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ven., 14/04/2017

Syndrome d’épuisement professionnel : intervenir très en amont de la phase d’état

Le syndrome d’épuisement professionnel est défini par l’Organisation mondiale de la santé comme « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ».

Dans la Classification internationale des maladies (CIM 10), l’épuisement professionnel n’apparaît pas, à juste titre, comme diagnostic parmi les « troubles mentaux et du comportement » mais se trouve mentionné au chapitre XXI consacré aux « facteurs influençant sur l’état de santé et motifs de recours aux services de santé », à la rubrique des « sujets dont la santé peut être menacée par des conditions économiques et psychosociales », avec le code Z 73-0 renvoyant au surmenage.

Sommaire du dossier :


Le Concours Médical
, décembre 2016.
Conseillère scientifique : Dr Marie-Pierre Guiho-Bailly,
Centre de consultations de pathologie professionnelle du CHU d’Angers.
Dossier coordonné par Brigitte Némirovsky

Dossier Syndrome d'épuisement professionnel

 

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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sam., 25/03/2017

Souffrance au travail : quand les salariés sont dans l'impasse - Marie Claire - Par Julia Kadri avec Sébastien HOF, psychologue du travail à Besançon.

90% des actifs pensent que la souffrance au travail a augmenté depuis 10 ans. Les Français qui en sont victimes dénoncent l'indifférence de leur hiérarchie face à leur mal-être. Décryptage.

Souffrir au travail serait-il le mal du siècle ? Vous avez sans doute déjà entendu parler de "burn out", un anglicisme devenu à la mode depuis quelques années pour qualifier une usure psychique et physique relative à l'activité professionnelle.

souffrance-travail_-_Photo_de_Poike.jpegMais si le "burn out" est effectivement un syndrome d'épuisement lié à la profession d'un individu, la souffrance au travail est bien plus large. Harcèlement, angoisse, détresse, ennui... Un lexique peu réjouissant qui qualifie pourtant de plus en plus la réalité des travailleurs. En effet, 90% des actifs pensent que la souffrance au travail a augmenté depuis 10 ans, d'après une récente étude réalisée par le groupe MGEN avec OpinionWay.

Le mal-être professionnel progresse-t-il réellement ?

"Avant, quand on était en souffrance au travail et qu'on le disait, ce n'était pas audible. Aujourd'hui, ça l'est", explique le psychologue du travail Sébastien Hof. Si les cas d'épuisement professionnel se multiplient, ce serait donc parce que le sujet est moins tabou qu'avant : "Il y a 20 ans, quand on était mal dans son métier on nous disait qu'on ne pouvait s'en prendre qu'à soi-même" ajoute le spécialiste. Bien que le "burn out" soit de plus en plus médiatisé, au point d'être devenu dans le langage courant un mot "fourre tout" englobant un panel de troubles liés au travail, il n'est aujourd'hui pas reconnu comme une maladie professionnelle. Il s'agit d'un processus de dégradation de l'individu par rapport à son activité, d'un syndrome.

Au-delà de l'évolution des mentalités, qui a poussé les langues des actifs en détresse à se délier, la hausse du mal-être au travail est bien réelle. "Je pense que les organisations changent, ce qui a une influence sur les conditions de travail. Ce n'est pas toujours bien vécu", indique Sébastien Hof. Un avis partagé par le psychologue clinicien spécialisé en psychopathologie du travail, Johan Pain : "Je pense qu'il y a une augmentation de l'épuisement autour du travail, notamment dans le secteur public. Il y a de nouveaux enjeux économiques qui amènent une nouvelle politique de RH déstabilisante".

Si les conditions de travail changent et que le mal-être des actifs augmente, les entreprises et les professionnels de santé s'en alarment-ils pour autant ?

Une hiérarchie jugée indifférente face à ces troubles

Selon l'étude menée en février dernier par le groupe MGEN, 71% des personnes en souffrance au travail déclarent que leur hiérarchie et que leurs services RH ont été indifférents à leur mal-être."Dire qu'il n'y a pas du tout d'intérêt de la part de la hiérarchie sur les questions de souffrance au travail n'est pas toujours vrai. Il y a des organismes qui prennent en compte, ou qui ont la volonté de prendre en compte ces souffrances", indique Johan Pain. Mais ce dernier reconnaît "qu'en termes de sensibilisation des organisations, il y a encore beaucoup de travail à faire car il y a une méconnaissance importante de ces problématiques".

De plus en plus d'entreprises se questionnent à propos du mal-être au travail. Les managers se trouvent eux-mêmes déstabilisés par rapport à cela, ne sachant pas toujours différencier la sensibilité d'une personne d'un réel épuisement professionnel. De cette méconnaissance, et même parfois de ce déni, peut découler une sorte d'indifférence face à la santé d'un salarié.

La médecine du travail n’apparaît pas non plus comme une solution. Seuls 32% des interrogés auraient l’idée de parler de leur souffrance à leur médecin du travail. De plus, 71% disent ne pas savoir s’il existe ou non des dispositifs pour répondre ou pour prendre en compte des situations de souffrance. Selon Sébastien Hof, "les médecins du travail sont inondés par les problèmes de harcèlement, de burn out...". Mais le principal souci que décèle le psychologue se trouve dans le "timing" : "Les gens ont tendance à aller voir ces médecins quand c'est déjà trop tard, quand ils ont atteint le point de non retour". Pourtant, comme l'indique le site officiel du service public, le médecin du travail peut effectuer des visites à la demande de l'employeur, mais aussi -et surtout- à la demande du travailleur.

Apprendre à repérer les signes annonciateurs

"Tout le monde peut être touché par l'épuisement professionnel, peu importe le secteur d'activité", affirme Sébastien Hof. Comme 96% des Français, le psychologue estime que souffrir au travail peut arriver à tout le monde. Johan Pain tient quant à lui à apporter une précision : "Ce sont souvent les gens les plus investis qui craquent. Ceux qui veulent toujours bien faire sont plus impactés que ceux qui ont un certain recul, qui sont moins impliqués".

Mais comment et quand s'alarmer de son état émotionnel ? "A partir du moment où notre entourage nous dit 'tu es irritable, qu'est-ce qu'il t'arrive en ce moment ?', cela souligne un changement dans notre comportement, c'est un signe", souligne Sébastien Hof. "Il y a aussi d'autres indicateurs comme avoir la boule au ventre en allant travailler ou quand on a des troubles du sommeil, des maux de tête, une grosse fatigue. Ce sont des signes donnés par le corps qu'il faut écouter. Parfois ce n'est pas très perceptible, comme les maux de tête, mais c'est la récurrence qui doit être alarmante", complète le spécialiste.

Les problèmes de concentration, la dévalorisation de sa propre efficacité et de ses compétences ainsi que le désinvestissement professionnel sont "''autant d’indicateurs d’alerte pouvant laisser présager qu’un travailleur, ayant par exemple une attitude ou un comportement inhabituel, peut basculer dans un syndrome d’épuisement professionnel''", indique le "Guide d'aide à la prévention" établi par le Ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation, l'INRS et l'Anact.

Par Julia KADRI

Billet original sur Marie-Claire.fr - Julia Kadri

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jeu., 19/11/2015

INVITATION SMTEFC 4 DECEMBRE 2015: PRISE EN CHARGE D'UN BURN OUT

Bonjour à tous,

Le bureau de la SMTEFC vous invite à sa dernière séance de l'année 2015, le 04 décembre, toujours au même endroit: le restaurant "Le Trépillot", rue Victor Sellier à Besançon de 8h 30 à 12h.

ACCUEIL CAFEINE A PARTIR DE 8H 30

9H - 10H 30 PRISE EN CHARGE D’UN BURN OUT d’une salariée d’une crèche
« …depuis son orientation par le médecin du travail ….
….au psychologue clinicien du travail….
…à la médiation auprès de l’employeur…. »
Une alternative à l’inaptitude ?
Mr Sébastien Hof, Psychologue du Travail en Cabinet Privé à Besançon

10h 30 – 11h Discussion

11h – 12h ASSEMBLEE GENERALE

Bilan financier 2015 Présentation et approbation des modifications du statut de la SMTEFC
Election d’un nouveau membre du bureau

NB: vous pouvez diffuser largement cette invitation dans vos entreprises. Nous souhaitons juste connaître le nombre de personnes présentes par retour de mail à l'adresse mail suivante: smtefc@smtefc.org

Bien cordialement

Dr Margaret Moreau

Présidente de la SMTEFC

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lun., 08/06/2015

Burn-out : êtes-vous concerné et que faire ?

Burn-out : une pathologie évolutive.

Le burn-out est une pathologie qui n'est pas récente mais celle-ci évolue au fur et à mesure que les organisations changent. Effectivement, le burn-out d'aujourd'hui n'est pas le burn-out d'hier et ne sera pas le burn-out de demain. Ce n'est pas une dépression qui touche tous les domaines de la vie des salariés. Le burn-out lui touche essentiellement la vie professionnelle. En effet, le salarié peut toujours avoir une vie familiale ou associative très riche malgré le burn-out. Il ne faut pas oublier que d'autres pathologies de surcharge existent et que le burn-out n'est pas la seule pathologie en lien avec le travail.

Etes-vous concerné par le burn-out ?

3 signes essentiels sont à prendre en compte :

  • vous vous sentez fatigué et le repos n'est plus récupérateur. La fatigue résiste au repos. Le sommeil important du Week-end ne vous permet plus de revenir le lundi en plein forme au travail.
  • la perte du plaisir à travailler alors que vous êtes très investi dans votre travail et vous ne souhaitez plus aller au travail.
  • la consommation de psychotrope (prescrit par le médecin) et/ou d'addiction (alcool, drogue) qui se trouve être nécessaire pour continuer de travailler.

Premières étapes à faire

Un arrêt de travail s'avère souvent nécessaire pour permettre de prendre le recul, de repenser son travail, et de travailler la déconstruction de sa situation ( chronologie des événements organisationnels et des symptômes de la pathologie).
Une coordination de l'ensemble des acteurs permettant le retour ou la sortie du poste du travail: médecin du travail, médecin conseil, avocat (si besoin), ... Cette action de coordination peut être effectuée par la consultation "souffrance et travail" dont je fais partie.

Prise en charge

Pour faciliter votre prise en charge et favoriser la sortie de cette situation, vous pouvez prendre rendez-vous sur Besançon ou Vesoul au 06.09.85.21.86.
Nous verrons ensemble les liens nécessaires à favoriser pour une coordination des prises en charge.

UNE SEULE REGLE : NE RESTEZ PAS SEUL !

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sam., 04/04/2015

Psychologues, témoignez sur vos conditions de travail

Des chercheurs de l'Université de Reims mènent une enquête s'intéressant aux conditions de travail des psychologues quelles que soient leurs spécialités ou modalités d'exercice.

Pour l’équipe de recherche, composée de deux maîtres de conférences en psychologie et un médecin du travail, docteur en psychologie, les risques psychosociaux dans cette profession souvent isolée demeurent largement méconnus.

Au travers d'un questionnaire anonyme, elle invite ainsi chaque praticien à témoigner de son ressenti psychologique (e.g., stress, anxiété, burnout) et de ses conditions actuelles de travail. Le questionnaire intègre en outre une question ouverte facultative et un espace de libre expression pour préciser sa situation et/ou son vécu.

Les chercheurs précisent que l'objet de l'étude est avant tout scientifique ; "il n’est pas politique et ne répond à aucune commande issue d’une association représentative d’une branche professionnelle et/ou d’un syndicat."

L'enquête a besoin de la participation du plus grand nombre possible de psychologues. N'hésitez pas à communiquer le lien vers le questionnaire aux psychologues que vous connaissez.

Les résultats seront rendus publics afin que chacun puisse y accéder.
Participez à l'enquête en cliquant ici (questionnaire anonyme et sécurisé)

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mer., 19/02/2014

La violence au travail constitue-t-elle un motif de licenciement ?

Une altercation s’est produite entre deux de vos salariés. L’un d’entre eux a eu un comportement agressif ou violent. Cela doit en principe aboutir à une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement. Mais encore faut-il vérifier que ce comportement n’est pas lié à l’état de santé du salarié, sous peine de se rendre coupable de discrimination...

Violence au travail : réagir et sanctionner

En tant qu’employeur vous devez assurer la discipline générale dans votre entreprise. Vous êtes également tenu de protéger la santé physique et mentale de vos salariés (Code du travail, art. L.4121-1). Il s’agit même d’une obligation de résultat.

Dès lors, si l’un de vos salariés a un comportement violent vis-à-vis de l’un de ses collègues ou de son supérieur hiérarchique, qu’il s’agisse de violence physique ou verbale, vous ne devez en aucun cas laisser passer.

Le salarié agressé pourrait en effet se retourner contre vous si vous n’avez pas pris toutes les mesures nécessaires pour le protéger et même demander la prise d’acte de la rupture de son contrat de travail à vos torts.

La difficulté, c’est de déterminer la sanction la plus appropriée (mise à pied, licenciement, etc.). En pratique, vous devez tenir compte de la gravité du comportement fautif du salarié ainsi que du contexte dans lequel il a agi (a-t-il répondu à une attaque, y a-t-il eu des précédents, etc.)

Il existe cependant un cas de figure où une sanction disciplinaire parait impossible : lorsque l’état de santé du salarié est la cause de son comportement.

Violence au travail : contrôler l’état de santé du salarié

Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte en raison notamment de son état de santé ou de son handicap (Code du travail, art. L. 1132-1).

Aussi, si vous envisagez de sanctionner un salarié ayant eu un comportement violent, il faut vérifier au préalable que son comportement n’était pas lié à son état de santé.

C’est ce qu’illustre une décision rendue cet été par le Conseil d'Etat à propos d’un salarié protégé. En l’espèce, l’employeur avait demandé et obtenu l’autorisation de licencier pour motif disciplinaire un salarié délégué syndical ayant eu un comportement agressif et ayant fait preuve de violences envers son chef de service, au cours d’une même journée.

Une décision annulée par le Conseil d’Etat qui estime, au vu d’un rapport médical d’expertise, que ce comportement a été causé par des troubles psychiques dont le salarié était atteint et par la prise de médicaments censés le soigner qui avaient altéré son état de conscience et désinhibé son comportement. Une sanction disciplinaire n’était donc pas envisageable.

Dès lors que l’état de santé du salarié entre en ligne de mire, la meilleure solution pour vous est de saisir le médecin du travail. Celui-ci pourra estimer si le salarié est toujours apte à travailler ou si un avis d’inaptitude doit être rendu.

source : Conseil d'Etat, 4e et 5e sous-sections réunies, n° 349496, 3 juillet 2013 (l’autorisation de licenciement d’un salarié protégé ayant eu un comportement violent ne doit pas être accordée lorsque les faits reprochés sont dus à un état pathologique de l’intéressé)

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