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sam., 02/09/2017

Pourquoi les effets des vacances durent aussi peu de temps ? Figaro Madame avec Sébastien HOF, Psychologue du travail à Besançon

Il aura fallu très peu de temps pour que le retour au bureau balaye la zen attitude atteinte durant nos congés. Deux professionnels nous expliquent pourquoi.

À J+10 de la reprise du travail, le constat est sans appel : les bienfaits physiques et psychologiques acquis au cours de deux semaines passées dans le Languedoc semblent s'estomper progressivement pour laisser notre cerveau se faire de nouveau grignoter par les ruminations, le stress... Difficile à accepter quand on sait qu'il y a moins de quinze jours, galvanisés par la nature, le repos (et le rosé), nous étions convaincu(e)s de faire perdurer cette nouvelle énergie. À y regarder de plus près, nous ne sommes d'ailleurs pas les seul(e)s à dresser ce tableau. Selon le dernier sondage en date sur la thématique, mené en 2013 par l'Ifop (1), près d'un tiers des Français (29%) considèrent que les bénéfices des vacances disparaissent rapidement. Heu, pardon mais... pourquoi ?

Des bénéfices surestimés

Quand on lui demande qui est le coupable, le professeur Michel Lejoyeux, psychiatre (2), désigne sans aucun doute l'évolution du concept de vacances. Et derrière cela, nous-même. En réalité, pour le spécialiste, si nous souffrons de perdre rapidement les bienfaits de la pause estivale, c'est bien parce que nous en attendons beaucoup trop. «Aujourd'hui, les vacances devraient être thérapeutiques, comme la nourriture ou les relations amoureuses, mais elles ne le sont aucunement, constate-t-il. On les voit comme des médicaments ou une sorte d'antibiotiques dont les effets abattraient la fatigue et le surmenage et surtout perdureraient définitivement. Mais ce sont des moments de plaisir, de repos, et non des changements de vie.»

La raison de cette exigence ? La société qui nous en demande toujours plus, selon le psychiatre. Au même titre qu'il faut exceller dans son rôle de parents, enfanter des génies, cultiver sa vie sociale et réussir professionnellement, il est devenu primordial de se renouveler en vacances. Le «fantasme de l'être nouveau», selon le Pr Lejoyeux. Un être qui pense et vit différemment quand il ne travaille pas et qui, de façon logique, devrait être radicalement changé par la période, comme vierge de tout ce qui altère son bien-être sur son lieu de travail. Là serait toute l'erreur : «Si la relation avec son travail est compliquée, ce n'est pas le mois d'août qui va y remédier. Prenons l'exemple d'une personne fatiguée par une dépression. Quand elle part en vacances, elle ne va pas mieux», illustre le spécialiste.

Rythme effréné

Pour Sébastien Hof, psychologue du travail et clinicien spécialisé, l'organisation et nos conditions de travail jouent, sans trop de surprise, un rôle indéniable dans le retour rapide de la fatigue. «L'intensification du travail est réelle. Aujourd'hui, on effectue nos tâches à fond jusqu'au départ en congés. En notre absence, le travail n'a pas attendu, s'est accumulé et au retour on redémarre sur un rythme effréné. En fait, dès que l'on revient, toutes les conditions sont réunies pour que nous retrouvions ce rythme soutenu», explique le professionnel.

Autre phénomène observé : la place de plus en plus importante qu'occupe le travail dans nos quotidiens. Résultats ? La déconnexion et la prise de recul se font tardivement ressentir une fois en congés. Et quand les bienfaits surviennent, il est souvent déjà temps de rentrer... Sans oublier que le phénomène peut aussi en pousser certains à mettre à profit les vacances «pour faire ce que l'on ne peut pas faire tout au long de l'année, sans prendre le temps de se reposer», ajoute le psychologue.

Trois pistes pour prolonger les bienfaits

Finalement, peu importe le coupable, pourvu que le bien-être ressenti pendant les vacances perdure. En pratique, inutile de modifier drastiquement son emploi du temps ou son mode de vie, «il suffit de se demander quelles tâches comportementales effectuées en congés nous ont fait du bien, et de trouver un moyen de les continuer une fois le travail repris», indique le Pr Lejoyeux.

Le spécialiste donne ainsi trois pistes, à adapter évidemment en fonction des goûts de chacun. Bouger d'abord, se garder des plages horaires pour effectuer une activité physique, quelle qu'elle soit. Puis, conserver des moments d'intimité : «Il est indispensable de garder des sanctuaires d'activités familiales, amoureuses et amicales. On n'interrompt pas un rendez-vous professionnel pour appeler son conjoint. L'inverse est vrai aussi. Il faut simplement accepter l'idée qu'en reprenant le travail, ce temps sera moins important que durant les vacances», souligne le psychiatre. Enfin, essayer de s'octroyer de petits temps de concentration sur l'instant présent. «L'intérêt est de ne pas regarder la nature qu'une fois dans l'année au mois d'août. N'oublions pas que le vert et le bleu sont des antidépresseurs naturels, qui ne disparaîtront pas une fois le travail repris», souligne Michel Lejoyeux.

Dans certaines situations et pour faciliter son quotidien, le psychologue du travail Sébastien Hof recommande de mettre à jour sa fiche de poste, afin de lister par écrit en quoi consiste réellement ses tâches journalières. Enfin, la question de la place de son emploi dans son propre quotidien se pose. Sébastien Hof le rappelle : «Demandons-nous dans quels autres domaines nous nous sentons bien, et débloquons du temps pour mettre de la distance avec l'emploi et revenir à ce qui est essentiel pour nous».

(1) Sondage Ifop mené avec les laboratoires Upsa.

(2) Les 4 saisons de la bonne humeur, du Pr Michel Lejoyeux, Éditions JC Lattès, 18 €.

Par Ophélie Ostermann | Le 31 août 2017

Billet original sur Madame Figaro

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dim., 08/01/2017

Consultation Psychothérapie

La psychothérapie: qu'est-ce que c'est ?

Un traitement psychologique pour un trouble mental, pour des perturbations comportementales ou pour tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique qui a pour but de favoriser chez le patient des changements significatifs dans son fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental, dans son système interpersonnel, dans sa personnalité ou dans son état de santé. Ce traitement va au-delà d'une aide visant à faire face aux difficultés courantes ou d'un rapport de conseils ou de soutien.

photo1_nouvel_ame_nagement.jpegAinsi, vos difficultés prennent de plus en plus de place dans votre vie et vous empêchent d’aller vers votre épanouissement.

La souffrance et le mal être sont les premiers signes.

Vous pouvez aussi souffrir :

La psychothérapie est un ensemble de méthodes de traitements des troubles et affections psychiques, émotifs, affectifs et physiques. Le langage étant le moyen le plus populaire par lequel s'effectue une psychothérapie, il existe cependant autres techniques ou approches corporelles.

Objectifs:

le thérapeute aide le patient à définir le problème mais aussi à identifier un objectif réaliste : Qu’attend-il de cette thérapie ? A quoi pourra-t-on voir que la situation aura changé lorsque la thérapie portera ses fruits ?
Dans le cas où la personne consulte pour plusieurs problèmes, qu’ils soient distincts ou imbriqués, le premier entretien sert aussi à se mettre d’accord sur leur hiérarchisation, et sur le problème que la thérapie abordera en premier.

Modalité:

Les échanges entre le psychologue et la personne en thérapie sont orientés et visent des objectifs précis. Tous les sujets peuvent être abordés s'ils servent à atteindre ces objectifs. L'échange est axé sur votre vie personnelle, vos sentiments et sur ce qui est important pour vous. Il prend souvent en compte votre passé, et tout particulièrement votre enfance.
En second lieu, il est vrai que l'écoute attentive du psychologue fait partie de la thérapie. Mais le psychologue intervient également; il pose des questions, commente ce que vous venez de dire, vous demande des précisions et vous aide à exprimer des sentiments, des émotions, et à relater des événements.
Une psychothérapie est un processus de changement. Nous savons tous que changer des comportements, des attitudes, des réactions n'est pas chose facile et instantanée. Dans la plupart des cas, vous ne pourrez pas atteindre vos objectifs en une ou deux entrevues. Cependant, la psychothérapie n'a pas nécessairement à se poursuivre pendant de nombreuses années. Selon les études menées à ce jour, une période de quelques mois à un an est généralement suffisante pour obtenir des résultats satisfaisants par rapport aux problèmes qui étaient à l'origine de la consultation. Cependant, la durée de la psychothérapie dépend de nombreux facteurs, tels que la gravité des problèmes, la nature des objectifs visés, le type d'approche thérapeutique choisi et la durée de la période d'adaptation (pour se sentir à l'aise, etc.), et peut donc nécessiter des interventions sur une période plus longue.

photo2_nouvel_ame_nagement.jpeg!!!Séance

La séance dure environ 45 minutes.
La consultation se déroule au Cabinet à Besançon dans un cadre sécurisant, contenant et confortable. En fonction des besoins, il pourra y avoir des consultations sur site notamment à Vesoul. (cadre moins propice à l'exercice de la psychothérapie).

L'entretien se fait uniquement sur rendez-vous.

Tarif : Consulter mes tarifs

Vous souhaitez prendre rendez-vous ? Appelez moi au 06.09.85.21.86 ou contactez moi par mail contact@psychologuedutravail.pro

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lun., 05/09/2016

L'impact sur la santé au travail - article est républicain - dimanche 4 septembre 2016

Sebastien_HOF-_photo_SAM_COULON.jpgSuite à la rencontre de la journaliste le 23.08.2016, l'article est paru le dimanche 4 septembre 2016.

Le métier de psychologue du travail devient de plus en plus valorisé. Des gens ainsi que des entreprises font appel à ce spécialiste.

À peine connu il y a une dizaine d'années, le titre de psychologue du travail surprend de moins en moins. Cette profession,n'a été reconnue par I'Etat qu'en 1985. « Avant, tout le monde pouvait s'appeler psychologue du travail et exercer ce métier », explique Sébastien Hof. Il y a trois ans, ce Bisontin d'une quarantaine d'années, a ouvert son cabinet spécialisé dans ce domaine au parc La Fayette. « Dans mon parcours professionnel, j'avais une volonté d'évoluer hiérarchiquement. J'ai atteint un poste de haute responsabilité, mais j'ai compris que ce n'était pas ce que je voulais faire. J'ai quitté ce poste de dirigeant pour créer mon cabinet de psychologue du travail », témoigne-t-il.

l'épuisement professionnel

« Je ne peux pas dire, qu'aujourd'hui, les salariés souffrent au travail plus qu'avant, mais cette souffrance n'est pas la même. Il y a quelques dizaines d'années, le harcèlement au travail emmenait le plus souvent les gens au cabinet du psychologue du travail. Aujourd'hui, c'est plutôt l'épuisement professionnel, autrement dit le burn-out », précise-t-il. L'accélération de notre société provoque ce phénomène. « On a de moins en moins de temps pour réaliser ses tâches professionnelles. On a de moins en moins de temps pour parler à nos collègues, pour discuter des problèmes rencontrés. Si on reste au travail plus de temps, on ne se valorise plus », observe-t-il. Le burn-out se caractérise par une fatigue persistante un sommeil perturbé, la difficulté de se concentrer, une colère spontanée, une frustration, etc. « On est très proche de la dépression, mais la particularité du burn-out est que ça ne touche que le monde professionnel », poursuit le psychologue. Pour mettre son travail à distance, il faut passer obligatoirement par un long arrêt, une année en moyenne, les vacances ou un repos ne suffisent plus.

la double journée des femmes

L'épuisement professionnel touche tous les âges, tous les domaines et tous les niveaux hiérarchiques. « Parmi mes clients, il y a légèrement plus de femmes que d'hommes, car les femmes ont d'autres souffrances. Souvent, quand elles rentrent à la maison, elles ont un autre travail qui commence », précise le spécialiste. Sébastien Hof intervient aussi auprès des entreprises. Des fois, les employeurs créent eux-mêmes une ambiance tendue au sein de leur équipe. « Souvent, des dirigeants donnent la même tâche à tout le monde. Le meilleur reçoit une prime. Cette politique crée une concurrence et isole encore plus les employés. On travaille ensemble parce qu'on a une tâche commune, et non parce qu'on est dans le même endroit », analyse Ie psychologue. Quel que soit son client, Sébastien Hof rencontre souvent la difficulté de faire comprendre aux gens qu'il n'y a pas de solution toute faite. « J'accompagne des gens pour en trouver une, mais ils doivent Ia choisir eux-mêmes », termine-t-il.

OIga PATAPENKA

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mar., 23/06/2015

Lutter contre le burn out - épuisement professionnel - Coin du Salarié - Interview de Sébastien HOF

coindusalarie.pngLe burn out ou épuisement professionnel est une thématique qui intéresse différents professionnels que ce soit dans le milieu juridique, médical, salarial...

C'est pourquoi nous vous proposons l'expertise de Sébastien HOF, psychologue du travail, clinicien du travail.

Sébastien HOF est psychologue du travail plus particulièrement un clinicien du travail. Dans le cadre de consultations « souffrance et travail » (en lien avec le réseau national de consultation « souffrance et travail »), il prend en charge la souffrance psychique des salariés, des encadrants ou dirigeants en favorisant l'expression de ces troubles psychopathologiques, la mise en sens du traumatisme subi ou de l’épuisement professionnel dans son exercice professionnel en plaçant toujours le travail au cœur de la problématique.
Parallèlement, il réalise des formations sur les thématiques de la santé au travail notamment des risques psychosociaux et intervient en entreprise dans l’objectif de favoriser un mieux-vivre ensemble au travail lors de démarche de prévention de ces dits-risques. Pour certaines institutions, il réalise des séances d’analyse de pratiques professionnelles permettant de mettre à distance le travail et de réfléchir collectivement à la manière de réaliser leur activité professionnelle, une mise en débat de l’action et de la posture des professionnels.

1. Le burn out aujourd'hui

A. Y A T-IL UN ENGOUEMENT AUTOUR DU BURN OUT

Je ne crois qu’il y ait un réel engouement pour le burn-out. Il me semble plutôt que, si le burn-out, dans sa définition première de Freudenberger, ne concernait que les professions « aidantes » (soignants, secouristes, pompiers, assistants sociaux, éducateurs, enseignants…), ce concept aujourd’hui concerne l’ensemble des individus au travail, quelle que soit leur activité voire… dépasse le champ professionnel comme, par exemple, le travail des aidants familiaux.

Pour ma part, beaucoup des patients que je rencontre sont en grande souffrance psychique. Ainsi, ils peuvent venir avec cet épuisement professionnel ou les symptômes repérés de ce type de pathologie, certains venant également avec l’expression « je suis harcelé(e) ».

Le burn-out est un des types de décompensations psychiques dont peuvent souffrir les salariés. Je reçois également de nombreuses personnes souffrant d’état de stress post-traumatique à la suite de situations faisant référence à des situations de type harcèlement.

B. LE BURN OUT EST-IL UN SUJET TABOU

S’il avait pu l’être, il y a quelques années, le burn-out n’est plus un sujet tabou voire pourrait requérir une certaine forme de pathologie populaire où chacun pourrait avoir son petit burn-out à lui.

En effet, il n’est pas rare d’entendre des personnes dans la rue évoquer qu’ils ont fait un burn-out. Ceci correspond à une vision que nous pouvons percevoir dans la société. En revanche, en entreprise, cela est un peu plus tabou du fait que cela pourrait être perçu comme une fragilité face un stress intense.

Je n’ai pas vu beaucoup d’entreprise mettant en place des moyens de prévention défavorisant l’apparition du burn-out malgré le fait que le chef d’entreprise doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité, protéger la santé physique et mentale des travailleurs tout en évaluant les risques (art. L 4121-1 et L 4121-3 du CT) en termes de résultats et plus seulement de moyens.

Débattre du travail et de la manière de le réaliser n’est plus possible. Chacun se retrouve assez seul dans son travail du fait d’une charge de travail importante et l’impossibilité d’avoir des espaces de convivialité favorisant le développement du collectif de travail, et donc du soutien social ; il est même parfois créé au sein de l’entreprise des compétitions induites par le travail entre les salariés, générant une auto-accélération dans le travail et renforçant encore plus l’isolement des travailleurs.

2. Le rôle du psychologue du travail

A. QUAND LE SALARIE DOIT-IL CONSULTER

Mon rôle dans la lutte contre le burn-out est d’intervenir sur les différents niveaux de prévention.

C’est-à-dire d’intervenir au niveau de la prévention tertiaire par la prise en charge de ces salariés épuisés, « cramés » par le travail par l'analyse des dysfonctionnements vécus pour une compréhension de sa situation et sa signification.

Les entretiens permettent la recherche et la construction de solutions, de stratégies d'action, ...spécifiques à la situation du salarié en favorisant la reconstruction de son identité et de retrouver les éléments du plaisir au travail. Cela passe notamment par la restauration de la confiance en soi. Avant tout, je dirai que cette prise en charge doit prévenir surtout le passage à l’acte.

Ensuite, c’est de trouver avec le salarié les conditions de reprise de son activité professionnelle voire d’un autre travail. C’est pourquoi, dans la prise en charge des salariés, il est nécessaire de coordonner un réseau dans lequel se trouve le médecin du travail, le médecin conseil, le médecin spécialiste, …

Il est important de venir me consulter quand certains premiers signes apparaissent comme:

B. A QUEL MOMENT EST-IL URGENT POUR LE SALARIE DE CONSULTER

Il devient urgent de me consulter lorsque vous avez un certains de signes :

  • La fatigue résiste au repos (un week-end passé à dormir et le lundi, vous êtes encore extrêmement fatigué,),
  • Vous avez une perte de plaisir au travail nécessitant plus d’effort sans aucune satisfaction,
  • Des troubles du sommeil persistant,
  • Vous êtes irritable,
  • Vous passez rapidement du rire aux larmes,
  • La nécessité de prendre des substances addictives pour tenir
  • Des manifestations du corps (nausée, céphalées, tensions musculaires,…)

C. LES PREMIERS CONSEILS A DONNER

Comme je l’ai dit avant, les signes qui doivent alerter sont les troubles du sommeil, la fatigue persistante, la perte de sens dans le travail, le fait de passer du rire aux larmes, une irritabilité importante et l’utilisation de substances addictives (alcool, drogues) pour tenir le choc.

Je pourrai lui conseiller de voir son médecin traitant pour bénéficier d’un arrêt, de rencontrer son médecin du travail pour avoir un suivi et des conditions aménagées notamment lors de la reprise, et de prendre rendez-vous dans une consultation « souffrance et travail » pour une prise en charge.

3. Réflexion au tour de l'encadrement médical, juridique

Aujourd’hui, il est question de la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle.

Pour ma part, je suis partagé sur cette question car si l’intérêt est de faire payer les entreprises générant ce type de décompensation, il est vraisemblable que tout le monde voudra faire reconnaitre des situations de souffrance au travail sous l’intitulé burn-out alors que d’autres formes de décompensations psychiques sont à prendre en compte.

De plus, il est possible de reconnaître comme maladie d’origine professionnelle (l’article L. 461-1 alinéa 4 du code de la sécurité sociale) la dépression, l'anxiété généralisée d’un salarié, et un état de stress post-traumatique.

Du côté médical, le burn-out ne bénéficie pas de définition consensuelle. Certains médecins considérant cette entité comme un concept fourre-tout. Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir une étiquette pour reconnaître les différents symptômes et troubles subis par le salarié.

A mon sens, il faudrait surtout permettre une meilleure visibilité, comme vous le faîtes, des professionnels agissant en psychopathologie du travail afin que les entreprises puissent prendre conscience de l’intérêt de reconstruire les coopérations au travail et de favoriser le développement de l’homme au travail. La souffrance au travail pose surtout la question du plaisir au travail et comment les personnes font pour tenir les conditions de réalisation du travail, quels mécanismes de défense ils mettent en place pour que le travail soit positif.

4. L'après burn out

Nous sommes tous différents face à ce type de décompensation psychique. Le burn-out est donc singulier pour chacun d’entre nous. Ainsi, certains salariés que j’ai accompagné ont pu reprendre dans l’entreprise suivant des conditions adaptées définies par le médecin du travail ; d’autres ont dû retrouver une autre entreprise voire un autre métier.

Par exemple, une chef de service a pu reprendre un poste de chef de service dans la même association mais dans un autre service. Elle a pu alors mettre en place des défenses individuelles facilitant la prise de conscience de son état d’épuisement. C’était également le cas pour un moniteur d’atelier qui a pu reprendre en évitant toute nouvelle responsabilité supplémentaire et une clarification de ses tâches (recommandations que j’ai pu transmettre au médecin du travail).

En revanche, un commercial a dû quitter son entreprise et a ensuite fait le choix de créer sa propre activité pour éviter de retourner dans l’organisation du travail qui a été néfaste pour lui. Pour un certain nombre de salariés, le point de non-retour est franchi et le retour dans l’entreprise ne peut plus s’imaginer alors c’est la rupture du contrat de travail qui devient la solution (rupture conventionnelle, pour inaptitude professionnelle,…).

Conclusion

Si vous êtes en souffrance au travail, quels que soient les symptômes, NE RESTEZ PAS SEUL ! Lisez notre dossier complet sur le burn out.

Billet original sur coindusalarie.fr

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ven., 21/11/2014

Problèmes psychologiques pour 1 salarié sur 4

Un salarié sur quatre déclare avoir subi au cours de sa carrière un problème psychologique grave comme une dépression ou un burn-out, selon un baromètre* publié aujourd’hui [20 novembre] par Cegos.

Il en ressort que 26% des salariés et 22% des managers indiquent que leur travail a été à l’origine de tels troubles. Plus d’un salarié sur deux (53%) et 68% des managers disent subir un stress régulier dans leur travail, une grande majorité estimant que cela a un impact négatif sur leur santé. Ce stress est reconnu par les responsables des ressources humaines qui sont 71% à penser que leurs salariés le subissent.

Pour Annick Haegel, spécialiste des questions de ressources humaines chez Cegos, « ces données sont très préoccupantes » et elles surviennent alors que « seuls 30% des managers reconnaissent avoir été formés à détecter les signes de risques psycho-sociaux ».

La principale source de stress citée par les salariés comme par les managers est une charge de travail trop importante, devant un manque ou une mauvaise organisation du travail, et un sentiment d’isolement.

* Pour cette enquête, l’organisme de formation professionnelle a interrogé en ligne en septembre et octobre 1.135 personnes, selon la méthode des quotas: 700 salariés, 290 managers et 145 responsables des ressources humaines (RH) d’entreprises privées employant plus de 100 salariés.

Via Le Figaro

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie PEZE

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