nos réflexions sur l’intérêt de notre position et de nos places.
En effet, quelle est la légitimité d’une adresse spécifique pour la souffrance au travail ?
Ne participe-t-elle pas d’une psychologisation de questions sociales ?

La question de la causalité psychique et les notions de traumatisme et de trauma nous a permis de travailler et de réfléchir.
Si les programmes nationaux de prévention des risques psychosociaux (lutte contre les fameux « burn-out », « bore out ») sont largement médiatisés et généralisés, nos consultations accueillent des personnes toujours singulières et leur proposent un espace d’élaboration psychique et de soin qui se révèle précieux face à ce qui peut prendre la forme d’une décompensation psychotique, d’une dépression avec perte des idéaux, d’un épuisement professionnel, d’un questionnement existentiel ou d’un conflit éthique.

Cette journée a pour visée de transmettre nos expériences cliniques et institutionnelles sous la forme d’histoires cliniques où le repérage de « Qui fait quoi et quand ? » servira de fil.

Date : jeudi 14 septembre 2017 de 9h à 17h.
Lieu : Institut Paul Sivadon, 23 de la Rochefoucauld 75009 Paris.
Coordination : Dr Pascale Moins-Chareton, Médecin Psychiatre Chef de service, et Mme Irith Leker.

Intervenant.e.s

  • Chantal BUIGUÉS, Psychologue du travail
  • Danièle LINHART, Sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS
  • Dr Alain WENDLING, Psychiatre, praticien hospitalier
  • Irith LEKER, Psychologue clinicienne
  • Dr Pascale MOINS-CHARETON, Psychiatre

Informations Générales

  • Coût : 50 € pour le séminaire
  • Étudiants et chômeurs : 25 € pour le séminaire
  • Inscription auprès de :
    • Fondation l’Élan Retrouvé, 23 rue de la Rochefoucauld 75009 Paris
    • Mme Laure Boyer : 01 49 70 88 71 / laure.boyer@elan-retrouve.org
    • Site web : www.elan-retrouve.fr

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 23/08/2017

[QUÉBEC] Inquiétante détresse chez les médecins

(Québec) La détresse et les suicides ont augmenté chez les médecins depuis 2016, a appris Le Soleil. Une situation qui ne serait pas étrangère, sans être exclusive, aux récentes réformes qui ont bouleversé le réseau de la santé.

Après une année record en 2010, où il avait dénombré pas moins de cinq suicides, le Programme d’aide aux médecins du Québec (PAMQ) a noté entre 2011 et 2015 une diminution du nombre de médecins ayant mis fin à leurs jours (un à deux par année). En 2016, il a enregistré quatre suicides. Cette année, on lui en a déjà rapporté deux.

«Pour nous, c’est très préoccupant», s’inquiète la directrice générale du PAMQ, la Dre Anne Magnan, tout en précisant que les données fournies au Soleil ne représentent pas nécessairement le portrait exact, «mais bien seulement ce qui nous a été rapporté».

À Québec, un ophtalmologue de l’Hôpital du Saint-Sacrement s’est enlevé la vie en mai dernier sur les lieux de son travail. En 2016, l’Hôtel-Dieu de Lévis a été éprouvé par le suicide de deux médecins spécialistes et la tentative d’un autre, selon ce qu’il a été possible d’apprendre.

Le PAMQ a également noté une augmentation d’environ 40?% du nombre de médecins en détresse ayant recouru à ses services au cours de la dernière année. Les données complètes seront connues lors de la publication du rapport annuel du Programme, prévue pour septembre ou octobre, précise la Dre Magnan.

Tout en rappelant que les médecins se suicident davantage que le reste de la population et qu’il n’y a jamais de cause unique à un suicide, la directrice générale du PAMQ estime que l’organisation du travail peut être un facteur qui contribue à la détresse du corps médical. «On ne peut pas faire de lien direct entre les suicides et les réformes, mais on ne peut pas dire que c’est inexistant non plus», résume-t-elle.  

Selon la Dre Magnan, les médecins font «très souvent» allusion aux enjeux liés à l’organisation des soins lorsqu’ils consultent au PAMQ, ce qui n’était pas le cas avant.

«Ça ressort beaucoup. […] Vous savez, quand on choisit de travailler en santé, c’est pour aider. Quand un médecin a l’impression de ne pas donner des soins de qualité, ça peut engendrer une souffrance éthique. Il y a aussi la gestion de l’incertitude qui peut être difficile pour certains médecins. Ce qui se passe [dans le réseau] ne laisse pas les médecins indifférents, et certains vivent moins bien avec ça que d’autres», explique-t-elle.

La Dre Magnan cite l’exemple d’un médecin qui a récemment fait appel au PAMQ parce qu’il se sentait de plus en plus dépressif. «Le médecin était en détresse, mais il fonctionnait quand même bien au travail, à son détriment. Si un patient s’était présenté à lui dans le même état, il l’aurait mis en arrêt de travail, mais lui, il ne voulait pas arrêter tout de suite parce qu’il ne voulait pas faire souffrir son équipe déjà surchargée. Il a dit qu’il arrêterait quand il aurait des idées suicidaires. C’est la ligne qu’il s’était tracée», raconte la directrice générale du PAMQ.

Lire la suite sur le site Lapresse.ca

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 16/06/2017

66 % des futurs et jeunes médecins souffriraient d’anxiété

Selon une enquête de quatre syndicats d’étudiants en médecine, d’internes et de praticiens des hôpitaux, près de 28 % d’entre eux seraient atteints de troubles dépressifs, contre 10 % des Français.

« Il est temps que les jeunes médecins comprennent qu’ils sont aussi une population à risque en termes de souffrance au travail », commente Leslie Grichy, la vice-présidente chargée des questions sociales de l’Intersyndicat national des internes (ISNI), à l’occasion de la publication de l’enquête sur la santé mentale des jeunes et futurs médecins, mardi 13 juin. Selon cette étude réalisée par l’ISNI et par trois autres syndicats représentant les étudiants et internes de médecine, ainsi que des chefs de cliniques et assistants des hôpitaux, plus de 66 % des jeunes et futurs médecins souffriraient d’anxiété, contre 26 % de la population française. De même, ils seraient près de 28 % atteints de troubles dépressifs, contre 10 % des Français.

Dans le monde hospitalo-universitaire, beaucoup plus sensible depuis quelques années à la question des risques psychosociaux, sur fond de médiatisation des cas de suicide de praticiens et de la souffrance des personnels médicaux, ces résultats étonnent à peine. Si la représentativité de l’échantillon de ses répondants n’est pas assurée, « les taux de réponses sont relativement importants et les résultats cohérents avec d’autres études récentes, comme celle parue en 2016 dans le Journal of the American Medical Association », commente le professeur Patrick Hardy, coordinateur de la spécialité d’internat psychiatrie en Ile-de-France.

Quelque 22 000 futurs et jeunes médecins ont répondu au questionnaire – dont 20 % d’étudiants de deuxième année et de troisième année, 40 % d’externes et 35 % d’internes. Parmi eux, près de 24 % déclarent avoir déjà eu des « idées suicidaires », un chiffre supérieur de 10 points à celui du Conseil national de l’ordre des médecins dans son enquête sur la santé des jeunes médecins de juin 2016.

« Une population vulnérable »

Comment expliquer cette prévalence des troubles d’anxiété et de dépression chez les jeunes médecins ? Si la rencontre avec la réalité de la maladie, ainsi que la difficile préparation du concours d’internat à la fin de la sixième année, expliquent en partie les difficultés pour les plus jeunes étudiants et les externes, les internes sont, selon Patrick Hardy, « une population particulièrement vulnérable car ils passent bien souvent, en l’espace de vingt-quatre heures et sans préparation, du statut d’étudiant externe à celui d’interne quasi responsable de la vie ou de la mort des patients ». Le tout avec des horaires à rallonge, malgré un plafonnement théorique du temps de travail à l’hôpital (quarante-huit heures par semaine), souvent non respecté.

En plus de cette forte charge de travail, le fait de se sentir seul face aux difficultés, sans soutien des pairs ou de la hiérarchie, est le « facteur de risque qui ressort le plus de notre étude », commente Leslie Grichy. Pour les futurs et jeunes praticiens, la découverte de l’hôpital est encore souvent celle d’un monde où le médecin peut difficilement montrer un signe de faiblesse, « où ceux qui souffrent se taisent », craignant que cela fasse d’eux de mauvais médecins.

Face à cette situation, de plus en plus de praticiens appellent à un « changement culturel ». « C’est un métier où l’on apprend malheureusement dès les premières années à s’endurcir, à ne pas se plaindre, à mettre de côté sa propre santé, car c’est le malade avant tout… », rappelle le docteur Max-André Doppia.

Lire la suite ainsi que les liens vers d’autres articles très instructifs sur le site du Monde

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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jeu., 08/06/2017

Epuisement professionnel des médecins généralistes libéraux en France et conflit travail-famille, une revue de littérature

Les médecins généralistes, responsables de la mise en œuvre des programmes de prévention de la maladie et de promotion de la santé, occupent une place particulière dans le système de santé.

Consultés en premier recours, devant faire face à des exigences croissantes de la part des patients, isolés géographiquement, confrontés à une charge de travail élevée, le poids des responsabilités et des difficultés peut conduire à des effets néfastes pour leur santé et celle de leurs patients.

Dans un état de l’art sur l’exercice de la médecine générale en libéral en France centré sur le phénomène de l’épuisement professionnel et des suicides, l’article met en évidence les difficultés liées à l’articulation de la vie privée et la vie professionnelle. Les enjeux sont d’autant plus importants qu’ils s’inscrivent dans un contexte marqué par la désaffection des jeunes diplômés à vouloir s’installer en libéral et par une désertification médicale croissante.

Via le site hal.archives-ouvertes.fr

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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jeu., 04/05/2017

Pratiques N°77, avril 2017 : Tout le contraire !

Nombre d’entre nous ont la conviction que le monde tourne à l’envers, que beaucoup de dispositions dans l’organisation de la société sont contraires au bien-vivre ensemble, à l’équilibre et à la sérénité de la population, et augmentent les inégalités d’accès à l’essentiel.

Pratiques N°77 Tout le contraire !Dans la santé, les mesures d’austérité et l’idéologie qui les accompagne font disparaître une conception du soin qui permette d’accueillir et de soigner les personnes en tenant compte de leurs particularités, de leurs trajectoires et de leurs conditions d’existence.

D’autres injonctions, soutenues par des protocoles et autres dispositifs basés sur une idéologie scientiste du soin, font obstacle à tout ce qui relève de la clinique, de l’accompagnement des personnes souffrantes et de la complexité d’un exercice soignant qui ne peut que s’opposer à la standardisation.

La formation des soignants s’inscrit dans ce non-sens et déstabilise gravement ceux qui sont désireux de prendre soin de leurs semblables. C’est à partir de nos regards et expériences de soignants, de citoyens et de chercheurs que ce dossier « Tout le contraire ! » pose la question du sens, relaie les observations, analyses et propositions qui nous semblent mieux adaptées aux besoins des uns et aux compétences des autres, pour en dégager des alternatives concrètes.

À l’heure où nous constatons que le lien social se délite et que de plus en plus de personnes sont isolées, se développe une médecine garagiste qui se décharge de l’accompagnement et des soins aux personnes au profit d’une pratique de l’intervention technique, voire ambulatoire dont le seul intérêt est la productivité. La psychiatrie est sommée de s’aligner sur le même modèle scientiste et de produire des résultats à court terme alors que toute pathologie psychique requiert d’abord du temps et de l’attention de la part des soignants. Les préconisations des autorités tendent à disqualifier des décennies d’innovations sur le terrain.

Toute la richesse des savoirs et des expériences développés pour soigner les personnes atteintes de pathologies psychiques passe à la trappe de choix idéologiques ou partisans, en complet décalage avec les acteurs. Le traitement réservé aux réfugiés ajoute du traumatisme au traumatisme de l’exil.

Les conditions de vie au travail se sont considérablement aggravées, l’activité s’est densifiée alors que le chômage affecte de nombreuses personnes. La violence est de plus en plus présente à tous les échelons de la société, accentuant le sentiment d’inquiétude et d’isolement quand le besoin de créer du lien n’a jamais été aussi important. Nous ne sommes pas dans la nostalgie du passé mais nous n’avons pas envie d’un monde qui nous dépossède de notre humanité. Nous sommes décidés à poursuivre nos efforts de construction d’alternatives tant au niveau de la société que des politiques de santé ainsi que dans notre quotidien de soignants. C’est en jouant sur les marges que nous pouvons encore inventer des systèmes utiles et efficaces afin de continuer à soigner, vivre dignement et résister.

Pratiques, Les cahiers de la médecine utopique, n°77, avril 2017 >>>

 

Une rencontre-débat autour de ses auteurs aura lieu le vendredi 9 juin dans les locaux de Prescrire.
Elle sera  suivie d’un moment convivial autour d’un verre et d’une petite restauration…

Vous pouvez déjà le noter sur vos agendas !

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 03/03/2017

Travail et santé, passer de la plainte à l’offensive

Le n° 76 de Pratiques vient de paraître : « Santé et travail, passer de la plainte à l’offensive ».

Conserver sa santé tout en travaillant, prendre du plaisir en exerçant correctement son métier passe par un repositionnement des travailleurs et de tous ceux qui peuvent les aider à passer de la plainte à l’offensive. Alors que la médecine du travail est régulièrement attaquée par les employeurs, comment s’appuyer sur les principes et les lois qui régissent la sécurité au travail, qui garantissent la santé des personnes ?

Pratiques N°76 : Travail et santé, passer de la plainte à l’offensiveLes professionnels du soin sont confrontés à une véritable épidémie de problèmes de santé physiques et psychiques manifestement liés au travail et aux conditions dans lesquelles les travailleurs sont amenés à l’effectuer. Les soignants eux-mêmes rencontrent des difficultés inédites dans leur exercice, contraints par des dispositifs inadaptés qui, en les obligeant à bâcler leur travail, les démotivent, voire les rendent malades. En effet, les injonctions paradoxales ne manquent pas qui empêchent de faire ce qu’elles prescrivent comme, par exemple, écouter la plainte des patients tout en réduisant au maximum le temps que les soignants peuvent leur accorder.

Il apparaît donc comme une urgence, pour les personnes, pour la santé publique, pour la qualité et l’efficience des lieux de soins, pour l’intérêt du travail et pour qu’il bénéficie à la société, de reprendre en main nos destins de travailleurs.

Il est devenu indispensable de réaffirmer les contenus de nos métiers, de défendre les valeurs qui les sous-tendent, de redéfinir la qualité du travail bien fait. Pour cela, il faut revendiquer des conditions d’exercice qui laissent un peu de place à la créativité, qui soient respectueuses de la santé et de l’équilibre des personnes afin qu’elles retrouvent le plaisir d’un travail qui contribue à fonder leur identité de citoyens responsables.

Comment défendre ce qu’il reste de notre Code du travail contre le marché qui ne cesse de vouloir le contraindre pour réduire les droits ? Comment nous appuyer sur nos compétences et le sens de nos missions pour nous défendre du management dépersonnalisant qui prétend redéfinir des tâches qu’il ne connaît pas ? Comment redessiner un monde du travail constructif et revendiquer le rétablissement de conditions qui le permettent ?

Une rencontre-débat autour de ses auteurs aura lieu le vendredi 7 avril 2017. Elle sera suivie d’un moment convivial autour d’un verre et d’une petite restauration.

Pour se procurer ce numéro et assister à la rencontre : http://pratiques.fr

 

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mar., 17/01/2017

Burn-out. La colère d’un médecin breton

Installé à Brest depuis 1981, le Dr Paul, médecin généraliste, va bientôt partir à la retraite, sans avoir pu trouver un successeur. Avant, il veut témoigner des difficultés de la profession et tenter de faire bouger les choses, lui qui a vécu le choc de perdre son associé suite à un épuisement professionnel.

« Je suis en colère et je veux créer un électrochoc chez les médecins – il y en a beaucoup qui ne vont pas bien – mais aussi au niveau des politiques et de la population en témoignant sur la situation actuelle de la profession. Il faut casser le tabou et parler du suicide des médecins », témoigne le Dr Paul (1).

Trop de pressions

Dans son cabinet médical situé dans un quartier agréable de Brest, il est aujourd’hui seul : il ne pouvait plus assurer le salaire de la secrétaire qui a dû être licenciée. Et le jeune médecin de 35 ans venu collaborer quelques mois après le décès de son associé est lui aussi reparti. Avant l’été, il aura dévissé sa plaque et le cabinet médical, pourtant récent et aux normes pour l’accessibilité des personnes handicapées, devra trouver une autre destination. D’autres confrères brestois ont déjà mis la clef sous la porte sans suite. « Les jeunes médecins ne veulent plus s’installer, ils préfèrent faire des remplacements. Même à Brest, une ville universitaire ! Mais on ne parle jamais des raisons », ajoute le médecin qui a écrit des dizaines de courriers aux autorités de santé, sans réponse. « Seul le directeur de la CPAM du Finistère m’a reçu et écouté pendant une heure ». Et sur le traitement des médecins par l’assurance-maladie, il avait beaucoup à dire.

« La pression des caisses est de plus en plus pesante avec un objectif comptable scruté à la loupe et sanctionnable. Notre activité est analysée et comparée à la moyenne départementale, en matière d’arrêts de travail prescrits ou de patients sous statines… ». En début de carrière, le Dr Paul passait entre dix et quinze minutes avec chaque patient. « Quand il a fallu passer cinq minutes avec le patient et dix minutes avec les papiers à remplir, j’ai décidé de prendre 20 minutes par patient ». Sur la table d’examens il a étalé tous ces imprimés colorés de plus en plus nombreux qu’il lui faut remplir : certificats divers, ordonnances sécurisées, admission en maison de retraite, arrêts de travail…

« En 2013, j’étais moi-même au bord du burn-out et j’avais affiché dans la salle d’attente un texte où je parlais des 50 médecins qui se suicident chaque année en France, de la pression administrative, mais aussi de celle des patients, de leurs demandes urgentes non justifiées et de l’agressivité réservée souvent à la secrétaire ». Un texte qui se terminait par « Un médecin, si on veut être bien soigné, ça se respecte, mais si on lui met trop la pression, il peut aussi craquer ».

Lire la suite sur le site du Télégramme


(1) Le nom a été modifié pour respecter la volonté de discrétion de la veuve de son ancien associé.

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 13/01/2017

[Recherche] Prise en charge pluridisciplinaire des risques psychosociaux…

Prise en charge pluridisciplinaire des risques psychosociaux : un premier état des lieux auprès des médecins du travail, des inspecteurs du travail et des psychologues du travail.

Elsa Laneyrie et Aurélie Landry

Alors que le cadre législatif et réglementaire actuel tend à encourager les pratiques pluridisciplinaires et que les différents préventeurs se plaignent de charges de travail trop importantes et d’isolement, le travail pluridisciplinaire s’impose comme solution.

L’objectif de cette étude est de comprendre comment, face à l’émergence des risques psychosociaux (RPS), favoriser la pluridisciplinarité entre inspecteurs du travail, médecins du travail et psychologues du travail en étudiant les représentations qu’ont les uns sur les missions des autres dans la prévention des RPS.

Trente-deux préventeurs ont répondu à une demande pouvant être rencontrée en entreprise sous forme de « cas en matière de prévention des RPS.

L’analyse qualitative des réponses montre que non seulement les différents préventeurs définissent les RPS de manière différenciée entre les métiers, mais de plus, ils méconnaissent les pratiques de prévention des uns et des autres, ce qui met en évidence des freins à la prise en charge pluridisciplinaire des RPS.

Ces résultats permettent de dresser quelques pistes pour favoriser la prévention pluridisciplinaire, puisque celle-ci est souvent évoquée tant dans la littérature que dans les textes de lois comme étant la plus efficace pour prendre en charge les risques professionnels.

Plan

1. Introduction
2. Le travail pluridisciplinaire et les métiers étudiés dans cette étude
3. Travail pluridisciplinaire sur les risques psychosociaux : état des lieux des visions métiers
4. Méthodologie
5. Résultats
6. Vers un collectif pluridisciplinaire préventif et durable

Lire le plan et le texte intégraux sur le site pistes.revues.org

 

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