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mer., 27/12/2017

Santé au travail: au-delà des discours, le gouvernement veut tailler dans les budgets

Alors que le gouvernement a lancé une mission sur la santé au travail, une note de Bercy laisse craindre une nouvelle réduction des moyens pour la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité sociale, qui aide chaque année les quelque 800 000 salariés victimes.

L’an dernier encore, environ mille personnes sont mortes des suites d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle reconnue. Malgré une baisse continue depuis 2002, la Sécurité sociale a dénombré en 2015 plus de 760 000 sinistres professionnels ayant entraîné un arrêt de travail. Enfin, ce sont près de 8 milliards d’euros de prestations qui sont versés aux victimes, année après année, en guise de réparation financière. Le travail abîme, tue parfois, et tout cela a un prix.

Dans un tel contexte, la suppression depuis le début du quinquennat du compte pénibilité et du CHSCT a eu l’effet d’un double coup de poignard dans le petit monde de la santé au travail. Le compte pénibilité permettait jusqu’ici de cumuler des points pour changer de métier en cas d’exposition dangereuse ou de partir plus tôt à la retraite sans décote. D’une redoutable complexité administrative, il n’avait pas que des partisans, chez les salariés comme chez les employeurs. En le transformant, dans les ordonnances, en « compte de prévention », il s’amenuise néanmoins sacrément : quatre facteurs de risques sur dix (le port manuel de lourdes charges, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et les agents chimiques dangereux, y compris les poussières et les fumées) sont désormais exclus de ce compte à points.

La disparition du CHSCT, inscrite dans les ordonnances, n’est pas vraiment non plus bien passée. L’instance, depuis une vingtaine d’années, a permis de former et de sensibiliser salariés et directions aux enjeux de la santé au travail, sur un spectre qui va aujourd’hui de la poussière d’amiante aux risques psychosociaux, en passant par les effets du froid, du bruit, des poussières, des produits chimiques. Fusionnés dans un seul et même comité économique et social, les représentants du personnel craignent de perdre des heures de délégation et des compétences sur ces sujets, d’autant plus que les négociations autour de l’emploi sont amenées à s’accroître fortement, aux dépens de tout le reste.

Afin d’éteindre l’incendie naissant, les ministres de la santé et du travail, Agnès Buzyn et Muriel Pénicaud, ont donc annoncé fin novembre une nouvelle mission sur la santé au travail. « Les accidents du travail et les maladies professionnelles sont encore trop nombreux, insiste le gouvernement. Les services de santé au travail, acteur central de la politique de prévention, souffrent d’une désaffection qui peut, sans action corrective, devenir problématique. De multiples acteurs interviennent en la matière, au niveau national comme au niveau régional ou local, sans toujours la coordination nécessaire pour maximiser l’efficacité des actions portées. »

La mission s’appuie de fait sur le dernier plan trisannuel en la matière (PST3), piloté par l’État et les partenaires sociaux. Le constat est là encore sans équivoque : « La culture de prévention demeure en France encore globalement en mode mineur […]. À rebours d’une vision centrée sur la réparation et donc d’un travail avant tout potentiellement pathogène, le PST remet le travail au centre des préoccupations et la culture de prévention au cœur de toutes les actions. »

La communication fonctionne donc à plein, mais les moyens seront-ils à la hauteur ? Un premier test permet de mesurer l’éventuel écart entre un discours et des actes. Les partenaires sociaux s’accordent actuellement sur les objectifs d’une des quatre branches de la Sécurité sociale dédiée à la prise en charge des accidents du travail et des maladies professionnelles (AT-MP). Cette branche, peu connue, indemnise les salariés victimes, fixe la contribution respective des entreprises au financement du système et met en œuvre la politique de prévention des risques professionnels.

Les syndicats ont appris par une note de Bercy que le ministère des finances demandait une réduction sévère du budget de la branche, 15 % en moins sur le fonctionnement et 10 % en moins sur les effectifs. Si cette baisse est avérée, cela signifie 80 postes en moins dans les services prévention des caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), et 58 postes supprimés sur 610 à l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des maladies professionnelles et des accidents du travail (INRS).

Lire la suite sur le site de Médiapart

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 19/12/2017

Le stress au travail persiste pour salariés et cadres dirigeants

54% des salariés affirment subir un stress régulier à leur travail tout comme 66% des managers, selon un baromètre de l’organisme de formation professionnelle Cegos publié mardi.

Plus d’un salarié sur deux et deux cadres dirigeants sur trois d’entreprises de plus de 100 salariés disent subir un stress régulier dans leur travail, qu’ils attribuent à la « charge de travail », au « poids de l’organisation » et à « la pression de la hiérarchie », selon un baromètre publié mardi. A l’assertion « je subis un stress régulier dans mon travail », 54% des salariés répondent oui (-1 point par rapport au précédent baromètre, en 2015), comme 66% des managers (-7 points), selon ce baromètre de l’organisme de formation professionnelle Cegos portant sur des entreprises de plus de 100 salariés.

Une charge de travail trop grande.

Interrogés sur les « sources de ce stress », 49% des salariés, 52% des managers et 50% des directeurs et responsables des ressources humaines (DRH-RRH) citent « une charge de travail trop importante », un critère en nette baisse depuis 2015. Pour 37% des salariés et 31% des DRH il est lié à « un manque ou une mauvaise organisation du travail ». Un tiers (32%) des salariés (+12 points) et 30% des managers (+8 points) l’attribuent à « un manque de soutien » et à un « sentiment d’isolement ». Et pour 28% des salariés (+5 points) comme 30% des managers (+8 points) et 31% des DRH (+15 points), ce stress est dû à « la pression exercée par la hiérarchie ». Ces deux derniers critères remontent « en flèche », soulignent les auteurs de l’enquête.

Un impact sur la santé.

Parallèlement, 60% des salariés (-23 points) et 65% des managers (-1 point) estiment que « ce niveau de stress a un impact négatif sur (leur) santé ». Conséquences : « le burn-out et la dépression s’ancrent durablement dans le paysage professionnel » avec 28% des salariés et 26% des managers déclarant que leur travail leur a déjà causé des « problèmes psychologiques graves », dont ces pathologies, selon l’enquête.

Beaucoup travaillent en dehors de leur temps de travail.

Concernant la « motivation » des salariés au travail, 45% d’entre eux évoquent « le simple fait d’avoir un travail et de ne pas être au chômage », tout comme 20% des managers (+13 points). Parmi les DRH, 77% (+23 points) estiment que les cadres travaillent en dehors de leur temps de travail, et 60% (+38 pts) que cette tendance touche aussi les non cadres. Interrogés directement, 41% des salariés déclarent travailler en dehors de leur temps de travail tout comme 61% des managers. Paradoxalement, 82% des salariés (+7 points) et 79% des managers (+12) disent parvenir à préserver « un équilibre satisfaisant entre vie professionnelle et vie privée ».

Ce baromètre a été réalisé au mois de septembre 2017 auprès de 1.115 personnes (700 salariés, 250 managers et 165 directeurs et responsables des ressources humaines) d’entreprises du secteur privé de plus de 100 salariés, selon la méthode des quotas.

Via le site Europe 1

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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jeu., 07/12/2017

Cafés Citoyens Santé Travail : le programme du 1er semestre 2018

Les Cafés Citoyens Santé et Travail continuent en 2018.

Vous avez été nombreuses et nombreux à venir assister aux premières conférences-débats donnés par les membres du réseau Souffrance & Travail depuis septembre 2017.

En 2018, ces rencontres continuent autour de sujets tout aussi percutants et proches des préoccupations des citoyennes et citoyens qui connaissent à leur travail des situations de souffrances.

  • Mardi 16 janvier 2018 : “Le silence des hommes derrière le bruit des machines.”
    Avec Jean Auroux, ancien ministre du Travail.
  • Mercredi 7 février 2018 : “Que dire sur le harcèlement moral en 2017 ?”
    Avec Marie-France Hirigoyen, médecin psychiatre, psychanalyste, spécialiste du harcèlement moral, qui revient pour la seconde fois évoquer ce sujet.
  • Mardi 13 février 2018 : “Les sources de la souffrance au travail à l’heure de la révolution managériale.”
    Avec Vincent de Gaulejac, professeur émérite à l’université Paris 7-Denis Diderot, président du Réseau international de sociologie clinique (RISC).
  • Jeudi 15 mars 2018 : “Le burn-out des soignants – La souffrance dans le milieu hospitalier.”
    Avec Richard Torrielli, de l’OSAT-APH, l’Observatoire de la Souffrance au Travail (OSAT)-Action Praticiens Hôpital (APH).
  • Mardi 10 avril 2018 : “Santé au travail : les “crimes” industriels.”
    Avec Jean-Paul Teissonnière, avocat, et Annie Thébaud-Mony, sociologue.
  • Mercredi 23 mai 2018 : “La souffrance au travail dans la fonction publique : quelles particularités ?”
    Avec Benoît Arvis, avocat spécialiste de la fonction publique.
  • Mardi 26 juin 2018 : “Devenir un salarié averti pour ne plus souffrir au travail.”
    Avec Marie Pezé, psychologue, fondatrice du réseau “Souffrance & Travail” (association Diffusion et Connaissance du Travail Humain-DCTH).


Informations pratiques et conditions d’entrée :

  • Lieu : café/restaurant Le Balbuzard, 54, rue rené Boulanger, 75010 Paris, métro République.
  • Heure : de 20h à 21h30.
  • Participation : 10 € (consommation non comprise) à verser le soir de la conférence.
  • Inscription obligatoire à l’adresse : cafe.sante.travail@gmail.com

Un cycle de conférences-débats organisé par l’association Cafés Théma

Association Cafés Théma

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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sam., 25/11/2017

Coke, weed, Lexomil. Prendre des substances pour tenir au travail

On vous a demandé à quoi vous vous « dopiez » pour faire face à vos conditions de travail, et pourquoi.

« J’étais focusé, plus créatif […] Dans le contexte du travail, j’ai souvent tendance à être réservé. Là, j’avais le courage de partager mes opinions », témoignait un programmateur informatique dans La Presse, lundi. Tous les matins, ce père de famille canadien ajoute un peu de LSD à son bol de céréales. Une microdose qui l’aide, quand il a « des trucs complexes » à gérer au boulot. Comme ce trentenaire, les jeunes entrepreneurs nord-américains – Silicon Valley en tête – seraient de plus en plus friands de ce psychotrope hallucinogène pour booster leurs performances au travail.

En France aussi, un nombre croissant d’employés, cadres ou ouvriers, consomment ou ont augmenté leur consommation de substances psychoactives (alcool, cannabis et médicaments psychotropes en tête) pour « assurer » au bureau.

Tabac, Red Bull et cocaïne

Les psychotropes ? Le spectre est large, la liste interminable. Du licite à l’illicite : caféine, tabac, alcool, anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères, anti-asthéniques comme le Guronsan ou le Red Bull, cannabis, amphétamines, cocaïne…

« Il faut se déprendre d’une approche par les substances et s’intéresser aux usages : que font les salariés de ces produits ? Pourquoi les consomment-ils ? », avertit le sociologue Renaud Crespin, coauteur de « Se doper pour travailler ? ».

Réunis en congrès la semaine dernière, des chercheurs plaident pour une nouvelle approche : celle du lien entre cette consommation (voire polyconsommation) massive et l’environnement professionnel. Le recours fréquent à ces « béquilles chimiques » en dirait davantage de nos conditions de travail et des normes managériales qui les régissent, que de l’usager lui-même.

« Fumer mon spliff me fait redescendre de ma journée »

A 46 ans, Matthieu* bosse dans le secteur des énergies renouvelables. Quand on lui téléphone à 8h30, ce responsable commercial vivant dans le sud de la France en est déjà à son quatrième café. Chaque jour, il s’en enfile une dizaine, assortis de deux paquets de cigarettes. Père de deux garçons, il nous parle de son quotidien « très speed » dans la petite entreprise où il est chargé de vendre chauffages et climatisations : « Si on ne fait pas de chiffre d’affaires, l’un de nous peut dégager. Mon salaire s’élève à 750 euros. Après, je grimpe avec les commissions. Pour atteindre 2.500 euros, faut en vendre des clim’ ! J’aurais un fixe à 1.500 euros net, j’me prendrais moins la tête. Tout ça génère un stress important. Le soir, certains s’ouvrent une bière ; moi, je me fume mon ‘spliff’. Ça me fait redescendre de ma journée. » S’il ne consomme jamais le matin, il n’est pas rare que Matthieu se grille aussi un « p’tit bédard » lors de sa pause déj’ ou entre deux rendez-vous, « histoire de rester zen ». « C’est plus sympa d’arriver détendu, avec le sourire, chez les gens. Ça me permet de rester cool et de pas angoisser. » Dans sa boîte, le commercial n’est pas le seul à recourir aux psychotropes pour tenir la cadence. « Avec mes deux collègues, nous fumons ensemble. Eux prennent parfois de la cocaïne. »

« Machine à performer »

Pour la médecin du travail Isabelle Bidegain, il est impératif de sensibiliser les chefs d’entreprise qui s’appuient sur le « management par objectifs ». Elle partage avec nous une anecdote significative. Un jour, un vendeur de voitures, dont la paie est indexée sur d’importantes primes de vente, vient la trouver. Il lui dit qu’il travaille tout le temps, même pendant ses vacances. Qu’il s’est mis sous cocaïne pour être plus efficace, qu’il doit travailler encore et encore, car pour la payer, il doit vendre toujours plus de voitures… Quand elle informe la société de la situation de cet employé – qui a réussi à se soigner –, le manager s’étonne : « Je ne comprends pas, qu’est-ce qui se passe ? C’est mon meilleur vendeur ! »
Pour le chercheur au CNRS Renaud Crespin, tout cela n’a rien d’étonnant : « Se doper renvoie à l’idée de tenir psychiquement et physiquement, et à un mode de concurrence que l’on retrouve beaucoup dans les entreprises qui prennent la compétition sportive et ses valeurs comme modèle. Comme si le travail ne pouvait pas être autre chose que de la simple compétition. » En somme, résume-t-il :
« L’organisation du travail est sous l’emprise d’un certain nombre de principes de management, qui tendent à réduire le salarié à une machine à performer. »

Pas un secteur professionnel n’échappe au phénomène. En France, premier pays consommateur de psychotropes, l’usage de psychotropes toucherait 20 millions d’actifs – en poste ou au chômage –, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

Lire la suite sur le site du Nouvel Obs

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 24/11/2017

[Livre] « Syndicalisme et santé au travail »

À l’heure où se multiplient les témoignages de salariés en souffrance et s’accumulent les études faisant état d’une dégradation des conditions de travail, les organisations syndicales sont plus que jamais attendues sur le terrain de la prévention des risques professionnels.

Comment s’emparent-elles de ce sujet, longtemps resté dans l’ombre des revendications sur l’emploi et la rémunération ? Dans quelle mesure parviennent-elles à s’extraire des raisonnements hygiénistes et individualisants qui rendent les salariés responsables des maux dont ils souffrent ? En quoi sont-elles amenées à renouveler leurs pratiques ou, au contraire, à réinvestir des questions déjà posées dans les années 60-70, au moment où certaines d’entre elles critiquaient le taylorisme, militaient pour le droit d’expression des salariés et luttaient contre les cadences infernales ? En somme, quelles revendications portent-elles aujourd’hui sur le travail, son organisation et ses finalités ?

Cet ouvrage réunit des contributions d’universitaires, de syndicalistes et d’experts CHSCT traitant de ces questions. Il s’adresse aussi bien aux chercheurs en sciences sociales qu’aux acteurs de la prévention des risques professionnels – syndicalistes, formateurs, ergonomes, médecins, inspecteurs du travail, etc. – souhaitant s’emparer de cette thématique pour redynamiser le conflit social et penser de nouvelles voies d’émancipation des travailleurs.

Lucie Goussard et Guillaume Tiffon sont sociologues, maîtres de conférence à l’université d’Évry-Paris-Saclay et chercheurs au Centre Pierre Naville.

Avec les contributions de : Yves Baunay, Éric Beynel, Paul Bouffartigue, Emilie Counil, Jean-Pierre Durand, Sabine Fortino, Tony Fraquelli, Stéphanie Gallioz, Lucie Goussard, Sonia Granaux, Emmanuel Henry, Danièle Linhart, Marc Loriol, Emmanuel Martin, Christophe Massot, Arnaud Mias, Jean-François Naton, Nicolas Spire, Tessa Tcham, Annie Thébaud Mony, Laurence Théry, Guillaume Tiffon, Laurent Vogel.

Syndicalisme et santé au travail, sous la direction de Lucie Goussard, Guillaume Tiffon, Éditions Du Croquant – 2017 – 15 €.

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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lun., 13/11/2017

Harcèlement et violence interne

Tensions, brimades, insultes, des relations de travail qui se détériorent… Si agir rapidement pour mettre un terme aux agissements hostiles au sein de l’entreprise est prioritaire, il faut également les prévenir.

Pour ce faire, l’employeur doit notamment rechercher ce qui peut dans l’organisation, l’environnement et les relations de travail engendrer ces actes de violences internes.

Les violences internes correspondent non seulement à des situations de harcèlement moral ou sexuel mais également à des situations de conflits exacerbés entre collègues, équipes de travail,…

Harcèlement : des spécificités à repérer

Le harcèlement moral se caractérise par la répétition d’agissements hostiles qui ont pour but ou conséquence une dégradation des conditions de travail susceptible d’affecter la dignité, la santé et le devenir professionnel de la personne. Il peut être une pratique individuelle. Il peut s’agir également d’une pratique plus organisée, s’inscrivant dans une politique de gestion de l’entreprise.

Tout conflit interne, tout désaccord non réglé dans le travail ne doit donc pas être systématiquement assimilé à du harcèlement.
Rappelons que les harcèlements moral et sexuel sont interdits et réprimés par le Code du travail et le Code pénal.

Des conséquences non négligeables

Pris isolément, certains de ces agissements semblent parfois sans conséquences. Mais leur répétition au quotidien peut affecter gravement les salariés et avoir des répercussions importantes sur leur santé physique et psychologique. Ils peuvent également dégrader le climat social de l’entreprise.

Prévention et gestion des cas de violences internes

L’employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés au travail. Il a pour obligation d’évaluer les risques, parmi lesquels ceux de harcèlement ou de violences internes, et tenter de les prévenir le plus en amont possible. Pour cela, il doit privilégier une démarche de prévention collective, la même que celle décrite pour les risques psychosociaux. Elle doit être mise en œuvre avec l’implication de la direction, de l’encadrement, des ressources humaines et des représentants des salariés. Elle s’attache à agir sur l’organisation du travail, le management, les modes relationnels, la répartition des tâches, la clarification des rôles de chacun…

Pour des situations urgentes, des réponses plus rapides sont à proposer aux salariés en difficulté. L’employeur prendra ainsi en compte le plus tôt possible les plaintes avérées, afin de mettre un terme aux agissements hostiles et d’apporter un soutien aux salariés affectés. Il s’agit d’éviter que leur santé ne se dégrade, et autant que possible, de leur permettre de se maintenir en poste.

Télécharger le dossier complet >>>

Via le site de l’INRS Santé et Sécurité au travail

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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jeu., 02/11/2017

Permanence conditions de travail et santé

A partir du vendredi 6 janvier 2017, une permanence est ouverte aux travailleuses et travailleurs de tous statuts le premier vendredi de chaque mois de 17h30 à 20h30 à la Bourse du travail de Paris.

Une permanence ouverte aux travailleuses et travailleurs fonctionnaires, en CDI, en CDD, apprenti-e-s, intérimaires, sous-traitant-e-s, intermittents qui subissent :

  • des travaux dangereux, des produits chimiques toxiques, des charges trop lourdes, des tâches répétitives sous cadence, des travaux de nuit injustifiés…
  • Une surcharge de travail, des objectifs impossibles, la pression du temps, la pression du résultat…
  • L’impossibilité de changer les délais fixés, d’augmenter les moyens, de bien faire le travail selon les règles du métier…
  • Une surveillance permanente, une pression pour ne pas déclarer les accidents du travail, ne pas déclarer les heures supplémentaires, ne pas dire les problèmes…

Une permanence initiée par…

  • Des membres du Collectif pour la santé des travailleuses et travailleurs issu de l’appel de janvier 2015 « Pour ne plus perdre sa vie à la gagner »
  • Pour plus d’informations : http://neplusperdresaviealagagner.org/

Une permanence tenue par…

  • Des travailleuses et travailleurs
  • Des militant-e-s syndicaux
  • Des médecins du travail
  • Des salarié-e-s de l’inspection du travail
  • Des professionnel-le-s du droit
  • Des expert-e-s CHSCT

Une permanence pour…

  • Rendre aux travailleuses et travailleurs la possibilité d’agir
  • Orienter vers les lieux, collectifs et personnes ressources
  • Permettre à chacun-e de connaître ses droits
  • Sortir de l’isolement
  • Partager des expériences, des techniques et des pratiques
  • Construire des réponses ensemble et non donner des recettes
  • Organiser une résistance collective à ce qui rend les individus malades
  • Faire le lien entre atteintes à la santé et organisation du travail

Une permanence pour trouver ensemble les moyens de se défendre !

Permanence conditions de travail et santé

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 18/10/2017

Léger recadrage des plaintes d’employeurs contre les médecins

Le Conseil d’État vient de rejeter le recours déposé par plusieurs organisations contre les plaintes d’employeurs auprès du Conseil de l’ordre à l’égard de médecins attestant du lien entre santé et travail. Mais il conditionne davantage le dépôt de plainte.

Les professionnels de santé qui rédigent des attestations faisant le lien entre la pathologie d’un patient et ses conditions de travail sont de plus en plus souvent confrontés à des plaintes d’employeurs auprès des instances ordinales. Le 11 octobre dernier, le Conseil d’État n’en a pas moins rejeté le recours déposé sur le sujet par plusieurs associations et syndicats (ASMT, ASD-Pro, SMG, SMTIEG-CGT, Ugict-CGT, Solidaires). Ces derniers souhaitaient obtenir la réécriture d’un article du Code de la santé publique, afin de limiter la possibilité pour un employeur de lancer une procédure disciplinaire contre un médecin devant le Conseil de l’ordre. En juillet 2016, l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve avait rejeté cette demande de modification et les organisations précitées avaient attaqué ce refus devant le Conseil d’État.

« Décision en demi-teinte »

Recours rejeté, donc. Mais il s’agit d’une « décision en demi-teinte », selon Me Jean-Louis Macouillard, l’avocat des requérants. Le Conseil d’État a en effet posé « un certain nombre de conditions pour que les requêtes des employeurs soient recevables » auprès du Conseil de l’ordre. L’employeur qui dépose une plainte devra ainsi la motiver explicitement, en démontrant qu’il est « lésé de manière suffisamment directe et certaine par un certificat ou une attestation », dit le communiqué du Conseil d’État. « Il faut prendre le temps de l’interprétation des termes “directe” et “certaine” », précise l’avocat.

Dans un autre communiqué, l’une des associations requérante, Santé et médecine du travail (SMT), évoque une « décision décevante » et la « pauvreté du raisonnement juridique » l’ayant motivé, avant d’émettre l’hypothèse d’un « recours devant une juridiction moins conformiste, celle de la Cour européenne des droits de l’homme, puisque précisément le secret médical et le droit à une défense équitable sont garantis par la constitution européenne ».

Doublement des plaintes entre 2011 et 2015

L’enjeu est important, car les plaintes d’employeurs progressent, comme le démontre une thèse en médecine, soutenue en mai dernier à l’université de Rennes 1. Ce travail de recherche a compilé les données disponibles sur les plaintes d’employeurs contre des médecins généralistes déposées entre 2011 et 2015 auprès des instances ordinales départementales et nationales et concernant des certificats en lien avec le monde du travail. Pour les 17 conseils de l’ordre départementaux ayant accepté de répondre à l’enquête, elles ont doublé, passant de 6,5 % à 13,5 % de l’ensemble des plaintes.

En extrapolant ces chiffres et selon des estimations réalisées par le Dr Dominique Huez, médecin du travail sanctionné suite à l’une de ces plaintes (et par ailleurs membre du comité de Santé & Travail), celles-ci atteindraient le nombre annuel de 400. Environ 200 généralistes, 100 médecins du travail et plusieurs psychiatres seraient ainsi convoqués chaque année en « conciliation ordinale », en l’absence du patient concerné mais en présence de l’employeur. Un quart d’entre eux seraient renvoyés en chambre disciplinaire, avec une condamnation en première instance dans 50 % des cas.

Suppression du lien santé-travail

« Pour les trois quarts, ces plaintes sont “conciliées” devant et par l’Ordre des médecins, et le médecin généraliste doit alors généralement supprimer le lien santé-travail de son écrit médical », dénonce le Dr Dominique Huez dans son blog sur le site Mediapart. Il y rappelle que 30 médecins comme lui se sont retrouvés ces cinq dernières années en appel devant la chambre nationale disciplinaire de l’Ordre des médecins.

Via le site www.sante-et-travail.fr

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 15/10/2017

Dis Doc, t’as ton Doc ? – L’auto-diagnostic et l’auto-médication, c’est pas bon !

En France, 80% des médecins n’ont pas de médecin traitant personnel.

Au prétexte, qu’on pourrait penser légitime, qu’ils seraient les mieux placés pour leur propre suivi, ils privilégient autodiagnostic et automédication ou recherchent trop souvent un conseil rapide, « entre deux portes »… parfois trop tard ! Ce constat alarmant a conduit la Commission SMART du CFAR à initier une campagne de sensibilisation durable auprès de l’ensemble des médecins exerçant en France.

Cette initiative inédite réunit aujourd’hui plus de 30 partenaires institutionnels. Dans leurs propres médias, au travers des réseaux sociaux ou par la prise d’initiatives locales, tous se sont engagés à la diffusion durable des messages d’incitation portés par 12 visuels de campagne représentatifs de la diversité des parcours professionnels et des modes d’exercice, libéral ou public.

Acteurs institutionnels ou praticiens, tous les acteurs de santé pourront durablement porter la campagne nationale « Dis, Doc’, t’as ton Doc’ ? » pour contrer la pratique et les effets néfastes de l’autodiagnostic, de l’automédication et des consultations trop tardives.

Télécharger les 12 visuels de la campagne >>>

Télécharger le communiqué de presse >>>

 Dis Doc, T'as ton Doc ? Campagne internationale pour changer le modèle culturel des médecins

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 11/10/2017

De l’importance des réseaux d’aide aux salariés – Forum France-Canada – 16 Nov 2017

Les pressions sur la performance, l’intensité du travail, l’augmentation de la violence, la surcharge numérique, les problèmes personnels de toutes sortes : autant de réalités qui engendrent une souffrance accrue des salariés dans les différents milieux de travail.

Afin d’enrayer la montée du mal-être et contribuer à la Qualité de Vie au Travail, certaines organisations ont fait preuve de créativité. C’est le cas de la Fédération des Travailleurs et Travailleuses du Québec (FTQ) qui a instauré dès les années 80 un réseau d’intervenants se préoccupant de la souffrance au travail et hors travail des salariés. Leur rôle consiste à accompagner individuellement toutes celles et ceux qui en expriment le besoin en leur proposant des solutions. Ce réseau centré sur la relation d’aide par les pairs utilise des cahiers de ressources et regroupe actuellement près de 3 000 délégués sociaux au Québec.

Dans le prolongement de cette initiative et en coopération avec le Conseil Régional de la FTQ Montréal Métropolitain, des sections CFTC ont amorcé en 2016 la constitution d’un réseau français d’aide en entreprise (Hewlett Packard, Thalès, Orange, Microsoft, CEA, HP, DXC…). D’autres réseaux de proximité se créent. Comment les fédérer en conservant leurs spécificités et comment aider à en créer de nouveaux ?

A l’heure où le débat se fait dense tant à propos de la transformation des organisations que de la prévention et de la qualité de vie au travail et hors travail, ces réseaux de proximité posent directement la question des stratégies et actions en la matière. De même que la coordination avec les professionnels de la santé au travail. Plus fondamentalement, c’est l’opportunité de partager les approches pour développer un réseau de proximité qui vous est proposée le jeudi 16 novembre au cours de cet événement exceptionnel et gratuit.

La solution se trouve souvent dans les 10 mètres autour du salarié !

Informations pratiques :

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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