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mar., 10/10/2017

Fusion CE-CHSCT-DP : quelles conséquences sur la santé au travail ?

L’année 2012 fut marquée par la célébration de l’anniversaire des trente ans de la quatrième des lois dites « Auroux » instaurant les Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de travail (CHSCT). L’année 2017 sera donc celle qui célébrera probablement sa disparition. Pourtant, il revêt une importance cruciale dans l’histoire de la santé au travail en France.

Le CHSCT un vrai contre-pouvoir

En effet, contrairement à son prédécesseur, « le comité d’hygiène et de sécurité » (CHS) créé par le décret du 1er août 1947, qui n’avait qu’un rôle consultatif, le CHSCT, créé par la loi « Auroux » du 23 décembre 1982, doit constituer un véritable contre-pouvoir. Pour Jean Auroux, « l’entreprise ne peut plus être le lieu du bruit des machines et du silence des hommes ».

Ainsi, contrairement au CHS, qui ne constituait qu’une commission spéciale du Comité d’entreprise, le CHSCT devient une instance de représentation du personnel dotée d’une autonomie complète dans son fonctionnement. Plus encore, le CHSCT, comme son nom l’indique, relie directement les problèmes de santé au travail aux conditions de travail. Jean Auroux considère le CHSCT comme un moyen de donner un droit d’expression direct et collectif sur le contenu, les conditions d’exercice et l’organisation de leur travail.

Le CHSCT doit faire, selon Jean Auroux, des salariés des citoyens à part entière dans leur entreprise. Pour cela, il confie au CHSCT des missions et des droits élargis. Par ailleurs, l’arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation du 17 avril 1991 dote le CHSCT de la personnalité morale, ce qui lui permet d’ester en justice.

CHSCT et bien-être des salariés

Dans une période marquée par la volonté du gouvernement actuel de fusionner le CHSCT avec les autres instances représentatives du personnel, ce qui signifierait un retour en arrière à la situation d’avant 1982, il apparaît primordial de s’intéresser aux effets de la présence d’un CHSCT sur le bien-être des salariés.

Les principales missions sont de contribuer à la protection de la santé physique et mentale et de la sécurité des travailleurs de l’établissement ; de les informer sur les dangers auxquels ils peuvent être exposés comme sur les moyens de prévention ; de contribuer à l’amélioration des conditions de travail ; de veiller à l’observation des prescriptions légales prises en ces matières.

Lire la suite sur le site Theconversation.com >>>

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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dim., 08/10/2017

Santé et sécurité au travail – L’essentiel 2016

À un an de la fin de la convention d’objectifs et de gestion (COG), 2016 est pour l’Assurance Maladie – Risques professionnels une année de bilan, avec de bonnes nouvelles pour la santé au travail.

Le nombre d’accidents du travail reste stable à son niveau le plus bas depuis 1946 et les maladies professionnelles poursuivent leur diminution. C’est aussi une année de réflexion en lien avec les caisses régionales sur les défis qui ont émergé ces quatre dernières années et qui nous occuperont de plus en plus : les lombalgies, dont nous avons révélé en 2016 qu’elles représentent à elles seules 20% des accidents du travail, ou encore les risques psychosociaux, dont les cas reconnus de maladie professionnelle ont été multipliés par sept en cinq ans.

La COG précédente nous a permis de tester et de structurer de nouvelles façons de travailler : programmes de prévention nationaux, simplification de la tarification, construction d’un réseau de directeurs Cpam référents en réparation. Ces acquis seront particulièrement précieux pour poursuivre notre action au service des entreprises, tout en maintenant une efficience de gestion qui nous permet d’être à l’équilibre, comme c’est le cas depuis déjà quatre ans.

La COG qui prend fin a permis des avancées significatives sur de multiples objectifs que la branche s’était assignés : stratégie de prévention fondée sur le ciblage et l’évaluation, simplification de la tarification, harmonisation des pratiques permettant aux salariés un accès équitable à leurs droits, volonté de travailler les complémentarités d’actions avec les autres acteurs de la santé au travail. Issue d’un dialogue social efficace et constructif au sein de la branche, la feuille de route des prochaines années doit nous permettre d’approfondir ces orientations stratégiques. Sur le champ de la prévention, les TMS, les risques chimiques et les chutes restent un sujet de préoccupation en matière d’amélioration des conditions de travail dans les entreprises. La prévention des risques psychosociaux sera également un enjeu fort. L’amélioration des procédures de reconnaissance des accidents et maladies liés au travail est un chantier majeur qui progresse dans le sens d’une plus grande lisibilité pour l’ensemble des acteurs. La tarification se doit d’être plus que jamais au service des politiques de réduction des risques en entreprise en incitant plus fortement à la prévention. Sur le retour à l’emploi et la lutte contre la désinsertion professionnelle, la branche se mobilise également en lien étroit avec les entreprises et les salariés concernés. Enfin, le déploiement d’une culture de service plus attentionnée à l’égard de nos publics, salariés et employeurs, doit sous-tendre l’ensemble des actions de la branche. Il appartient aux partenaires sociaux que nous sommes de porter ces objectifs dans toutes les instances auxquelles nous participons.

Lire l’intégralité du rapport sur le site Risquesprofessionnels2016.fr

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 06/10/2017

George Elton Mayo (1880-1949) – Le psychologue de la motivation

Psychologue australien, Elton Mayo reste connu pour les « expériences de Hawthorne », menées entre 1927 et 1932 dans une usine de téléphones de la Western Electric Company, près de Chicago. Ses conclusions, qui donnèrent naissance à l’« école des relations humaines », peuvent se résumer ainsi : le salarié a un psychisme.

Cette assertion qui semble aujourd’hui d’une banalité atterrante constitua une révolution dans la manière de concevoir l’organisation du travail : jusqu’alors, le taylorisme considérait l’ouvrier comme une paire de bras motivée par le seul intérêt économique.

A Hawthorne, il s’agissait au départ d’étudier l’impact des variations de lumière sur la productivité de six ouvrières. La découverte de Mayo fut que, si cette dernière progressait de façon spectaculaire, ce n’était pas tant grâce à une amélioration des conditions de travail matérielles que grâce à un climat psychologique favorable. Soumises à une observation minutieuse de tous les aspects de leur comportement ainsi qu’à des entretiens réguliers, les ouvrières se sentaient reconnues, distinguées, et développaient entre elles une complicité stimulante. Sous les yeux d’Elton Mayo, « six individus deviennent une équipe ». Il préconisera donc la récupération par l’encadrement des « groupes informels » qui naissent dans les usines, afin de les détourner au profit de la production.

La Grande Dépression a laissé le syndicalisme américain plus affaibli que jamais : ceux qui, comme Mayo, veulent « faire comprendre aux travailleurs que leurs intérêts et ceux de l’entreprise convergent » ont le champ libre. Instruit par l’exemple de la révolution russe de 1917, le chercheur est persuadé que la prise en compte du « facteur humain », du besoin d’appartenance et de communication des salariés est le seul moyen d’écarter le spectre du socialisme, et d’éviter la « destruction complète de la civilisation ». Les entretiens psychologiques permettent de désamorcer revendications et conflits potentiels : ainsi, si une ouvrière manifeste de l’animosité envers un contremaître, c’est parce qu’il lui rappelle son père avec lequel elle a des relations difficiles…

Lire la suite sur le site du Monde diplomatique >>>

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 22/09/2017

“Ne rien faire” est vital pour la santé

Un célèbre neuropsychologue explique comment le fait de “ne rien faire” est en fait vital pour la santé.

En effet, une étude a été menée qui démontre que lorsque le corps humain ne fait pas d’activité, son cerveau se met en mode « par défaut » et fait alors le tri des informations qu’il contient. Cette étape est absolument indispensable pour le neuropsychologue Francis Eustache qui exerce au CHU de Caen.

Le scientifique, qui officie au CHU de Caen, en Normandie et qui travaille principalement sur la mémoire traumatique (il s’est récemment lancé, avec son équipe, dans une étude qui se déroulera pendant 12 ans sur le cas des survivants aux attentats perpétrés le 13 novembre 2015 à Paris) explique que lorsque l’on ne fait rien, une activité cérébrale vitale se met en place.

De cette façon, le cerveau pourra mieux comprendre l’environnement qui l’entoure et pourra mieux composer avec les situations ultérieures qui se présenteront à vous.

Un phénomène que nous appelons le « mode par défaut ».

Le « mode par défaut » désigne ces instants d’oisiveté, faits de voyages de la pensée, ces pensées qui vont et qui viennent, ces mêmes instants qui nous permettent de consolider notre mémoire :
« On se tourne vers nos pensées, on se tourne vers des informations récentes, auxquelles on a été confronté. Notre cerveau va permettre de faire en quelque sorte une synthèse entre ces informations nouvelles ou relativement nouvelles et des informations plus anciennes. […] C’est un des temps indispensables à la création de notre autobiographie. Si on n’a pas ces moments, notre autobiographie va manquer de pages, mais surtout d’une cohérence d’ensemble » explique le neuropsychologue.

En consultant cette vidéo, vous pourrez avoir la preuve que l’oisiveté n’est pas forcément un vilain défaut et qu’elle est essentielle pour votre cerveau. Conservez-la bien sous la main car si on vous fait des reproches, vous aurez de quoi justifier votre choix de ne rien faire et mettre un terme à toute polémique. Désormais, vous pouvez rester allongé(e) sur votre canapé pendant des heures ou prolonger considérablement votre grasse matinée sans culpabiliser !

Via le site dansquelmondevit-on.fr

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 13/09/2017

Ordonnances Code du travail : santé au travail

Inaptitude physique, recours contre l’avis du médecin du travail et prévention de la pénibilité en ligne de mire.

Inaptitude physique

Serait modifié le périmètre de la recherche de reclassement qui s’impose à l’employeur en cas d’inaptitude physique du salarié : cette recherche serait limitée au territoire national. La mesure s’appliquerait au plus tard au 1er janvier 2018.

Recours contre l’avis du médecin du travail

Les recours contre l’avis du médecin du travail – avis d’aptitude ou d’inaptitude physique, notamment – relèveraient toujours de la compétence du conseil de prud’hommes, saisi en la forme des référés. Mais celui-ci ne serait plus chargé de désigner un médecin-expert près la cour d’appel. Il pourrait en revanche saisir le médecin-inspecteur du travail d’une mesure d’instruction. En outre, un médecin mandaté par l’employeur pourrait se voir notifier les éléments médicaux ayant justifié l’avis du médecin du travail. Le coût de la procédure, en principe à la charge de la partie perdante, serait fixé par arrêté ministériel. Le dispositif ainsi remanié entrerait en vigueur à la date de publication d’un décret d’application, et au plus tard le 1er janvier 2018.

Prévention de la pénibilité

Comme annoncé, le dispositif de prévention de la pénibilité serait aménagé. Le compte personnel de prévention de la pénibilité deviendrait le « compte professionnel de prévention ». A compter du 1er janvier 2018, sa gestion serait assurée par la branche accidents du travail/maladies professionnelles de la caisse nationale d’assurance maladie, de même que son financement. Les contributions pénibilité seraient en conséquence supprimées à cette date.

Par ailleurs, à compter du 1er janvier 2019, l’obligation pour les entreprises d’au moins 50 salariés d’engager une négociation sur un plan de prévention de la pénibilité ou, à défaut, d’établir un plan d’action, se déclencherait également lorsque leur sinistralité au titres des accidents du travail et des maladies professionnelles serait supérieure à un seuil déterminé par décret, et non plus seulement dans le seul cas où un nombre minimal de salariés est exposé aux facteurs de risques au-delà des seuils réglementaires.

Via le site des éditions Francis Lefebvre

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 12/09/2017

Cafés Citoyens Santé et Travail : le programme 2017

Les rencontres mensuelles avec des spécialistes de la santé au travail débutent en ce mois de septembre 2017 et continueront jusqu’en juin 2018.

Quoi de mieux qu’un café pour se rencontrer, échanger, partager des idées et expériences autour de spécialistes de la santé au travail ?

C’est ce que nous vous proposons, à partir de ce mois de septembre 2017, avec un programme qui a pour but de mieux vous informer et de contribuer toujours à diffuser la connaissance sur le travail humain, comme le mentionnent nos objectifs :

« … la mise en valeur des connaissances sur la notion de travail, sur sa centralité dans la construction de l’identité humaine et du lien social, la mise en réseau des consultations spécialisées dans la prise en charge de la souffrance au travail, la diffusion du droit du travail, et la mise à disposition des informations utiles à tous les acteurs du monde du travail, des salariés aux employeurs, des médecins du travail aux médecins généralistes, des inspecteurs du travail aux magistrats. »

Nous espérons vous rencontrer nombreuses et nombreux autour de nos rendez-vous mensuels, pour que nous fassions avancer ensemble cette connaissance sur le travail humain.

Le programme 2017 :

  • Mardi 19 septembre 2017 : « Burn-out partout, burn out nulle part »
    Avec Marie PEZÉ, psychanalyste, fondatrice du réseau « Souffrance & Travail » (association Diffusion et Connaissance du Travail Humain). [COMPLET – Inscriptions closes]
  • Mercredi 11 octobre 2017 :  « Souffrance au travail : se défendre dans l’entreprise, présenter son dossier aux juges, comment faire ? »
    On dit souvent qu’en matière de souffrance au travail c’est la parole de l’un contre celle de l’autre, que la preuve est impossible et que c’est le pot de terre contre le pot de fer. Pourtant, si l’on connait bien ses droits, on peut les faire valoir et obtenir une reconnaissance des faits et une indemnisation du préjudice. Mais ça ne s’improvise pas et il faut mobiliser les ressources à l’intérieur de l’entreprise comme à l’extérieur.
    Avec Rachel SAADA, avocate, spécialiste en droit social.
  • Jeudi 16 novembre 2017 : « Harcèlement sexuel au travail : de quoi on parle ? Comment se défendre ? »
    En 2017, comment définit-on le harcèlement sexuel au travail ? En France aujourd’hui, 80 % des femmes âgées de 25 à 49 ans sont actives. Les femmes représentent presque la moitié des actifs et sont désormais plus diplômées que les hommes. Elles y sont aussi la cible de nombreuses violences (harcèlement sexuel, agression sexuelle, viol, sexisme ordinaire, discrimination au salaire…). Une femme en difficulté au travail convoquera toujours sa responsabilité personnelle dans ce qui lui arrive et on le lui fera sentir qu’elle aurait dû se mettre en valeur, mais discrètement s’affirmer, mais gentiment réclamer, mais avec le sourire, imposer par la conviction, donner des ordres, mais sans s’imposer, être gentille mais pas trop, sourire mais sans séduire, être coquette sans allumer, être à l’écoute sans créer trop d’intimité… Marilyn Baldeck et Maude Beckers vont vous proposer des définitions, des actions, des soutiens, des conseils de constructions de dossiers et de l’aide.
    Avec Marilyn BALDECK (Association contre les violences faites aux femmes au travail) et Maude BECKERS, avocate.
  • Mercredi 6 Décembre 2017 : « Que dire sur le harcèlement moral en 2017 ? »
    L’augmentation des problématiques de harcèlement moral un peu partout dans le monde est une réalité qui correspond à la transformation profonde du travail mais aussi de la société et des personnes. La loi de 2002 sanctionnant ces agissements constituait une avancée considérable car elle venait poser des limites et signifier que notre société ne pouvait pas accepter ces agissements abusifs. Mais beaucoup reste à faire. Pour permettre une détection et une prévention efficace de ce processus particulièrement destructeur, il importe d’en faire une analyse globale afin de bien comprendre ce qui le constitue et ce qui le différencie des autres souffrances au travail.
    Avec Marie-France HIRIGOYEN, médecin psychiatre, psychanalyste, spécialiste du harcèlement moral.

Conditions d’entrée

Cafés Santé et Travail

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 12/07/2017

[Livre] Se doper pour travailler

Du fait des transformations du travail (intensification, individualisation, précarisation…), nombreux sont ceux qui utilisent des substances psychoactives pour être en forme au bureau, traiter des symptômes gênants ou encore pour se détendre après une journée difficile.

Se doper pour travaillerDevant ces nouveaux usages et la multiplication des produits utilisés (alcool, tabac, amphétamines, cannabis, cocaïne, héroïne, caféine, psychostimulants, analgésiques, médicaments psychotropes), les auteurs, universitaires, chercheurs, syndicaliste et acteurs du soin et de la prévention s’attachent à comprendre les fonctions de ces consommations en milieu de travail.

Pour eux, il est aujourd’hui important de se déprendre des représentations sociales qui externalisent les sources du problème, comme les jugements moraux, et d’engager un travail réflexif sur les actions et les pratiques concrètes.

Alors que les politiques publiques tendent à prescrire ou interdire, cet ouvrage ancre la prévention des addictions dans l’analyse du travail réel et des usages tels qu’ils existent et non tels qu’ils sont fantasmés. Il met à l’épreuve de la recherche et de l’action les liens multiples entre travail, santé et usages de substances psychoactives qui peuvent être, dans certaines conditions, des instruments de la production et prévenir d’autres risques au travail.

Se doper pour travailler, Renaud CRESPIN, Dominique LHUILIER, Gladys LUTZ, éditions Érès, Collection « Clinique du travail », avril 2017

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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sam., 22/04/2017

[LIVRE] Se doper pour travailler

Du fait des transformations du travail (intensification, individualisation, précarisation…), nombreux sont ceux qui utilisent des substances psychoactives pour être en forme au bureau, traiter des symptômes gênants ou encore pour se détendre après une journée difficile.

Devant ces nouveaux usages et la multiplication des produits utilisés (alcool, tabac, amphétamines, cannabis, cocaïne, héroïne, caféine, psychostimulants, analgésiques, médicaments psychotropes), les auteurs, universitaires, chercheurs, syndicaliste et acteurs du soin et de la prévention s’attachent à comprendre les fonctions de ces consommations en milieu de travail.Se doper pour travailler

Pour eux, il est aujourd’hui important de se déprendre des représentations sociales qui externalisent les sources du problème, comme les jugements moraux, et d’engager un travail réflexif sur les actions et les pratiques concrètes.

Alors que les politiques publiques tendent à prescrire ou interdire, cet ouvrage ancre la prévention des addictions dans l’analyse du travail réel et des usages tels qu’ils existent et non tels qu’ils sont fantasmés. Il met à l’épreuve de la recherche et de l’action les liens multiples entre travail, santé et usages de substances psychoactives qui peuvent être, dans certaines conditions, des instruments de la production et prévenir d’autres risques au travail.

A propos des auteurs

Renaud Crespin est chargé de recherche CNRS au CSO (UMR 7116), Paris. Politiste et sociologue, ses recherches interrogent les processus d’instrumentation de l’action publique dans les domaines de la santé et de l’environnement et la circulation des expertises et des techniques biologiques (dépistage, sélection des donneurs de sang) dans différents espaces d’activités (don du sang, lutte contre le SIDA, prévention routière, lutte contre les drogues, travail). Auteur de plusieurs articles et chapitres d’ouvrage sur ces sujets, il a codirigé Les frontières de l’expertise (Presses universitaires de Rennes, 2010).

Dominique Lhuilier est professeure émérite au centre de recherche sur le travail et le développement (CNAM), Paris. Ses travaux de recherche portent essentiellement sur la problématique santé et travail. Elle a publié de nombreux ouvrages dont Placardisés (Seuil, 2002), Cliniques du travail (érès, 2006), Qualité du travail qualité au travail (s/dir, Octarés, 2014) et, Que font les 10 millions de malades ? (avec AM Wasser, érès, 2016).

Gladys Lutz est ergonome, attachée temporaire d’enseignement et de recherche et doctorante en psychologie du travail au CNAM. Ses recherches portent sur les interrelations entre le travail et les usages de psychotropes et sur l’apport de la clinique du travail pour la prévention de ces relations. Elle est présidente de l’association Addictologie et travail (Additra). Elle a dirigé avec Pierre Roche le numéro 21 de la Nouvelle revue de psychosociologie, Faire avec les drogues. Quelles interventions ? (érès, 2016).

Avec la participation de Gilles AMADO, Maria Elizabeth ANTUNES LIMA, Dominique BARADAT, Eric BEYNEL, Fabien BRUGIERE, Renaud CRESPIN, Christophe DEJOURS, Quentin DURAND-MOREAU, Elise FOSSET, Michel HAUTEFEUILLE, Marie Odile LALOT, Dominique LHUILIER, Marc LORIOL, Gladys LUTZ, Marie-France MARANDA, Patrick PERETTI-WATEL, Charline ROBINAUD, Duarte ROLO

Se doper pour travailler, éditions Érès, collection Clinique du travail, 352 pages, EAN : 9782749254593, avril 2017

Pour se procurer l’ouvrage : http://www.editions-eres.com/ouvrage/4032/se-doper-pour-travailler

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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lun., 03/04/2017

Quelle influence des conditions de travail sur la consommation de tabac ?

En 2006, 27 % des hommes et 21 % des femmes en emploi fument quotidiennement des cigarettes, des cigares ou la pipe.

Les fumeurs sont plus nombreux parmi les personnes exposées aux contraintes physiques ou aux risques psychosociaux au cours de leur carrière.

Entre 2006 et 2010, la consommation de tabac des hommes augmente quand s’aggravent les contraintes physiques et l’insécurité dans l’emploi. En revanche, un rythme de travail plus soutenu ne conduit pas à fumer plus, et réciproquement un rythme moins soutenu ne conduit pas à fumer moins.

La consommation des femmes augmente quand leur travail devient plus difficile et leur emploi plus menacé. Elle diminue lorsqu’elles sont davantage en contact avec un public, que l’intensité de leur travail est moins forte et qu’elles gagnent en autonomie. En revanche, de façon plus inattendue, elle augmente quand leur travail est reconnu à sa juste valeur et diminue lorsqu’elles doivent davantage faire des choses qu’elles désapprouvent.

Travail, santé, tabagisme

 

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sam., 11/03/2017

Devenir ergonome : l’humain d’abord

Dix-sept formations de master permettent, en France, d’accéder en trois ans à une certification européenne.

Pour Olivia Durand et ­Robin Girod, c’est le baptême du feu. Les deux étudiants en master Sciences cognitives et Ergonomie à l’université de Bordeaux vont ­intervenir durant plusieurs mois dans une entreprise dans le cadre de leur stage de fin d’études.

Leur objectif ? Apporter une ­expertise lors de la réorganisation de l’usine. C’est-à-dire adapter l’environnement au bien-être des employés. Afin d’épauler les jeunes stagiaires, des séances collectives de tutorat sont organisées à l’université de Bordeaux. Olivia et Robin présentent à leurs camarades de classe l’avancée de leur projet de stage.

Les questions pleuvent : « Quels sont les gestes que les ouvriers ­effectuent le plus ? Avez-vous évalué les risques de sécurité ? » interroge un étudiant. « Avez-vous plus de détails sur l’historique du projet de déménagement ? Y a-t-il eu des conflits à ce sujet ? », s’enquiert une autre. « Pensez à clarifier la demande de l’entreprise, tempère leur enseignant Johann Petit. Vous ne pourrez pas tout faire. » Et les deux comparses de noter les moindres remarques du groupe pour préparer leur ­immersion prochaine. Ils réaliseront des ­entretiens et des vidéos sur le site de l’usine avant de ­poser un premier diagnostic.

Manque de notoriété

Placer l’humain au centre des problématiques liées à la qualité du travail, adapter la machine à l’homme et non l’homme à la ­machine, tel est le credo de l’ergonome. C’est ce qui a séduit Olivia Durand, ingénieure de 34 ans en reconversion après dix années passées dans le bâtiment. « J’avais besoin de mettre davantage de ­valeurs personnelles dans mon travail, se souvient-elle. La dimension très humaine de l’ergonomie me correspond. »Pourtant, en dix ans, Olivia Durand n’a jamais « ni entendu parler d’ergonome ni travaillé avec ».

Consacrée en France en 1963 par la création de la Société d’ergonomie de langue française (SELF), cette profession est peu connue du grand public. Aujourd’hui, dix-sept masters sont recensés dans l’Hexagone par le Collège des enseignants-chercheurs en ergonomie, du Conservatoire national des arts et métiers de Paris à l’université d’Albi. Tous permettent d’accéder au titre d’« ergonome européen en exercice » après trois années de pratique. En 2015, 135 détenteurs du titre exerçaient en France sur 400 au total à l’échelle européenne.

La relative jeunesse du métier d’ergonome permet-elle d’expliquer son manque de notoriété ? Pas seulement. « La représentation de l’ergonomie est encore ­assez décalée de la réalité, regrette Pascal Béguin, coresponsable du master ergonomie de l’université Lumière-Lyon-II. Les gens pensent immédiatement à l’ergonomie du produit. Mais l’ergonomie, c’est une méthode avec des concepts. Il ne s’agit pas de mettre au point des machines avec des jolies couleurs ! » La discipline s’intéresse autant à l’organisation et à l’optimisation du travail qu’à la santé psychologique et physiologique du travailleur.

Afin d’accompagner l’insertion professionnelle de leurs étudiants et d’être au plus près du quotidien des entreprises, Pascal Béguin et ses collègues ont multiplié les partenariats avec les industriels de la région.

Lire la suite sur le site du Monde

 

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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