Mot-clé - souffrance au travail

Fil des billets - Fil des commentaires

sam., 25/03/2017

Souffrance au travail : quand les salariés sont dans l'impasse - Marie Claire - Par Julia Kadri avec Sébastien HOF, psychologue du travail à Besançon.

90% des actifs pensent que la souffrance au travail a augmenté depuis 10 ans. Les Français qui en sont victimes dénoncent l'indifférence de leur hiérarchie face à leur mal-être. Décryptage.

Souffrir au travail serait-il le mal du siècle ? Vous avez sans doute déjà entendu parler de "burn out", un anglicisme devenu à la mode depuis quelques années pour qualifier une usure psychique et physique relative à l'activité professionnelle.

souffrance-travail_-_Photo_de_Poike.jpegMais si le "burn out" est effectivement un syndrome d'épuisement lié à la profession d'un individu, la souffrance au travail est bien plus large. Harcèlement, angoisse, détresse, ennui... Un lexique peu réjouissant qui qualifie pourtant de plus en plus la réalité des travailleurs. En effet, 90% des actifs pensent que la souffrance au travail a augmenté depuis 10 ans, d'après une récente étude réalisée par le groupe MGEN avec OpinionWay.

Le mal-être professionnel progresse-t-il réellement ?

"Avant, quand on était en souffrance au travail et qu'on le disait, ce n'était pas audible. Aujourd'hui, ça l'est", explique le psychologue du travail Sébastien Hof. Si les cas d'épuisement professionnel se multiplient, ce serait donc parce que le sujet est moins tabou qu'avant : "Il y a 20 ans, quand on était mal dans son métier on nous disait qu'on ne pouvait s'en prendre qu'à soi-même" ajoute le spécialiste. Bien que le "burn out" soit de plus en plus médiatisé, au point d'être devenu dans le langage courant un mot "fourre tout" englobant un panel de troubles liés au travail, il n'est aujourd'hui pas reconnu comme une maladie professionnelle. Il s'agit d'un processus de dégradation de l'individu par rapport à son activité, d'un syndrome.

Au-delà de l'évolution des mentalités, qui a poussé les langues des actifs en détresse à se délier, la hausse du mal-être au travail est bien réelle. "Je pense que les organisations changent, ce qui a une influence sur les conditions de travail. Ce n'est pas toujours bien vécu", indique Sébastien Hof. Un avis partagé par le psychologue clinicien spécialisé en psychopathologie du travail, Johan Pain : "Je pense qu'il y a une augmentation de l'épuisement autour du travail, notamment dans le secteur public. Il y a de nouveaux enjeux économiques qui amènent une nouvelle politique de RH déstabilisante".

Si les conditions de travail changent et que le mal-être des actifs augmente, les entreprises et les professionnels de santé s'en alarment-ils pour autant ?

Une hiérarchie jugée indifférente face à ces troubles

Selon l'étude menée en février dernier par le groupe MGEN, 71% des personnes en souffrance au travail déclarent que leur hiérarchie et que leurs services RH ont été indifférents à leur mal-être."Dire qu'il n'y a pas du tout d'intérêt de la part de la hiérarchie sur les questions de souffrance au travail n'est pas toujours vrai. Il y a des organismes qui prennent en compte, ou qui ont la volonté de prendre en compte ces souffrances", indique Johan Pain. Mais ce dernier reconnaît "qu'en termes de sensibilisation des organisations, il y a encore beaucoup de travail à faire car il y a une méconnaissance importante de ces problématiques".

De plus en plus d'entreprises se questionnent à propos du mal-être au travail. Les managers se trouvent eux-mêmes déstabilisés par rapport à cela, ne sachant pas toujours différencier la sensibilité d'une personne d'un réel épuisement professionnel. De cette méconnaissance, et même parfois de ce déni, peut découler une sorte d'indifférence face à la santé d'un salarié.

La médecine du travail n’apparaît pas non plus comme une solution. Seuls 32% des interrogés auraient l’idée de parler de leur souffrance à leur médecin du travail. De plus, 71% disent ne pas savoir s’il existe ou non des dispositifs pour répondre ou pour prendre en compte des situations de souffrance. Selon Sébastien Hof, "les médecins du travail sont inondés par les problèmes de harcèlement, de burn out...". Mais le principal souci que décèle le psychologue se trouve dans le "timing" : "Les gens ont tendance à aller voir ces médecins quand c'est déjà trop tard, quand ils ont atteint le point de non retour". Pourtant, comme l'indique le site officiel du service public, le médecin du travail peut effectuer des visites à la demande de l'employeur, mais aussi -et surtout- à la demande du travailleur.

Apprendre à repérer les signes annonciateurs

"Tout le monde peut être touché par l'épuisement professionnel, peu importe le secteur d'activité", affirme Sébastien Hof. Comme 96% des Français, le psychologue estime que souffrir au travail peut arriver à tout le monde. Johan Pain tient quant à lui à apporter une précision : "Ce sont souvent les gens les plus investis qui craquent. Ceux qui veulent toujours bien faire sont plus impactés que ceux qui ont un certain recul, qui sont moins impliqués".

Mais comment et quand s'alarmer de son état émotionnel ? "A partir du moment où notre entourage nous dit 'tu es irritable, qu'est-ce qu'il t'arrive en ce moment ?', cela souligne un changement dans notre comportement, c'est un signe", souligne Sébastien Hof. "Il y a aussi d'autres indicateurs comme avoir la boule au ventre en allant travailler ou quand on a des troubles du sommeil, des maux de tête, une grosse fatigue. Ce sont des signes donnés par le corps qu'il faut écouter. Parfois ce n'est pas très perceptible, comme les maux de tête, mais c'est la récurrence qui doit être alarmante", complète le spécialiste.

Les problèmes de concentration, la dévalorisation de sa propre efficacité et de ses compétences ainsi que le désinvestissement professionnel sont "''autant d’indicateurs d’alerte pouvant laisser présager qu’un travailleur, ayant par exemple une attitude ou un comportement inhabituel, peut basculer dans un syndrome d’épuisement professionnel''", indique le "Guide d'aide à la prévention" établi par le Ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation, l'INRS et l'Anact.

Par Julia KADRI

Billet original sur Marie-Claire.fr - Julia Kadri

Pour partager cet article --> Partage

mar., 07/02/2017

Souffrance au travail des magistrats – État des lieux, état d’alerte

Malaise dans la Justice, souffrance au travail, insuffisance chronique de magistrats pour répondre à l’ensemble des missions judiciaires, c’est le constat que l’USM fait depuis de nombreuses années.

Dès 2010, l’USM, lors de son congrès à Rennes, a alerté le ministre de la justice sur la situation de collègues épuisés, dont certains avaient mis fin à leurs jours, alors que leurs conditions de travail étaient très dégradées.

Un groupe de travail sur la souffrance au travail a alors été mis en place début 2011 à la demande de l’USM. Il s’est réuni de nombreux mois et a permis d’entamer une réflexion sur cette problématique particulièrement prégnante au sein du Ministère de la Justice, et qui perdure.

Dans le rapport d’activité 2013 de la médecine de prévention, présenté au Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail Ministériel (CHSCT M), le médecin coordonnateur national a relevé que les médecins de prévention ont fait état d’une augmentation des situations de souffrance et de mal-être au travail.

À la suite des entretiens effectués au cours des visites médicales, ils ont en effet signalé :

  • une intensification du travail dans toutes les directions (Services judiciaires, Administration pénitentiaire et Protection judiciaire de la jeunesse) avec une absence de remplacement des personnels en arrêt de maladie, responsable d’un épuisement qui contribue à majorer l’absentéisme,
  • une impression de ne pouvoir faire un travail de qualité avec perte du sens de la mission,
  • un nombre de plus en plus important d’agents déclarant souffrir d’un manque de considération et de reconnaissance des efforts accomplis,
  • l’absence de temps et d’espace pour débattre du travail, le manque de communication.

Les magistrats sont tenaillés entre la volonté de répondre aux demandes légitimes des justiciables et le manque cruel de moyens non seulement matériels mais humains. Cette insuffisance de personnels de justice touche tous les secteurs, magistrats, personnels de greffe, éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse, conseillers d’insertion et de probation….

Il y a actuellement presque 500 postes de magistrats non pourvus par rapport à ceux qui sont localisés, outre les temps partiels et les congés pour maladie. Les effectifs de magistrats connaissent une baisse sans précédent en raison des départs massifs à la retraite des collègues de la génération du « baby boom » qui n’ont pas été anticipés au niveau des recrutements. Au contraire, le nombre de postes offerts aux concours a atteint les niveaux les plus bas de 2008 à 2010.

Pourtant, parallèlement, de nombreuses réformes ont accru la charge de travail des magistrats de l’ordre judiciaire (loi pénitentiaire, réforme des tutelles, hospitalisation sous contrainte, réforme pénale de juillet 2014, etc..), sans que cet alourdissement des missions soit compensé par des créations de postes suffisantes.

La réflexion entamée sur la charge de travail des magistrats ne permet pas d’espérer une évolution positive.

En effet, à la suite de l’affaire dite « de Pornic », avaient été mis en place un groupe de travail chargé d’évaluer la charge de travail des magistrats, ainsi que plusieurs autres groupes de travail plus spécifiques à certaines fonctions (application des peines, justice des mineurs, parquet, instance). Mais, alors que les groupes thématiques ont rendu leurs conclusions en mai 2012, et en dépit des arbitrages déjà opérés et de l’avancement des travaux du groupe sur la charge de travail, la chancellerie a choisi de ne publier aucun rapport et de ne plus en réunir les membres.

Alors qu’elle devrait être en possession de l’évaluation chiffrée des besoins, fonctions par fonctions, la chancellerie n’a communiqué aucune information sur les effectifs nécessaires pour absorber l’ensemble des contentieux et missions dévolus à l’autorité judiciaire, ni recruté à un niveau raisonnable pour répondre à la pénurie criante de magistrats, comme le demande avec insistance l’USM.

Du fait de ce refus d’anticipation, résultant d’un choix politique aux effets catastrophiques, les magistrats sont dans l’incapacité, malgré des sacrifices très importants consentis sur le plan personnel, de répondre, dans un délai raisonnable, à la demande de justice.

Dans ce contexte, confrontée à de véritables appels au secours de collègues subissant une charge de travail insupportable, contraints de sacrifier leur vie personnelle et familiale et soumis à des exigences statistiques inconciliables avec un travail de qualité, l’USM a décidé de poursuivre sa réflexion sur la souffrance au travail des magistrats, à partir de leurs témoignages.

Lire l’intégralité du document sur le site de l’Union syndicale des magistrats

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

Pour partager cet article --> Partage

jeu., 01/12/2016

Congrès SNALC - Souffrance au travail 1 décembre 2016 à Besançon

snalc.jpgChaque demi-journée de cette rencontre sera construite sur le même schéma :

  • Exposé de la part des intervenants
  • Temps d’échange entre les participants et les intervenants

Programme du Matin

Programme de l’Après-Midi

Lieu

Micropolis - Besançon.

Pour partager cet article --> Partage

lun., 31/10/2016

Conférence sur la prévention des risques psychosociaux et les facteurs favorisant le bien-être au travail

Définition :

Dans le cadre institué par le dirigeant ou les instances représentatives du personnel, l'intervention permettra de poser les notions de base sur la prévention des risques psychosociaux afin d'enclencher une réflexion sur une démarche à réaliser et les éléments à mettre en place pour favoriser le bien-être au travail.

Objectifs conférence :

equipe.jpg

Modalités et public:

  • Nombre de participants : 20 personnes à 150 personnes
  • La durée souvent pratiquée : 2 à 3 heures
  • aucune notion est nécessaire lors de cette conférence, elle est aussi bien faite pour des personnes sensibilisées comme pour des personnes complètement novices.

Lieu :

A l'endroit que vous souhaitez pour accueillir l'ensemble des personnes

Contenu :

1. Le monde du travail en évolution

  • Principaux changements constatés dans les organisations du travail
  • Quelques chiffres sur la santé au travail

2. Les définitions et indicateurs

3. Facteurs des risques psychosociaux comme source de bien-être au travail

  • Facteurs des RPS de la DARES (Gollac) ou les facteurs favorisant le bien-être
  • La reconnaissance au travail (reconnaissance implicite et explicite)
  • Traiter les situations de mal-être

Méthode pédagogique

  • Quizz pour rendre dynamique la présentation.
  • Présentation
  • Echanges avec les participants

Tarif : Consulter mes tarifs

Vous souhaitez mettre en place une démarche ? Appelez moi au 06.09.85.21.86 ou contactez moi par mail contact@psychologuedutravail.pro

Pour partager cet article --> Partage

sam., 27/08/2016

Suicide au travail, souffrance au travail - Interview sur France Bleu Besançon le 26.08.2016

France_Bleu_Besancon_logo_2015.svg.pngSuite au suicide d'un facteur de Pontarlier mettant en avant dans une lettre la responsabilité de son employeur, Sébastien HOF, psychologue du travail à Besançon a été interviewé en direct par Dimitri Humbert, journaliste de France Bleu Besançon, sur la thématique de la souffrance au travail ce vendredi 26 août 2016 matin.

Pour écouter cette interview, merci de télécharger l'interview de Sébastien HOF, psychologue du travail sur France Bleu Besançon le 26 août 2016 à 8h10.

Bonne écoute.

Pour partager cet article --> Partage

jeu., 23/06/2016

Recherche Psychiatre Paris 11 en libéral

La Maison de santé Faidherbe, dans le 11ème arrondissement de Paris, cherche un psychiatre (avec patientèle). Le cabinet médical est composé de médecins généralistes, sage-femmes, infirmières, cardiologue, dermatologue, ORL, psychologues, médiatrice souffrance au travail, urologue, tabacologue et nutritionniste ainsi que d'un psychiatre à mi temps. Installation en libéral.

Pour partager cet article --> Partage

Présentation du Cabinet Sébastien HOF - Psychothérapie et Psychologie du Travail

DSC_0001.JPG

Présentation

Particulier

Psychologue du travail et futur psychothérapeute (en cours de formation), je vous reçois à mon cabinet uniquement sur rendez-vous dans le cadre de consultations "souffrance et travail » (burn-out, souffrance au travail, bore-out, situation de harcèlement, stress, violences au travail) de suivi à visée psychothérapeutique, facilite votre positionnement professionnel au travers de supervision.

photo1_nouvel_ame_nagement.jpeg Entreprise :
Je vous conseille sur le diagnostic de prévention des risques psychosociaux, réalise des formations sur mesure en santé au travail, en communication, en management, sur l'accompagnement au changement et sur la posture professionnelle. Suite à un événement traumatique (suicide, décès) ou un changement dans l'organisation, je peux mettre en place des groupes de parole pour prendre en charge le collectif et peux réaliser des accompagnements individuels. Suite à un conflit interpersonnel, je peux réaliser des médiations professionnelles pour faciliter le retour à la mise en place du travail entre deux parties. Je réalise également des séances d'analyse de pratiques professionnelles (ou analyse de la pratique) pour toute équipe de travail.

Profil


Réseaux

Reseau_de_consultations_souffrance_et_travail.png Le Cabinet de Psychologie du Travail Sébastien HOF est référencé parmi le réseau de Consultations "Souffrance et Travail" de Marie Pezé, seul clinicien du travail référencé sur le secteur de Besançon et de la Franche-Comté.

logoMSA.pngLe Cabinet est également membre de la cellule de prévention du suicide et du mal être des agriculteurs et des salariés agricoles.

Adeli.pngLe numéro ADELI justifiant de l'usage du titre de psychologue est le 25 93 0582 9 (Numéro de certification par l'Agence Régionale de Santé de l'usage du titre de psychologue). Ce numéro, attribué par l’Agence Régionale de Santé, atteste de la possession du titre de psychologue et protège contre l'exercice illégal de la profession (peines prévues à l'article 259 du code pénal)

IPRP.jpgLe Cabinet de Psychologie du Travail Sébastien HOF est habilité IPRP (Intervenant pour la Prévention des Risques Professionnels) par la Direccte : FC / 2013 / 0007.
Délivrée par la DIRRECTE, l’habilitation IPRP est pour l’entreprise une garantie de compétences, d'indépendance et de moyens quant à la capacité d'atteindre des objectifs de prévention des risques dans l'entreprise. L’IPRP est une personne, physique ou morale, dotée de compétences techniques, organisationnelles ou médicales (hors médecine du travail), dont la mission consiste à participer à la prévention des risques professionnels et à l’amélioration des conditions de travail, en complément de l’action conduite par le médecin du travail.
Sébastien HOF est également référencé par le Réseau des IPRP du Grand Est.
LOGOSMT.pngLe Cabinet est également membre de la Société de Médecine du Travail et d'Ergonomie de Franche-Comté (SMTEFC) depuis 2015 et membre du bureau du SMTEFC depuis fin 2016.

logo-carsat.pngLe Cabinet est aussi référencé par la CARSAT Bourgogne Franche-Comté en tant qu'intervenant en prévention des Risques PsychoSociaux.

Visuel_INRSLe Cabinet est référencé par l'INRS et la CARSAT BFC pour effectuer la formation "S'initier à la prévention des risques psychosociaux".

AFPTO.jpg Sébastien HOF est également membre de l'Association Française de Psychologie du Travail et des Organisations (AFPTO).

Le Cabinet est également déclaré comme Organisme de Formation auprès de la Direccte de Franche-Comté sous le n° 43 25 02787 25.

Vous pouvez également retrouver le Cabinet Sébastien HOF sur les réseaux sociaux :
facebook.png logo-viadeo1.png linkedin.png googleplus.pngtwitter.png

Vous voulez consulter nos références ?

Pour partager cet article --> Partage

mar., 23/06/2015

Lutter contre le burn out - épuisement professionnel - Coin du Salarié - Interview de Sébastien HOF

coindusalarie.pngLe burn out ou épuisement professionnel est une thématique qui intéresse différents professionnels que ce soit dans le milieu juridique, médical, salarial...

C'est pourquoi nous vous proposons l'expertise de Sébastien HOF, psychologue du travail, clinicien du travail.

Sébastien HOF est psychologue du travail plus particulièrement un clinicien du travail. Dans le cadre de consultations « souffrance et travail » (en lien avec le réseau national de consultation « souffrance et travail »), il prend en charge la souffrance psychique des salariés, des encadrants ou dirigeants en favorisant l'expression de ces troubles psychopathologiques, la mise en sens du traumatisme subi ou de l’épuisement professionnel dans son exercice professionnel en plaçant toujours le travail au cœur de la problématique.
Parallèlement, il réalise des formations sur les thématiques de la santé au travail notamment des risques psychosociaux et intervient en entreprise dans l’objectif de favoriser un mieux-vivre ensemble au travail lors de démarche de prévention de ces dits-risques. Pour certaines institutions, il réalise des séances d’analyse de pratiques professionnelles permettant de mettre à distance le travail et de réfléchir collectivement à la manière de réaliser leur activité professionnelle, une mise en débat de l’action et de la posture des professionnels.

1. Le burn out aujourd'hui

A. Y A T-IL UN ENGOUEMENT AUTOUR DU BURN OUT

Je ne crois qu’il y ait un réel engouement pour le burn-out. Il me semble plutôt que, si le burn-out, dans sa définition première de Freudenberger, ne concernait que les professions « aidantes » (soignants, secouristes, pompiers, assistants sociaux, éducateurs, enseignants…), ce concept aujourd’hui concerne l’ensemble des individus au travail, quelle que soit leur activité voire… dépasse le champ professionnel comme, par exemple, le travail des aidants familiaux.

Pour ma part, beaucoup des patients que je rencontre sont en grande souffrance psychique. Ainsi, ils peuvent venir avec cet épuisement professionnel ou les symptômes repérés de ce type de pathologie, certains venant également avec l’expression « je suis harcelé(e) ».

Le burn-out est un des types de décompensations psychiques dont peuvent souffrir les salariés. Je reçois également de nombreuses personnes souffrant d’état de stress post-traumatique à la suite de situations faisant référence à des situations de type harcèlement.

B. LE BURN OUT EST-IL UN SUJET TABOU

S’il avait pu l’être, il y a quelques années, le burn-out n’est plus un sujet tabou voire pourrait requérir une certaine forme de pathologie populaire où chacun pourrait avoir son petit burn-out à lui.

En effet, il n’est pas rare d’entendre des personnes dans la rue évoquer qu’ils ont fait un burn-out. Ceci correspond à une vision que nous pouvons percevoir dans la société. En revanche, en entreprise, cela est un peu plus tabou du fait que cela pourrait être perçu comme une fragilité face un stress intense.

Je n’ai pas vu beaucoup d’entreprise mettant en place des moyens de prévention défavorisant l’apparition du burn-out malgré le fait que le chef d’entreprise doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité, protéger la santé physique et mentale des travailleurs tout en évaluant les risques (art. L 4121-1 et L 4121-3 du CT) en termes de résultats et plus seulement de moyens.

Débattre du travail et de la manière de le réaliser n’est plus possible. Chacun se retrouve assez seul dans son travail du fait d’une charge de travail importante et l’impossibilité d’avoir des espaces de convivialité favorisant le développement du collectif de travail, et donc du soutien social ; il est même parfois créé au sein de l’entreprise des compétitions induites par le travail entre les salariés, générant une auto-accélération dans le travail et renforçant encore plus l’isolement des travailleurs.

2. Le rôle du psychologue du travail

A. QUAND LE SALARIE DOIT-IL CONSULTER

Mon rôle dans la lutte contre le burn-out est d’intervenir sur les différents niveaux de prévention.

C’est-à-dire d’intervenir au niveau de la prévention tertiaire par la prise en charge de ces salariés épuisés, « cramés » par le travail par l'analyse des dysfonctionnements vécus pour une compréhension de sa situation et sa signification.

Les entretiens permettent la recherche et la construction de solutions, de stratégies d'action, ...spécifiques à la situation du salarié en favorisant la reconstruction de son identité et de retrouver les éléments du plaisir au travail. Cela passe notamment par la restauration de la confiance en soi. Avant tout, je dirai que cette prise en charge doit prévenir surtout le passage à l’acte.

Ensuite, c’est de trouver avec le salarié les conditions de reprise de son activité professionnelle voire d’un autre travail. C’est pourquoi, dans la prise en charge des salariés, il est nécessaire de coordonner un réseau dans lequel se trouve le médecin du travail, le médecin conseil, le médecin spécialiste, …

Il est important de venir me consulter quand certains premiers signes apparaissent comme:

B. A QUEL MOMENT EST-IL URGENT POUR LE SALARIE DE CONSULTER

Il devient urgent de me consulter lorsque vous avez un certains de signes :

  • La fatigue résiste au repos (un week-end passé à dormir et le lundi, vous êtes encore extrêmement fatigué,),
  • Vous avez une perte de plaisir au travail nécessitant plus d’effort sans aucune satisfaction,
  • Des troubles du sommeil persistant,
  • Vous êtes irritable,
  • Vous passez rapidement du rire aux larmes,
  • La nécessité de prendre des substances addictives pour tenir
  • Des manifestations du corps (nausée, céphalées, tensions musculaires,…)

C. LES PREMIERS CONSEILS A DONNER

Comme je l’ai dit avant, les signes qui doivent alerter sont les troubles du sommeil, la fatigue persistante, la perte de sens dans le travail, le fait de passer du rire aux larmes, une irritabilité importante et l’utilisation de substances addictives (alcool, drogues) pour tenir le choc.

Je pourrai lui conseiller de voir son médecin traitant pour bénéficier d’un arrêt, de rencontrer son médecin du travail pour avoir un suivi et des conditions aménagées notamment lors de la reprise, et de prendre rendez-vous dans une consultation « souffrance et travail » pour une prise en charge.

3. Réflexion au tour de l'encadrement médical, juridique

Aujourd’hui, il est question de la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle.

Pour ma part, je suis partagé sur cette question car si l’intérêt est de faire payer les entreprises générant ce type de décompensation, il est vraisemblable que tout le monde voudra faire reconnaitre des situations de souffrance au travail sous l’intitulé burn-out alors que d’autres formes de décompensations psychiques sont à prendre en compte.

De plus, il est possible de reconnaître comme maladie d’origine professionnelle (l’article L. 461-1 alinéa 4 du code de la sécurité sociale) la dépression, l'anxiété généralisée d’un salarié, et un état de stress post-traumatique.

Du côté médical, le burn-out ne bénéficie pas de définition consensuelle. Certains médecins considérant cette entité comme un concept fourre-tout. Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir une étiquette pour reconnaître les différents symptômes et troubles subis par le salarié.

A mon sens, il faudrait surtout permettre une meilleure visibilité, comme vous le faîtes, des professionnels agissant en psychopathologie du travail afin que les entreprises puissent prendre conscience de l’intérêt de reconstruire les coopérations au travail et de favoriser le développement de l’homme au travail. La souffrance au travail pose surtout la question du plaisir au travail et comment les personnes font pour tenir les conditions de réalisation du travail, quels mécanismes de défense ils mettent en place pour que le travail soit positif.

4. L'après burn out

Nous sommes tous différents face à ce type de décompensation psychique. Le burn-out est donc singulier pour chacun d’entre nous. Ainsi, certains salariés que j’ai accompagné ont pu reprendre dans l’entreprise suivant des conditions adaptées définies par le médecin du travail ; d’autres ont dû retrouver une autre entreprise voire un autre métier.

Par exemple, une chef de service a pu reprendre un poste de chef de service dans la même association mais dans un autre service. Elle a pu alors mettre en place des défenses individuelles facilitant la prise de conscience de son état d’épuisement. C’était également le cas pour un moniteur d’atelier qui a pu reprendre en évitant toute nouvelle responsabilité supplémentaire et une clarification de ses tâches (recommandations que j’ai pu transmettre au médecin du travail).

En revanche, un commercial a dû quitter son entreprise et a ensuite fait le choix de créer sa propre activité pour éviter de retourner dans l’organisation du travail qui a été néfaste pour lui. Pour un certain nombre de salariés, le point de non-retour est franchi et le retour dans l’entreprise ne peut plus s’imaginer alors c’est la rupture du contrat de travail qui devient la solution (rupture conventionnelle, pour inaptitude professionnelle,…).

Conclusion

Si vous êtes en souffrance au travail, quels que soient les symptômes, NE RESTEZ PAS SEUL ! Lisez notre dossier complet sur le burn out.

Billet original sur coindusalarie.fr

Pour partager cet article --> Partage

mer., 05/11/2014

Souffrance au travail : une fatalité ?

La souffrance au travail a-t-elle sa place en Démocratie ?

Un très bel article dans lequel nous nous retrouverons tous, écrit par un de nos précieux contributeurs, et publié sur le site des Progressistes.

Harcèlement psychique ou moral, harcèlement sexuel, brimades, placardages, insultes au travail, humiliations, abus de pouvoir, abus d’autorité, … Chaque jour, une personne se suicide en France à cause de son travail.

Plus de 8 Français sur 10 (84%) ont le sentiment que, depuis quelques années, le nombre de salariés en situation de souffrance au travail a augmenté.

Comment a-t-on pu laisser croître de tels maux au sein de nos sociétés dites « civilisées et démocratiques » ?

Nous qui nous sommes crus si longtemps plus évolués que d’autres sociétés, d’autres systèmes politiques – notamment les systèmes totalitaires et autoritaires – comment en sommes-nous arrivés là : laisser mourir par suicide des centaines de salariés et indépendants chaque année, en laisser des millions d’autres en risque élevé de burn out, et ce en raison de conditions de travail devenues aberrantes, absurdes ?

Que sommes-nous devenus pour en arriver là ?

Méthodes managériales déshumanisées, concurrence accrue, vocabulaire guerrier, chômage, en sont certaines causes ; mais d’autres causes sont encore trop souvent ignorées : narcissisme de dirigeants en quête de reconnaissance, incompétence de nombreux « petits-chefs » aux ego hypertrophiés, en quête d’une toute puissance acquise en brisant, écrasant leurs subordonnées…
Sous prétexte de rentabilité, les relations humaines au travail sont brisées, comme sont brisés celles et ceux qui aimaient leur travail. Des hiérarchies violentes se sont mises en place, visant à faire jouer la concurrence au sein même des entreprises, transformées en autant de jeux télévisés tels Koh Lanta : chacun se méfie des autres au sein d’une même « équipe », on incite à la compétition, voire la rivalité en interne. Notre société démocratique déshumanise année après année le travail, rendant peu à peu sa place à la force au détriment du Droit.

Notre monde « civilisé » accepte depuis trop d’années que les employés, personnels, fonctionnaires, agents du privé ou du public soient considérés comme des pions que déplacent ou écrasent à leur guise de petits ou grands dirigeants d’entreprises ou de services publics.
Ainsi sont apparues ce que l’on connaît maintenant sous le vocable de risques psycho-sociaux (RPS) : burn-out, dépressions post-traumatiques. Des mots sur des maux.

Rendez-vous sur le site de Progressistes pour lire la suite de l’article.

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie PEZE

Pour partager cet article --> Partage

sam., 10/05/2014

Consultation "Souffrance et Travail" (Besançon, Vesoul, Pontarlier)

La consultation "Souffrance et Travail" : qu'est-ce que c'est ?

"La souffrance au travail surgit quand le sujet se heurte à des obstacles insurmontables après avoir épuisé toutes ses ressources pour améliorer la situation réelle de son travail" Marie Pezé, créatrice de la première consultation "souffrance et travail".

homme-inquiet.jpgL'objectif de cette consultation est de prendre en charge la souffrance psychique du salarié (agent), de l'encadrant ou du dirigeant en favorisant l'expression de ces troubles psychopathologiques, la mise en sens du traumatisme subi dans son exercice professionnel en plaçant toujours le travail au cœur de la problématique.

La consultation s'effectue dans le cadre d'un partage de valeurs et de méthode avec le Réseau National de Consultation "Souffrance et Travail" coordonné par Marie Pezé. Le cabinet fait partie de ce réseau.

Objectifs:

Les entretiens permettent notamment l'analyse des dysfonctionnements vécus pour une compréhension de la situation et sa signification. Les entretiens visant cette réappropriation par la personne :

  • favorisent l'identification et l'analyse des causes du mal-être ressenti dans le domaine professionnel et qui s'est peut-être généralisé à tous les domaines de la vie
  • permettent la recherche et la construction de solutions, de stratégies d'action, ...spécifiques à sa situation
  • restaurent la confiance en soi
  • permettent de sortir de la solitude dans laquelle se trouve la personne
  • redonnent un sens au travail, en lien avec ses propres aspirations et désirs
  • restaurent notamment la santé psychique
  • préviennent l'accentuation des difficultés liées au travail

Modalité:

SET-logo-bevel-ne-restez-pas-seuls-638x170.pngLa personne s'exprime dans un cadre confidentiel dans le respect du Code de Déontologie des Psychologues et de la Charte des Psychologues intervenant dans le champ du travail.

Le psychologue du travail reçoit la personne par le biais d'une écoute bienveillante, l'accompagne dans la mise en mot, la mise en sens de sa situation en plaçant le travail au cœur de la problématique. Il lui redonne la possibilité d'agir par lui-même et via l'organisation sur sa situation de travail.

  • Les personnes peuvent prendre contact directement
  • ou sont adressées par:
    • Les médecins du travail, médecins conseil médecins généralistes et ou spécialistes.
    • Les assistants sociaux, DRH, Instances Représentatives du Personnel, membres des CHSCT, Inspecteur du travail, Avocat
    • La consultation de pathologies professionnelles du CHRU.

Séance

La séance dure entre 40 et 45 minutes.
La consultation se déroule au Cabinet à Besançon. En fonction des besoins, il pourra y avoir des consultations sur site notamment à Vesoul. Pontarlier sera envisagé par la suite.

L'entretien se fait uniquement sur rendez-vous.

Tarif : Consulter mes tarifs

Vous souhaitez prendre rendez-vous ? Appelez moi au 06.09.85.21.86 ou contactez moi par mail contact@psychologuedutravail.pro

Pour partager cet article --> Partage